jeudi 4 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2406145 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | SCHRYVE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 13 juin 2024, M. B A, représenté par Me Schryve, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) statuant sur le fondement de l'article L. 911-7 du code de justice administrative, d'ordonner la liquidation de l'astreinte prononcée par l'ordonnance n° 2401762 du 11 mars 2024 de la juge des référés du tribunal administratif de Lille, pour la période allant du 26 avril 2024 à la date de l'ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil ou à lui-même de la somme de 1 500 euros en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que l'injonction de réexamen de sa situation dans le délai d'un mois, prescrite par l'ordonnance n° 2302747 du 20 avril 2023 et assortie d'une astreinte de 100 euros par jour de retard par ordonnance n° 2401762 du 11 mars 2024, passé un délai de quinze jours à compter de la notification de cette dernière, n'a toujours pas été suivie d'effet et son dernier récépissé a expiré le 12 juin 2024.
La requête a été communiquée au préfet du Nord qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu :
- les ordonnances n° 2302747 du 20 avril 2023 et n° 2401762 du 11 mars 2024 des juges des référés du tribunal administratif de Lille ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 27 juin 2024 à 11 heures, en présence de M. Deraoui, greffier, M. Kolbert, juge des référés, a lu son rapport et entendu Me Schryve, représentant M. A, qui a repris ses conclusions et moyens, et présenté, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, des conclusions tendant à ce que soit majoré à 300 euros le taux de l'astreinte à compter de l'ordonnance à intervenir.
Le préfet du Nord n'était ni présent ni représenté
La clôture de l'instruction a été prolongée jusqu'au 2 juillet 2024 à 17 h00, en application des dispositions de l'article L.522-8 du code de justice administrative.
Le préfet du Nord a produit, le 27 juin 2024 à 18 h19, la copie d'une convocation de M. A en préfecture.
Par mémoire enregistré le 2 juillet à 16 h 13, M. A maintient ses conclusions estimant que la délivrance d'une nouvelle autorisation provisoire de séjour ne constitue pas l'exécution de l'ordonnance du 20 avril 2023 prescrivant le réexamen de sa situation.
Considérant ce qui suit :
1. Par une ordonnance n° 2302747 du 20 avril 2023, le juge des référés du tribunal administratif de Lille a, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, suspendu l'exécution de la décision implicite de rejet née du silence gardé par le préfet du Nord sur la demande déposée le 17 janvier 2022 par M. A tendant à la délivrance d'un certificat de résidence algérien d'un an, au motif que sont propres à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, le moyen tiré de l'absence de réunion de la commission de séjour, en méconnaissance des dispositions combinées des articles L. 423-13 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des stipulations de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. En outre, le juge des référés a enjoint au préfet du Nord de réexaminer la situation de M. A dans un délai d'un mois à compter de la notification de cette ordonnance et de lui délivrer, pendant ce réexamen et dans le délai de cinq jours, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler.
2. Par une ordonnance n° 2401762 du 11 mars 2024, la juge des référés a, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, constaté l'inexécution de l'ordonnance du 20 avril 2023 et a assorti l'injonction prononcée par cette dernière, d'une astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de l'expiration d'un délai de quinze jours suivant sa notification et jusqu'à la date de la notification d'une décision expresse, après réexamen de sa demande.
3. M. A demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 911-7 du code de justice administrative, d'ordonner la liquidation de l'astreinte prononcée par l'ordonnance du 11 mars 2024, pour la période allant du 26 avril 2024 à la date de l'ordonnance à intervenir et, statuant sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, de porter à un montant de 300 euros le taux journalier de cette astreinte à compter de l'ordonnance à intervenir.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
4. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ". Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions tendant, sur le fondement de l'article L. 911-7 du code de justice administrative, à la liquidation de l'astreinte :
5. Aux termes de l'article L. 911-6 du code de justice administrative : " L'astreinte est provisoire ou définitive. Elle doit être considérée comme provisoire à moins que la juridiction n'ait précisé son caractère définitif. Elle est indépendante des dommages et intérêts ". Aux termes de son article L. 911-7 : " En cas d'inexécution totale ou partielle ou d'exécution tardive, la juridiction procède à la liquidation de l'astreinte qu'elle avait prononcée. / Sauf s'il est établi que l'inexécution de la décision provient d'un cas fortuit ou de force majeure, la juridiction ne peut modifier le taux de l'astreinte définitive lors de sa liquidation. / Elle peut modérer ou supprimer l'astreinte provisoire, même en cas d'inexécution constatée ".
