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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2409262

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2409262

vendredi 6 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2409262
TypeDécision
RecoursPlein contentieux

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Lille rejette la requête de M. B, qui demandait, sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, d'assortir d'une astreinte une précédente ordonnance enjoignant au préfet du Nord de lui délivrer un titre de séjour valable jusqu'en 2027. Le juge des référés constate que M. B n'a pas cherché à exécuter l'ordonnance depuis plus de trois ans et que le préfet lui a délivré un nouveau titre de séjour en cours d'instance. La condition d'urgence n'étant pas remplie et la demande faisant obstacle à l'exécution de cette nouvelle décision, la requête est rejetée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 6 septembre 2024 et le 16 octobre 2024, M. A B, représenté par Me Goeminne, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative :

1°) de modifier l'ordonnance n° 2104693 du 13 juillet 2021 en assortissant l'injonction qu'elle prévoit d'une astreinte de 250 euros par jour de retard à compter de l'expiration d'un délai de vingt-quatre heures à compter de la notification de la décision à intervenir ;

2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Terme, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer en matière de référés.

Considérant ce qui suit :

1. D'une part, aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Il résulte des dispositions combinées des articles L. 511-1 et L. 521-3 du code de justice administrative que, saisi sur le fondement de cette dernière disposition d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire toutes mesures ayant un caractère provisoire ou conservatoire, à condition que ces mesures soient utiles, justifiées par l'urgence, ne fassent obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.

2. D'autre part, aux termes de l'article L. 521-4 du même code : " Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d'un élément nouveau, modifier les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin. ".

3. Par une ordonnance n° 2104693 du 13 juillet 2021, le juge des référés du tribunal, considérant que les récépissés délivrés à M. B les 23 août 2019 et 9 mars 2021 laissaient apparaître qu'une carte de résident valable jusqu'au 6 décembre 2027 lui avait été accordée, a enjoint au préfet du Nord de lui remettre, dans un délai de dix jours à compter de la notification de cette ordonnance, ce titre de séjour valable jusqu'au 6 décembre 2027. M. B demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-4, d'assortir l'injonction prononcée par cette ordonnance d'une astreinte de 250 euros par jour de retard à compter de l'expiration d'un délai de vingt-quatre heures à compter de la notification de la décision à intervenir.

4. D'une part, M. B ne soutient pas avoir recherché l'exécution de l'ordonnance mentionnée au point précédent depuis qu'elle a été rendue il y a plus de trois ans. D'autre part, il résulte de l'instruction que le préfet du Nord a décidé de délivrer à M. B, en cours d'instance, un titre de séjour valable du 12 septembre 2024 au 11 septembre 2025. Il s'ensuit que la condition d'urgence ne peut être regardée comme remplie, et que la demande de M. B, qui tend à ce que le préfet abroge cette dernière décision pour lui substituer une décision de délivrance d'un nouveau titre de séjour d'une durée de validité de dix ans, ferait nécessairement obstacle à l'exécution de celle-ci. La requête de M. B doit, par suite, être rejetée en toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au préfet du Nord.

Fait à Lille, le 6 décembre 2024.

Le juge des référés,

Signé,

D. TERME

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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