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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2409059

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2409059

mardi 19 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2409059
TypeDécision
RecoursPlein contentieux

Résumé IA

Cette décision du Tribunal Administratif de Lille concerne une demande de liquidation et de majoration d’astreinte présentée par M. B, ressortissant afghan, à la suite d’une précédente ordonnance de référé ayant enjoint au préfet du Nord de réexaminer sa situation et de lui délivrer un titre de séjour. Le tribunal donne acte du désistement de M. B, intervenu après que le préfet lui a finalement délivré une carte de séjour pluriannuelle valable jusqu’en 2028. En conséquence, la requête est classée sans suite sur ce point, et les frais liés au litige sont mis à la charge de l’État en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 2 septembre 2024, M. A B, représenté par Me Fourdan demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) statuant sur le fondement de l'article L. 911-7 du code de justice administrative, d'ordonner la liquidation de l'astreinte prononcée par l'ordonnance n°2404613 du 23 mai 2024 du juge des référés du tribunal administratif de Lille, pour la période allant du 23 juillet 2024 jusqu'à la date de l'ordonnance à intervenir ;

3°) de modifier, en application de l'article L. 521-4, de majorer les astreintes prononcées et de les porter à 300 euros par jour de retard à compter de l'ordonnance à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros qui sera versée à son conseil au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve pour ce conseil de renoncer à la part contributive de l'Etat versée au titre de l'aide juridictionnelle.

Par un mémoire enregistré le 8 novembre 2024, M. B demande à ce qu'il lui soit donné acte du désistement des seules conclusions à fin d'injonction de sa requête.

Vu :

- l'ordonnance n°2404613 du 23 mai 2024 du juge des référés du tribunal administratif de Lille ;

- l'ordonnance n°2406266 du 4 juillet 2024 du juge des référés du tribunal administratif de Lille ;

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Terme, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

Sur l'aide juridictionnelle provisoire :

1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente () ".

2. Au cas d'espèce, en raison de l'urgence qui s'attache au règlement du présent litige, il y a lieu d'admettre M. B, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-4 du code de justice administrative :

3. Par son ordonnance n° 2404613 du 23 mai 2024, le juge des référés du tribunal administratif de Lille a, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, suspendu l'exécution de la décision implicite par laquelle le préfet du Nord a refusé à M. B, ressortissant afghan né le 11 février 2005, la délivrance d'une carte de séjour pluriannuelle en qualité de membre de la famille d'un bénéficiaire de la protection subsidiaire et a enjoint au préfet du Nord de réexaminer la situation de M. B, dans un délai de deux mois à compter de la notification de cette ordonnance, et de lui délivrer, dans un délai de 15 jours, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. Par une ordonnance n°2406266 du 4 juillet 2024, le juge des référés du tribunal a procédé à la liquidation de l'astreinte assortissant cette injonction, pour la période du 9 juin 2024 au 1er juillet 2024, en modérant la somme due à 800 euros. Par la présente requête, M. B demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, d'ordonner au préfet du Nord de réexaminer sa situation sans délai en portant l'astreinte à la somme de 300 euros par jour de retard et, sur le fondement de l'article L. 911-7 du même code, d'ordonner la liquidation de l'astreinte prononcée par l' ordonnance n°2404613, pour la période allant du 23 juillet 2024 à la date de l'ordonnance à intervenir.

4. D'une part, aux termes de l'article L. 521-4 du code de justice administrative : " Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d'un élément nouveau, modifier les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin ".

5. D'autre part, aux termes aux termes de l'article R. 222-1 du même code : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / 1° Donner acte des désistements () ".

6. Si, eu égard aux pouvoirs conférés au juge par l'article L. 521-4 du code de justice administrative, les parties doivent, avant que le juge ne prononce une mesure prévue par celles-ci, être mises à même de présenter au cours d'une audience publique des observations orales à l'appui de leurs observations écrites, aucune disposition du code de justice administrative, ni aucun principe général ne font toutefois obstacle à ce qu'en application de l'article R. 222-1 du même code, le président du tribunal ainsi que les magistrats qu'il désigne à cet effet, donnent acte des désistements par ordonnance prise sur le fondement du 1° de l'article R. 222-1 et sans tenir d'audience publique.

7. Postérieurement à l'introduction de la requête, le préfet du Nord a pris la décision de délivrer à M. B une carte de séjour pluriannuelle valable du 8 octobre 2024 au 7 octobre 2028. Compte tenu de cette circonstance, M. B a, par un mémoire enregistré le 8 novembre 2024, demandé à ce qu'il lui soit donné acte du désistement des conclusions aux fins d'injonction de sa requête. Ce désistement étant pur et simple, rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.

Sur les frais liés au litige :

8. M. B a été provisoirement admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Fourdan, avocate de M. B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de M. B à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Fourdan de la somme de 500 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. B par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 500 euros sera versée à ce dernier.

O R D O N N E :

Article 1er : M. B est admis à l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : Il est donné acte à M. B du désistement des conclusions à fins d'injonction de sa requête.

Article 3 : L'Etat versera à Me Fourdan, sous réserve qu'elle renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de sa cliente à l'aide juridictionnelle, la somme de 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet du Nord.

Fait à Lille, le 19 novembre 2024.

Le président,

signé

D. TERME

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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