6. L'astreinte a pour finalité de contraindre la personne qui s'y refuse à exécuter les obligations qui lui ont été assignées par une décision de justice. Sa liquidation a pour objet de tirer les conséquences du refus ou du retard mis à exécuter ces obligations. Il appartient au juge qui a assorti d'une astreinte l'injonction faite à l'une des parties, de statuer sur les conclusions tendant à ce que cette astreinte soit liquidée. Il peut alors procéder à cette liquidation s'il constate que les mesures qu'il avait prescrites n'ont pas été exécutées ou l'ont été tardivement. Il peut la modérer ou la supprimer compte tenu notamment des diligences accomplies par les parties en vue de procéder à l'exécution de la chose ordonnée, sans toutefois pouvoir remettre en cause les mesures décidées par le dispositif de la décision juridictionnelle dont l'exécution est demandée.
7. Les ordonnances de référé n° 2302747 du 20 avril 2023 et 2401762 du 11 mars 2024 ont été notifiées au ministre de l'intérieur et des outre-mer respectivement les 21 avril 2023 et 11 mars 2024, et une copie de chacune d'elles a été adressée au préfet du Nord, les mêmes jours. Il est constant que si M. A s'est vu délivrer, de manière non continue en 2023 et 2024, des attestations provisoires de séjour l'autorisant à travailler, la dernière avant l'introduction de la requête, étant venue à expiration le 12 juin 2024, et s'il a également été informé de ce que lui serait délivrée, le 1er juillet 2024, une nouvelle autorisation provisoire, il n'est pas contesté que le préfet n'a toujours pas procédé au réexamen de sa situation en instruisant sa demande de certificat de résidence, en méconnaissance de l'injonction prononcée par l'ordonnance du 20 avril 2023. Il y a lieu, dès lors, de procéder à la liquidation de l'astreinte assortissant cette injonction pour la période courant, ainsi que demandé, à compter du 26 avril 2024 jusqu'à la date de la présente ordonnance, soit le 4 juillet 2024. Eu égard à la délivrance des autorisations provisoires de séjour prévues par les précédentes ordonnances de référé, il y a lieu de réduire à 50 euros le taux journalier de l'astreinte et de fixer, par suite, le montant total de l'astreinte due à M. A au titre de 70 jours d'inexécution, à la somme de 3500 euros.
Sur les conclusions tendant, sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, à la modification du taux de l'astreinte :
8. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Aux termes de l'article L. 521-4 du même code : " Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d'un élément nouveau, modifier les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin. ".
9. La décision ordonnée par le juge administratif des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, revêt, conformément au principe rappelé à l'article L. 11 du code de justice administrative, un caractère exécutoire et, en vertu de l'autorité qui s'attache aux décisions de justice, obligatoire. Si l'exécution d'une ordonnance demeurée sans effet peut être recherchée dans les conditions définies par les articles L. 911-4 et L. 911-5 du code de justice administrative, l'existence de cette voie de droit ne fait pas obstacle à ce qu'une personne intéressée demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-4 du même code, de compléter les mesures ordonnées par le juge des référés par toute mesure destinée à assurer cette exécution.
10. Le préfet du Nord s'abstenant, sans justification sérieuse, de procéder, depuis plus d'une année, à l'instruction de la demande de certificat de résidence de M. A bien qu'il ait été enjoint de le faire par deux ordonnances de référé, il y a lieu de porter à 150 euros par jour de retard à compter de l'expiration d'un délai de trente jours à compter de la notification de la présente ordonnance, l'astreinte de 100 euros par jour de retard prononcée par l'ordonnance n° 2401762 du 11 mars 2024.
Sur les frais liés au litige :
11. M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État, partie principalement perdante dans la présente instance, le versement d'une somme de 800 euros au titre des frais que M. A devrait y exposer, soit en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et au bénéfice de Me Schryve, avocate, dans le cas où le bénéfice définitif de l'aide juridictionnelle serait accordé à M. A et sous réserve alors que Me Schryve renonce à percevoir la part contributive de l'État à l'aide juridictionnelle, soit en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative au bénéfice de M. A, dans le cas où le bénéfice définitif de l'aide juridictionnelle lui serait refusé.
O R D O N N E :
Article 1er : M. A est admis provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : L'Etat est condamné à verser à M. A une somme de 3 500 euros au titre de la liquidation de l'astreinte fixée par l'ordonnance n°2401762 du 11 mars 2024.
Article 3 : Le taux de l'astreinte prononcée par l'ordonnance n° 2401762 du 11 mars 2024 est porté à 150 par jour de retard à compter de l'expiration d'un délai de trente jours suivant la notification de la présente ordonnance.
Article 4 : L'État versera la somme de 800 euros au titre des frais d'instance dans les conditions mentionnées au point 10.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, à Me Schryve et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Une copie en sera adressée pour information au préfet du Nord.
Fait à Lille, le 4 juillet 2024.
Le juge des référés,
signé
E. Kolbert
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
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01/06/2026
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01/06/2026