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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2409036

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2409036

vendredi 11 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2409036
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantBENKHELOUF

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 30 août 2024, M. B A, représenté par Me Benkhelouf, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour dans un délai de soixante-douze heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors que la création de son entreprise, le développement de son projet et la réalisation de ses engagements contractuels sont conditionnés à la détention d'un titre de séjour ; que l'inertie de l'administration porte atteinte à son droit au travail, à un revenu régulier et à sa liberté d'aller et venir ;

- la mesure sollicitée présente le caractère d'utilité prescrit par l'article L. 521-3 du code de justice administrative et elle n'est pas de nature à faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative.

La requête a été communiquée au préfet du Nord qui a produit une pièce enregistrée le 3 septembre 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Terme, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant algérien né le 11 décembre 1994, déclare être entré en France en 2013. Il a bénéficié d'une carte de résident algérien délivrée le 1er octobre 2020, renouvelée jusqu'au 24 août 2024. Il a sollicité, par courrier réceptionné par les services de la préfecture du Nord le 27 mai 2024, le renouvellement de son titre de séjour. M. A demande au juge des référés d'enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. "

3. Il résulte de ces dispositions que, saisi d'une demande présentée sur ce fondement, qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.

4. Il résulte de l'instruction que le préfet du Nord a, le 3 septembre 2024, postérieurement à l'introduction de la requête, édicté au profit de M. A un récépissé de demande de carte de séjour l'autorisant à travailler, pour la période du 3 septembre 2024 au 2 mars 2025. Ce document a été transmis au requérant par un courriel du même jour. Dans ces conditions, les conclusions de la requête de M. A tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet du Nord de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour sont, à la date de la présente ordonnance, dépourvues d'objet. Dès lors, il n'y pas lieu de statuer sur ces conclusions.

5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État une somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte.

Article 2 : Il est mis à la charge de l'État une somme de 800 euros au bénéfice de M. A.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet du Nord.

Fait à Lille, le 11 octobre 2024.

Le juge des référés,

Signé,

D. TERME

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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