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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2406631

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2406631

mardi 15 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2406631
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationC

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lille a rejeté la requête de M. B contestant le refus du président du conseil départemental du Nord de lui délivrer une carte mobilité inclusion (CMI) mention stationnement. La requête a été jugée manifestement irrecevable car M. B n'a pas produit, malgré une demande de régularisation, la décision attaquée ni la preuve du dépôt du recours administratif préalable obligatoire prévu à l'article R. 241-17-1 du code de l'action sociale et des familles. En application des articles R. 412-1 et R. 222-1 du code de justice administrative, le tribunal a ordonné le rejet de la requête.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance du 7 mai 2024, enregistrée au greffe du tribunal le 26 juin 2024, le président du tribunal judiciaire de Lille a transmis au tribunal administratif de Lille la requête présentée par M. A B.

Par sa requête, M. B demande au tribunal d'annuler la décision du 22 mars 2024 par laquelle le président du conseil départemental du Nord lui a refusé la délivrance de la carte mobilité inclusion (CMI) mention stationnement.

Par une lettre du 10 juillet 2024, le tribunal a invité M. B à régulariser sa requête, dans un délai de quinze jours, lui demandant de produire, en application des dispositions de l'article R. 412-1 du code de justice administrative, la décision attaquée et la preuve qu'un recours administratif préalable obligatoire a été adressé au président du conseil départemental du Nord.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; () ".

2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. () ". Le premier alinéa de l'article R. 412-1 du même code dispose que : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de la décision attaquée () ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 611-8-2 du même code : " Toute juridiction peut adresser par le moyen de l'application informatique mentionnée à l'article R. 414-1, à une partie ou à un mandataire qui y est inscrit, toutes les communications et notifications prévues par le présent livre pour tout dossier. ". Aux termes de l'article R. 611-8-6 du même code : " Les parties sont réputées avoir reçu la communication ou la notification à la date de première consultation du document qui leur a été adressé par voie électronique, certifiée par l'accusé de réception délivré par l'application informatique, ou, à défaut de consultation dans un délai de deux jours ouvrés à compter de la date de mise à disposition du document dans l'application, à l'issue de ce délai () ".

3. Enfin aux termes de l'article R. 241-17-1 du code de l'action sociale et des familles : " Le recours préalable obligatoire formé contre une décision relative à la carte " mobilité inclusion " destinée aux personnes physiques est formé, par tout moyen lui conférant date certaine, devant le président du conseil départemental. () Le silence gardé pendant plus de deux mois par l'auteur de la décision, à partir de la date à laquelle le recours préalable obligatoire a été présenté auprès du président du conseil départemental, vaut décision de rejet de la demande ".

4. Il résulte de ces dispositions que la personne qui entend contester une décision relative à l'attribution de la carte " mobilité inclusion " doit obligatoirement, avant de saisir le juge, former un recours administratif préalable devant le président du conseil départemental. Seule la décision prise à la suite de ce recours administratif préalable obligatoire est susceptible d'être déférée devant le tribunal, en ce qu'elle se substitue à la décision initiale.

5. M. B conteste la décision par laquelle le président du conseil départemental du Nord a rejeté sa demande tendant à l'attribution d'une carte " mobilité inclusion " portant la mention " stationnement ". Par un courrier du 10 juillet 2024 dont il a accusé réception le 24 juillet 2024, M. B a été invité à régulariser sa requête en produisant, la décision attaquée et la décision prise par le président du conseil départemental du Nord sur son recours administratif préalable obligatoire, à défaut, la preuve du dépôt de ce recours, et ce dans un délai de quinze jours. Ce courrier comportait également la mention suivant laquelle sa requête serait rejetée à défaut de régularisation. M. B n'a pas, à l'expiration du délai qui lui était imparti, produit la décision attaquée ni la décision prise sur son recours administratif préalable obligatoire, ni la preuve de son dépôt, ni n'a par ailleurs justifié de l'impossibilité de la produire. Par suite, ses conclusions sont entachées d'irrecevabilité manifeste. Dès lors, la requête de M. B est manifestement irrecevable et doit être rejetée, en application des dispositions du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Lille, le 15 octobre 2024

Le président,

Signé

O. COTTE

La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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