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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2409643

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2409643

jeudi 3 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2409643
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lille, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme A épouse B qui demandait la suspension de la décision d'invalidation de son permis de conduire du 12 février 2019. La requérante invoquait l'urgence liée à son activité professionnelle et à ses obligations familiales, ainsi qu'un défaut de notification à sa bonne adresse. Le juge a constaté que la demande de suspension était irrecevable car elle n'était pas accompagnée d'une requête en annulation de la décision contestée, condition prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative. En conséquence, l'ordonnance rejette la requête sans examen du fond.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 18 septembre 2024, Mme C A épouse B demande au juge des référés :

- de suspendre l'exécution de la décision par laquelle l'administration a prononcé l'invalidation de son permis de conduire ;

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie, dès lors, qu'elle a besoin de son permis de conduire pour l'exercice de son métier d'enseignant à l'institut de Genech et pour transporter ses filles à l'école et aux activités extra-scolaires, alors que son époux est en déplacement à Rennes ;

- elle n'avait pas connaissance de la décision par laquelle l'autorité administrative a prononcé l'invalidation de son permis de conduire, dès lors qu'elle lui a été notifiée à une adresse domiciliaire inexacte.

.

Vu :

- les pièces du dossier ;

Vu

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Huguen, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C A épouse B, née le 19 mai 1981, réside au n° 20 de la rue Coquet à Faumont (59). Par une décision en date du 12 février 2019, l'autorité administrative a prononcé l'invalidation de son permis de conduire au motif d'un solde de points nul, l'a invitée à restituer celui-ci et lui a fait interdiction d'obtenir un nouveau permis de conduire dans le délai de six mois à compter de la date de restitution de son permis de conduire. A la suite d'un contrôle routier effectué à Pont-à-Marck, la gendarmerie nationale a constaté que Mme A conduisait un véhicule automobile sans être titulaire du permis de conduire. Mme A, qui allègue n'avoir pas eu connaissance de la décision du 12 février 2019, a, le 5 septembre 2024, restitué son permis de conduire à la sous-préfecture de Douai qui lui a délivré, le même jour, un récépissé qui mentionne qu'elle ne pourra pas obtenir un nouveau permis de conduire avant le 5 mars 2025. Les conclusions de la requête de Mme A doivent être regardées comme tendant à la suspension de l'exécution de la décision du 12 février 2019.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

3. Il résulte des dispositions précitées de l'article L. 521-1 du code de justice administrative que la demande de suspension d'une décision administrative ne peut être présentée indépendamment d'une demande d'annulation ou de réformation de cette même décision. En l'absence d'une telle demande, la requête à fin de suspension est irrecevable.

4. En l'espèce, il ne résulte pas de l'instruction que Mme A ait, au plus tard à la date de l'introduction de sa requête à fin de suspension de l'exécution de la décision du 12 février 2019 qui a prononcé l'invalidation de son permis de conduire, présenté une requête tendant à l'annulation de cette même décision. Dès lors, les conclusions de sa requête tendant à la suspension des effets de la décision du 12 février 2019 sont irrecevables.

5. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu, en application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du même code, de rejeter la requête de Mme A.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A épouse B et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet du Nord.

Fait à Lille, le 3 octobre 2024.

Le juge des référés,

signé

O. HUGUEN

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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