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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2409515

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2409515

mardi 24 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2409515
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Lille a rejeté la requête en référé suspension de M. B, qui contestait la décision du préfet du Pas-de-Calais suspendant son permis de conduire pour 12 mois. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, car le requérant n’a pas démontré la nécessité impérieuse d’utiliser son véhicule pour son contrat d’apprentissage. De plus, la gravité de l’infraction (excès de vitesse de plus de 30 km/h) justifie une priorité à la sécurité routière, faisant primer l’intérêt public sur l’urgence invoquée. La décision est fondée sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative et les dispositions du code de la route.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 13 septembre 2024, M. A B, représenté par Me Tachon, demande au juge des référés de suspendre, en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision du 19 août 2024 par laquelle le préfet du Pas-de-Calais a prononcé la suspension de validité de son permis de conduire pour une durée de 12 mois.

Le président du tribunal a désigné M. Perrin, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Vu :

- la copie de la requête à fin d'annulation de la décision attaquée ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

2. Pour l'application des dispositions ci-dessus reproduites de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte contesté sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. La condition d'urgence s'apprécie objectivement et globalement au regard de l'intérêt du demandeur mais aussi de l'intérêt public et notamment, s'agissant d'une décision de suspension d'un permis de conduire, des exigences liées à la protection de la sécurité routière.

3. Pour justifier l'urgence qui s'attache, selon lui, à suspendre l'exécution de la décision prononçant la suspension de son permis de conduire pour une durée de 12 mois, M. B se borne à produire un courrier de son organisme de formation qui indique que sa formation de commerce en alternance nécessite des déplacements réguliers pour le compte de l'entreprise qui l'emploiera pour rencontrer des clients ainsi qu'un courrier de son employeur en apprentissage qui atteste qu'il doit se déplacer dans les 58 supermarchés de sa direction régionale. Il ne démontre pas ainsi la nécessité dans laquelle il se trouverait de faire usage de son véhicule pour effectuer son contrat d'apprentissage. En tout état de cause, eu égard à la gravité de l'infraction au code de la route commise par le requérant, consistant en un dépassement de plus de 30 kilomètres par heure de la vitesse autorisée (150 km/h retenus pour 110 km/h autorisés) l'urgence s'attachant à l'exécution immédiate de la mesure de suspension de son permis de conduire, prise dans un but de sécurité routière, l'emporte sur l'urgence invoquée par le requérant. Par suite, la condition d'urgence exigée par les dispositions susmentionnées de l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie.

4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner si la condition tenant au doute sérieux est remplie, qu'il y a lieu de rejeter la requête de M. B, y compris ses conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Une copie sera adressée pour information au préfet du Pas-de-Calais.

Fait à Lille, le 24 septembre 2024.

Le juge des référés,

signé

D. PERRIN

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°2409515

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