mardi 10 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2408814 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | BEGUIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 août 2024, la commune de Denain, représentée par la société d'avocats Oppidum avocats, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, en application des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, l'expulsion des occupants sans droit ni titre des parcelles enregistrées au cadastre sous la référence section AT 342 et 76, propriétés de la commune, et l'évacuation de leurs biens et déchets, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
2°) d'autoriser le recours à la force publique si nécessaire.
Elle soutient que :
Sur l'urgence et l'utilité de la mesure :
- le nombre de véhicules stationnés empêche les usagers du parc de l'utiliser, notamment les personnes accompagnant leurs enfants à l'école maternelle située 9 bis rue des Saules ;
- le branchement électrique et le branchement en eau sur la borne incendie, illicites, créent un risque pour la sécurité des occupants, la sécurité des usagers de la route et la sécurité du voisinage ;
- l'absence de dispositif d'assainissement crée des problèmes d'hygiène et de salubrité ;
Sur l'absence de contestation sérieuse :
- les occupants sont dépourvus de titre et de droit les autorisant à occuper les parcelles considérées ;
.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Huguen, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 5 septembre 2024 :
- le rapport de M. Huguen ;
- les observations de Me Bessa, substituant Me Béguin, représentant la commune de Denain, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens.
Les défendeurs n'étaient ni présents, ni représentés.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ".
2. Lorsque le juge des référés est saisi, sur le fondement de ces dispositions, d'une demande d'expulsion d'un occupant du domaine public, il lui appartient de rechercher si, au jour où il statue, cette demande présente un caractère d'urgence et ne se heurte à aucune contestation sérieuse.
3. Il résulte de l'instruction que les parcelles enregistrées au cadastre sous la section AT 342 et 76 appartiennent à la commune de Denain. Celle-ci les a affectées à un parc, dénommé parc de la résidence Villars, accessible au public par une voie piétonne qui permet, notamment, de desservir une école maternelle voisine. Le parc, dont un rocher posé à l'entrée fait obstacle au passage des véhicules motorisés, comprend également des espaces verts, un petit terrain de football et un terrain de basket.
4. Il ressort des rapports d'intervention de la police municipale de Denain datés des 14 août 2024 et 15 août 2024 que stationnent sur les parcelles section AT 342 et 76 huit véhicules automobiles et dix-neuf caravanes, qui ont pénétré dans le parc après le déplacement du rocher qui bloquait le passage aux véhicules motorisés. Ces rapports mentionnent également un branchement illicite au transformateur électrique du site et un branchement illicite à la borne incendie située rue des Chênes par un tuyau qui traverse la rue des Saules.
5. Il est constant que les parcelles section AT 342 et 76 ne sont ni aménagées ni adaptées au stationnement de véhicules automobiles et à l'installation de caravanes et que les branchements illicites des caravanes au réseau électrique et au réseau d'adduction en eau potable, compte tenu de leurs modalités de raccordement, créent un risque pour la sécurité de leurs occupants, la sécurité des usagers de la route et la sécurité du voisinage.
6. Il est constant également que les personnes occupantes des parcelles section AT 342 et 76 ne justifient d'aucun titre ou autorisation les habilitant à occuper lesdites parcelles, lesquelles appartiennent au domaine public de la commune de Denain.
7. Enfin, il résulte de l'instruction, d'une part, que les conditions d'occupation des parcelles section AT 342 et 76 ont pour effet de soustraire le domaine public à sa destination normale, d'autre part, que la demande de la commune de Denain ne se heurte à aucune contestation sérieuse. Dès lors, l'évacuation des occupants sans titre de ces parcelles présente un caractère d'utilité et d'urgence, au sens des dispositions précitées de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
8. Par suite, il y a lieu d'enjoindre aux propriétaires ou utilisateurs des véhicules automobiles et caravanes installés sur les parcelles section AT 342 et 76, ainsi qu'à tous occupants sans droit ni titre de ces parcelles, d'évacuer les lieux avec leurs véhicules et caravanes, sans délai à compter de la notification de la présente ordonnance. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte solidaire de 100 euros par jour de retard à compter de la date de notification à leurs occupants de la présente ordonnance. A défaut de libération des lieux, la commune pourra faire procéder à leur expulsion, au besoin avec le concours de la force publique.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est enjoint à tous les occupants sans droit ni titre des parcelles enregistrées au cadastre sous la référence section AT 342 et 76 appartenant à la commune de Denain d'évacuer sans délai les lieux qu'ils occupent irrégulièrement avec leurs véhicules, caravanes et autres biens, sous astreinte solidaire de 100 euros par jour de retard à compter de la date de notification à leurs occupants de la présente ordonnance.
Article 2 : A défaut de libération des lieux, la commune pourra faire procéder à leur expulsion, au besoin avec le concours de la force publique.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Denain, à la société d'avocats Oppidum avocats et aux occupants sans droits ni titres.
Fait à Lille, le 10 septembre 2024.
Le juge des référés,
signé
O. HUGUEN
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026