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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2408708

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2408708

mardi 20 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2408708
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lille a rejeté la requête en référé suspension de M. B, un surveillant pénitentiaire, qui contestait le refus du garde des Sceaux de lui accorder un détachement dans la fonction publique territoriale pour occuper un poste à la commune d'Arras. Statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, car M. B n'était ni privé d'emploi ni de rémunération et n'a pas justifié de circonstances particulières nécessitant une mesure provisoire immédiate. En conséquence, la demande a été rejetée sans examen du doute sérieux sur la légalité de la décision, conformément à l'article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 19 août 2024, M. C B demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre la décision du 13 août 2024 par laquelle le garde des Sceaux, ministre de la justice a refusé de faire droit à sa demande de détachement au sein de la fonction publique territoriale, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

2°) d'enjoindre au préfet du Nord de procéder au réexamen de sa situation à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir.

.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et son décret d'application n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. A, premier vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, surveillant d'établissement pénitentiaire, a postulé avec succès à un emploi de directeur administratif et financier à la direction du protocole de la commune d'Arras (Pas-de-Calais). En vue de lui permettre d'occuper cet emploi, il a formé le 17 juin 2024 une demande de détachement au sein de la fonction publique territoriale. Par décision du 13 août 2024, le garde des Sceaux, ministre de la justice a refusé de faire droit à cette demande. M. B demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative de suspendre l'exécution de cette dernière décision.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

3. Pour l'application des dispositions ci-dessus reproduites de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.

4. Il résulte de l'instruction que M. B, dont il est constant qu'il n'est pas privé d'emploi ou de rémunération par la décision attaquée, ne fait état d'aucune circonstance de nature à caractériser l'existence d'une situation d'urgence qui serait de nature à justifier que le juge des référés statue, à bref délai, sur sa demande en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.

5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il y ait lieu de se prononcer sur l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué, que la requête de M. B, y compris ses conclusions aux fins d'injonction, doit être rejetée selon la procédure prévue par l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B.

Fait à Lille, le 20 août 2024.

Le juge des référés,

Signé,

Y. A

La République mande et ordonne au garde des Sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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