vendredi 19 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2406985 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 juillet 2024, la société nationale des chemins de fer français (SCNF) Réseau, représentée par Me Büsch, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, l'expulsion sans délai des occupants sans droit ni titre, installés sur la parcelle cadastrée n°936 de la section CY, située lieu-dit " La Rivière Neuve " à Calais ;
2°) de l'autoriser à procéder, à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, le cas échéant avec le concours de la force publique, à la libération du domaine public et à l'expulsion des occupants sans titre ;
3°) de l'autoriser à évacuer et à mettre au rebut l'ensemble des matériels, objets et détritus laissés à l'abandon.
Elle soutient que :
- elle est attributaire de la parcelle de terrain occupé qui relève du domaine public ferroviaire ;
- l'identification des occupants sans titre, qui n'est pas prescrite à peine d'irrégularité de la procédure de référé lorsqu'il existe des difficultés tenant à cette identification, n'a pu être réalisée compte tenu du comportement des occupants sans titre de la parcelle ;
- la mesure sollicitée ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ;
- elle ne se heurte à aucune contestation sérieuse dans la mesure où les occupants ne bénéficient d'aucun droit ni titre à l'effet d'occuper les parcelles du domaine public ferroviaire ;
- l'urgence est justifiée par le risque d'atteinte à l'ordre public dans la mesure où l'occupation du domaine entraîne une potentielle atteinte à la salubrité publique du fait des conditions précaires d'occupation du domaine et de l'abandon de déchets tendant à la formation d'une décharge sauvage ainsi qu'un risque pour la sécurité des personnes et des circulations ferroviaires dès lors que les occupants traversent régulièrement les voies ferrés circulées.
La requête et l'avis d'audience ont été notifiés, le 8 juillet 2024, par voie administrative, aux occupants du terrain en cause, qui n'ont pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Féménia, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Mérad, greffière d'audience, Mme Féménia a lu son rapport et entendu les observations de Me Vandecasteele, représentant la SCNF Réseau.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". Aux termes de l'article L. 2122-1 du code général de la propriété des personnes publiques : " Nul ne peut, sans disposer d'un titre l'y habilitant, occuper une dépendance du domaine public d'une personne publique mentionnée à l'article L. 1 ou l'utiliser dans des limites dépassant le droit d'usage qui appartient à tous. / () ".
2. Lorsqu'il est saisi, sur le fondement de ces dispositions, de conclusions tendant à ce que soit ordonnée l'expulsion d'un occupant sans titre du domaine public, le juge des référés y fait droit dès lors que la demande ne se heurte à aucune contestation sérieuse et que la libération des lieux présente un caractère d'urgence et d'utilité. Il lui incombe de prendre en compte, d'une part, la nécessité d'assurer le fonctionnement normal et la continuité du service public et, d'autre part, la situation de l'occupant en cause ainsi que les exigences qui s'attachent au respect de sa dignité et de sa vie privée et familiale.
3. Il résulte de l'instruction et notamment du constat du commissaire de justice dressé le 25 avril 2024, et n'est pas contesté, que plusieurs personnes occupent, sans droit ni titre, la parcelle cadastrée n°936 de la section CY, située lieu-dit " La Rivière Neuve " à Calais, relevant du domaine public ferroviaire. Un campement s'est installé illégalement sur place, à proximité des voies ferrées, des palettes ont été disposées et des clôtures arrachées par les occupants pour leur permettre de communiquer entre les champs et les occupants se sont cachés à la vue du commissaire de justice présent sur les lieux afin d'échapper au relevé de leurs identités. Le constat précité fait également état d'un risque potentiel d'atteinte à la sécurité des personnes et des biens et à la salubrité publique, les occupants traversant les voies ferrées circulées afin de s'apprivoiser en eau, et disséminant de nombreux déchets sur le sol. La demande de la SNCF Réseau ne se heurte à aucune contestation sérieuse et eu égard aux risques pour la salubrité publique, pour la sécurité des occupants et pour la préservation de l'ordre public que comporte ce campement, le caractère utile et urgent de l'expulsion immédiate de tous occupants de son chef est établi.
4. Il résulte de ce qui précède, qu'il y a lieu d'enjoindre, à tous les occupants sans droit ni titre d'évacuer sans délai le domaine public ferroviaire de la SNCF Réseau, situé lieu-dit " La Rivière Neuve " à Calais, parcelle cadastrée n°936 de la section CY. La SNCF Réseau est également autorisée à évacuer tous les matériels, mobiliers et marchandises entreposés sur les lieux.
5. En revanche, il n'entre pas dans l'office du juge administratif d'autoriser la SNCF Réseau à demander à l'Etat, sur le fondement des dispositions du code des procédures civiles d'exécution, le concours de la force publique pour l'exécution de la présente ordonnance. Les conclusions correspondantes de la SNCF Réseau sont par suite irrecevables.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est enjoint à tous les occupants sans droit ni titre du domaine public ferroviaire de la SNCF Réseau, situé lieu-dit " La Rivière Neuve " à Calais, parcelle cadastrée n°936 de la section CY, d'évacuer les lieux, sans délai, à compter de la date de notification de la présente ordonnance et d'évacuer tous les matériels, mobiliers et détritus entreposés. A défaut d'exécution immédiate, SNCF Réseau est autorisée à faire évacuer et à mettre au rebut l'ensemble des objets, mobiliers et détritus laissés à l'abandon.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la SNCF Réseau et aux occupants sans droit ni titre présents sur les lieux.
Fait à Lille, le 19 juillet 2024.
La juge des référés,
signé
J. FEMENIA
La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076
03/08/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2531339
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509870
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509781
03/08/2026