jeudi 19 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2409368 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 septembre 2024, Mme A B, représentée par Me Jean-Baptiste Dubrulle, demande au juge des référés :
1°) de suspendre, en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution, d'une part, de la décision réputée intervenue le 21 juillet 2024 et de l'arrêté en date du 28 juin 2024 par lesquels la présidente du syndicat mixte du parc naturel régional des Caps et Marais d'Opale a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident dont elle avait été victime le 21 mars 2023, d'autre part, du titre de recettes n° 21700-2024-176 émis et rendu exécutoire le 10 juillet 2024 d'un montant de 5 800,47 euros ;
2°) de mettre à la charge du syndicat mixte du parc naturel régional des Caps et Marais d'Opale le versement de la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie, dès lors, que les actes attaqués ont des conséquences financières très importantes pour elle ;
- l'arrêté du 28 juin 2024 n'est pas fondé.
Vu :
- les pièces du dossier.
Vu
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Huguen, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B exerce, en qualité d'attachée territoriale hors classe, les fonctions de responsable administrative et juridique du syndicat mixte du parc naturel régional des Caps et Marais d'Opale. Le 22 mars 2023, elle a, au motif d'un état anxieux survenu le 21 mars 2023 à la suite de la réception d'un courrier électronique de son supérieur hiérarchique qui mettait en cause la qualité de son travail, bénéficié d'un arrêt de travail jusqu'au 30 avril 2023. Le 10 octobre 2023, Mme B a adressé à son employeur une déclaration d'accident de service. Par un arrêté du 15 avril 2024, la présidente du syndicat mixte du parc naturel régional des Caps et Marais d'Opale, d'une part, a reconnu, à titre provisoire, que l'événement du 21 mars 2023 était imputable au service, d'autre part, a placé Mme B, à titre provisoire également, en disponibilité d'office pour raison de santé dans l'attente de l'avis du comité médical, avec effet au 22 mars 2024. Le 16 mai 2024, Mme B a sollicité le retrait de l'arrêté du 15 avril 2024 et la reconnaissance de l'imputabilité au service de l'événement du 21 mars 2023. Par une décision réputée intervenue le 21 juillet 2024 et un arrêté en date du 28 juin 2024, la présidente du syndicat mixte du parc naturel régional des Caps et Marais d'Opale a refusé de faire droit à ses demandes. Enfin, par un titre émis et rendu exécutoire le 10 juillet 2024, la présidente du syndicat mixte du parc naturel régional des Caps et Marais d'Opale a enjoint à Mme B de rembourser la somme de 5 800,47 euros au titre d'un trop-perçu de rémunération.
Sur les conclusions à fin de suspension du titre émis et rendu exécutoire le 10 juillet 2024 :
2. Aux termes de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales : " () 1° En l'absence de contestation, le titre de recettes individuel ou collectif émis par la collectivité territoriale ou l'établissement public local permet l'exécution forcée d'office contre le débiteur. / Toutefois, l'introduction devant une juridiction de l'instance ayant pour objet de contester le bien-fondé d'une créance assise et liquidée par une collectivité territoriale ou un établissement public local suspend la force exécutoire du titre () ". Il résulte de ces dispositions que l'opposition formée contre un titre exécutoire fait obstacle au recouvrement de la créance.
3. En l'espèce, il résulte de l'instruction que, par une requête enregistrée le 10 septembre 2024, sous le n° 2409377, Mme B a contesté le titre exécutoire émis et rendu exécutoire le 10 juillet 2024 par lequel la présidente du syndicat mixte du parc naturel régional des Caps et Marais d'Opale a mis à sa charge la somme de 5 800,47 euros au titre d'un trop-perçu de rémunération. En application des dispositions précitées de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales, l'introduction de cette requête a eu pour effet de suspendre le recouvrement de la somme en cause. Dès lors, les conclusions de la requête de Mme B tendant à la suspension de ce titre exécutoire sont sans objet et doivent, par suite, être rejetées comme irrecevables.
Sur le surplus des conclusions :
4. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
5. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
6. En l'espèce, en se bornant à soutenir, sans l'établir, que la décision réputée intervenue le 21 juillet 2024 et l'arrêté en date du 28 juin 2024 par lesquels la présidente du syndicat mixte du parc naturel régional des Caps et Marais d'Opale a refusé de faire droit à ses demandes tendant à la reconnaissance de l'imputabilité au service de l'acte du 21 mars 2023 auraient des conséquences financières très importantes pour elle, Mme B ne justifie pas que les effets de ces actes seraient de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de ceux-ci soit suspendue.
7. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que la condition d'urgence posée par les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne saurait être regardée comme remplie.
8. Dès lors, faute pour les demandes de Mme B de présenter un caractère d'urgence, au sens des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, il y a lieu, en application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du même code, de rejeter les conclusions aux fins de suspension et d'injonction de sa requête. Il y a lieu également, par voie de conséquence, de rejeter les conclusions de la requête tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B, à Me Jean-Baptiste Dubrulle, et au syndicat mixte du parc naturel régional des Caps et Marais d'Opale.
Fait à Lille, le 19 septembre 2024.
Le juge des référés,
Signé,
O. HUGUEN
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076
03/08/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2531339
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509870
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509781
03/08/2026