lundi 7 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2409145 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | EDIFICES AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 septembre 2024, la SCCV Le Touquet 55 Av. de la Paix et la SNC Nordinvest, représentées par Me Vamour, demandent au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, de mettre fin à la suspension de l'exécution du permis de construire délivré le 19 septembre 2023 par le maire du Touquet-Paris-Plage.
Elles soutiennent que le vice tiré de l'incompétence du signataire du permis de construire, seul retenu par le juge des référés dans son ordonnance suspendant l'exécution de ce permis comme propre à créer un doute sérieux a été régularisé par un permis modificatif signé par le maire lui-même.
Par un mémoire enregistré le 16 septembre 2024, la commune du Touquet-Paris-Plage, représentée par Me Colson, conclut à ce qu'il soit mis fin à la suspension du permis de construire du 19 septembre 2023.
Elle fait valoir que le moyen tiré de l'incompétence du signataire du permis de construire initial a été régularisé.
Par un mémoire enregistré le 23 septembre 2024 à 9h08, Mme E A épouse D, Mme F D épouse B et M. C D, représentés par Me Balaÿ et Me Roels concluent au rejet de la requête et à la mise à la charge de la SCCV Le Touquet 55 Av. de la Paix et de la commune du Touquet-Paris-Plage de la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu :
- l'ordonnance n°2407110 du 30 juillet 2024 du juge des référés du tribunal administratif de Lille ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Perrin, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 23 septembre 2024 à 10h, en présence de M. Metallaghi, greffier d'audience, M. Perrin, juge des référés, a lu son rapport et entendu les observations de :
- Me Fokapu, représentant les sociétés requérantes, qui reprend les conclusions et moyens de la requête ;
- Me Balaÿ, représentant Mme A, Mme D et M. D, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes motifs que le mémoire en défense ;
- et Me Colson, représentant la commune du Touquet-Paris-Plage.
La clôture de l'instruction a été différée à 15 h le 23 septembre 2024.
Les sociétés requérantes ont produit des pièces complémentaires enregistrées le 23 septembre 2024 à 10h32, à 11h12 et à 11h31.
Par un mémoire et des pièces enregistrées le 23 septembre 2024 à 11h32, la commune du Touquet-Paris-Plage maintient ses précédentes écritures et conclut à ce que soit mise à la charge de Mme A, Mme D et M. D, la somme de 1 000 euros chacun au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 19 septembre 2023, le maire du Touquet-Paris-Plage a délivré un permis de construire à la société Norinvest pour la construction de onze logements sur un terrain situé 55 avenue de la Paix sur le territoire de cette commune. Par arrêté du 16 novembre 2023, ce permis a été transféré à la SCCV Le Touquet 55 Av. de la Paix. Par une ordonnance du 30 juillet 2024, le juge des référés du tribunal administratif de Lille a suspendu l'exécution du permis de construire du 19 septembre 2023 ainsi que la décision du 20 décembre 2023 rejetant le recours gracieux contre ce permis. Par un arrêté du 21 août 2024, le maire du Touquet-Paris-Plage a délivré un permis modificatif à la SCCV Le Touquet 55 Av. de la Paix. Par la présente requête, les sociétés requérantes demandent au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de mettre fin à la suspension de l'exécution de l'arrêté du 19 septembre 2023.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-4 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Aux termes de l'article L. 521-4 du même code : " Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d'un élément nouveau, modifier les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin ".
3. Lorsque le juge des référés a ordonné la suspension de l'exécution d'un permis de construire sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative en relevant l'existence d'un ou plusieurs vices propres à créer un doute sérieux quant à sa légalité et qu'il est ensuite saisi d'une demande tendant à ce qu'il soit mis fin aux effets de cette suspension dans le cadre de la procédure régie par l'article L. 521-4 du même code, au motif qu'un permis modificatif ou une mesure de régularisation, produit dans le cadre de cette nouvelle instance, régularise le ou les vices précédemment relevés, il appartient à ce juge, pour apprécier s'il est possible de lever la suspension du permis ainsi modifié, après avoir mis en cause le requérant ayant initialement saisi le juge du référé suspension, de tenir compte, d'une part, de la portée du permis modificatif ou de la mesure de régularisation sur les vices précédemment relevés et, d'autre part, des vices allégués ou d'ordre public dont le permis modificatif ou la mesure de régularisation serait entaché et qui seraient de nature à y faire obstacle.
4. Aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente pour délivrer le permis de construire, d'aménager ou de démolir et pour se prononcer sur un projet faisant l'objet d'une déclaration préalable est : / a) Le maire, au nom de la commune, dans les communes qui se sont dotées d'un plan local d'urbanisme ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu, ainsi que dans les communes qui se sont dotées d'une carte communale après la date de publication de la loi n° 2014-366 du 24 mars 2014 pour l'accès au logement et un urbanisme rénové. Dans les communes qui se sont dotées d'une carte communale avant cette date, le maire est compétent, au nom de la commune, après délibération du conseil municipal. En l'absence de décision du conseil municipal, le maire est compétent, au nom de la commune, à compter du 1er janvier 2017. Lorsque le transfert de compétence à la commune est intervenu, il est définitif ; / b) Le préfet ou le maire au nom de l'Etat dans les autres communes. ". Il est constant que la commune du Touquet-Paris-Plage est dotée d'un plan local d'urbanismes.
5. L'ordonnance du 30 juillet 2024 suspendant l'exécution du permis de construire du 19 septembre 2023 est uniquement motivée par le vice d'incompétence du signataire de ce permis. Le permis modificatif du 21 août 2024 est signé par le maire du Touquet-Paris-Plage. Si Mme A, Mme D et M. D font valoir qu'il n'est pas justifié que le permis modificatif ait été transmis au préfet et soit exécutoire, la commune produit, en tout état de cause, le permis modificatif avec l'accusé de réception en date du 28 août 2024 par la préfecture certifiant son caractère exécutoire. Dans ces conditions, le seul vice de nature à créer un doute sérieux sur la légalité du permis du 19 septembre 2023 a été régularisé. Il ne ressort d'aucune des pièces du dossier que le permis modificatif serait affecté d'un vice d'ordre public qui devrait être soulevé d'office. Dans ces circonstances et en l'état de l'instruction, l'élément nouveau que constitue son intervention justifie qu'il soit mis fin à la suspension ordonnée le 30 juillet 2024 par l'ordonnance n° 2407110.
6. Il résulte de ce qui précède que les sociétés requérantes sont fondées à obtenir la levée de la suspension de l'exécution de l'arrêté du 19 septembre 2023
Sur les frais du litige :
7. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y pas a lieu de faire droit aux conclusions de la commune du Touquet-Paris-Plage au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est mis fin à la suspension de l'exécution du permis de construire du 19 septembre 2023 par lequel le maire de la commune du Touquet-Paris-Plage a accordé un permis de construire à la société Norinvest, sur un terrain situé 55 avenue de la Paix, ayant pour objet la construction de onze logements.
Article 2 : Les conclusions de la commune du Touquet-Paris-Plage au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la SCCV Le Touquet 55 Av. de la Paix et à la SNC Nordinvest, à Mme E A épouse D, Mme F D épouse B et M. C D ainsi qu'à la commune du Touquet-Paris-Plage.
Fait à Lille, le 7 octobre 2024.
Le juge des référés,
signé
D. PERRIN
La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026