lundi 30 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2407000 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n° 492769 en date du 27 juin 2024, enregistrée le 4 juillet 2024 au greffe du tribunal, le président de la section du contentieux du Conseil d'Etat a transmis au tribunal administratif de Lille, en application de l'article R. 351-1 du code de justice administrative la requête présentée par Mme A B.
Par cette requête, enregistrée au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat le 20 mars 2024, et des mémoires, enregistrés au greffe du tribunal administratif de Lille les 30 juillet et 4 septembre 2024 Mme B, demande au tribunal d'une part, la condamnation de l'Etat et autres acteurs publics à lui verser une indemnité en réparation du préjudice qu'elle estime avoir subi en raison du squat de migrants installé dans sa propriété depuis le 7 février 2022 et, d'autre part, la remise en état de sa propriété.
Par un courrier en date du 9 juillet 2024, le tribunal a invité Mme B à régulariser sa requête, en lui demandant de produire, en application des dispositions de l'article R.412-1 du code de justice administrative, la demande indemnitaire préalable accompagnée du justificatif de dépôt de celle-ci ou de la décision prise par l'administration sur cette demande, dans un délai de quinze jours.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : /()/ 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens /()/ ".
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle ". Aux termes des dispositions de l'article R.412-1 du même code : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation () ". La date du dépôt de la demande à l'administration, constatée par tous moyens, doit être établie à l'appui de la requête. Enfin, l'article R. 612-1 dudit code dispose que : " Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser. / () / La demande de régularisation mentionne que, à défaut de régularisation, les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7 ".
3. Mme B a demandé au Conseil d'Etat, qui a transmis sa requête au tribunal en application de l'article R. 351-1 du code de justice administrative, de condamner l'Etat et les autres " acteurs publics ", d'une part, à l'indemniser du préjudice subi par l'occupation de son habitation et, d'autre part, à remettre en état de sa propriété.
4. En premier lieu, en dépit de la demande de régularisation du 9 juillet 2024, dont Mme B a accusé réception le 13 juillet suivant, la requérante n'a pas, à l'expiration du délai qui lui était imparti, produit la décision de l'administration rejetant sa demande indemnitaire préalable, ni la preuve du dépôt d'une telle demande. A ce titre, si Mme B a indiqué, suite à cette demande, être dans l'impossibilité d'évaluer son préjudice, cette circonstance, à la supposer même établie, ne fait pas obstacle à ce qu'elle présente une demande indemnitaire auprès de l'administration. Dans ces conditions, les conclusions indemnitaires de la requête de Mme B, qui n'ont pas été régularisées, sont entachées d'une irrecevabilité manifeste et doivent, dès lors, être rejetées en application des dispositions du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
5. En second lieu, si Mme B demande au tribunal que l'Etat et les autres " acteurs publics " remette en état sa propriété, de telles conclusions aux fins d'injonction présentées à titre principal sont manifestement irrecevables et doivent, dès lors rejetées en application du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.
Fait à Lille, le 30 septembre 2024.
Le président de la 3ème chambre
Signé
B. BAILLARD
La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076
03/08/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2531339
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509870
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509781
03/08/2026