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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2409821

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2409821

vendredi 27 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2409821
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD

Résumé IA

**Résumé de la décision :** Le Tribunal Administratif de Lille a rejeté la requête de Mme B contestant le refus du président du conseil départemental du Nord de lui accorder une allocation mensuelle d’aide sociale à l’enfance. La requête a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n’a pas démontré avoir exercé le recours administratif préalable obligatoire prévu à l’article L. 134-2 du code de l’action sociale et des familles, et son argumentation était insuffisante pour en apprécier le bien-fondé. L’ordonnance se fonde sur les articles R. 222-1 (4° et 7°) et R. 772-6 du code de justice administrative, ainsi que sur les dispositions du code de l’action sociale et des familles relatives au contentieux des prestations sociales.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 septembre 2024, Mme A B demande au tribunal d'annuler la décision du 6 septembre 2024 par laquelle le président du conseil départemental du Nord n'a pas fait droit à sa demande d'une aide financière sous forme d'allocation mensuelle d'aide sociale à l'enfance.

Par une lettre du 27 septembre 2024, le tribunal a invité Mme B à motiver sa requête dans le délai d'un mois en lui adressant le formulaire prévu par l'article R. 772-6 du code de justice administrative et de produire soit la décision prise sur son recours préalable obligatoire, soit la preuve de la présentation d'un tel recours.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; / 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. () ".

2. En premier lieu, l'article R. 772-6 du code de justice administrative, en ce qui concerne les contentieux sociaux, dispose que : " Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation, notamment en application du 7° de l'article R. 222-1, qu'après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. S'il y a lieu, le requérant est ainsi invité à régulariser sa requête dans le délai qui lui est imparti et dont le terme peut être fixé au-delà de l'expiration du délai de recours. Il est informé qu'à défaut de régularisation les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7. ".

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 134-1 du code de l'action sociale et des familles : " Le contentieux relevant du présent chapitre comprend les litiges relatifs aux décisions du président du conseil départemental et du représentant de l'Etat dans le département en matière de prestations légales d'aide sociale prévues par le présent code. ". Aux termes de l'article L. 222-1 du même code : " Sans préjudice des pouvoirs reconnus à l'autorité judiciaire, les prestations d'aide sociale à l'enfance mentionnées au présent chapitre sont accordées par décision du président du conseil départemental du département où la demande est présentée. ".

4. Aux termes de l'article L. 134-2 du code de l'action sociale et des familles : " Les recours contentieux formés contre les décisions mentionnées à l'article L. 134-1 sont précédés d'un recours administratif préalable exercé devant l'auteur de la décision contestée. L'auteur du recours administratif préalable, accompagné de la personne ou de l'organisme de son choix, est entendu, lorsqu'il le souhaite, devant l'auteur de la décision contestée. / () ".

5. Il résulte de ces dispositions que la personne qui entend contester une décision du président du conseil départemental relative à une aide financière au titre des prestations d'aide sociale à l'enfance, avant de saisir le juge, doit former un recours administratif préalable devant l'autorité compétente. Seule la décision prise à la suite de ce recours administratif préalable obligatoire est susceptible d'être déférée devant le tribunal, en ce qu'elle se substitue à la décision initiale.

6. En dernier lieu, aux termes de l'article R. 611-8-2 du même code : " Toute juridiction peut adresser par le moyen de l'application informatique mentionnée à l'article R. 414-1, à une partie ou à un mandataire qui y est inscrit, toutes les communications et notifications prévues par le présent livre pour tout dossier ". L'article R. 611-8-6 de ce code dispose que : " Les parties ou leur mandataire sont réputés avoir reçu la communication ou la notification à la date de première consultation du document qui leur a été ainsi adressé, certifiée par l'accusé de réception délivré par l'application informatique, ou, à défaut de consultation dans un délai de deux jours ouvrés à compter de la date de mise à disposition du document dans l'application, à l'issue de ce délai. Sauf demande contraire de leur part, les parties ou leur mandataire sont alertés de toute nouvelle communication ou notification par un message électronique envoyé à l'adresse choisie par eux. ".

7. Mme B conteste la décision du 6 septembre 2024 ne faisant pas droit à sa demande d'une aide financière sous forme d'allocation mensuelle d'aide sociale à l'enfance. A l'appui de ses conclusions, elle se borne à soutenir qu'elle souhaite cette aide afin d'inscrire sa fille à la cantine et d'acheter des vêtements pour ses enfants. Son argumentation n'est ainsi manifestement pas assortie des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par un courrier du 27 septembre 2024, elle a été invitée à régulariser sa requête, d'une part, en retournant le formulaire pré-rempli lui permettant d'indiquer au tribunal l'objet de sa demande et de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision qu'elle entend attaquer méconnaît ses droits et, d'autre part, en produisant soit la décision prise sur le recours administratif préalable obligatoire prévu par l'article L. 134-2 du code de l'action sociale et des familles, soit la preuve de la présentation d'un tel recours. Ce courrier comportait également la mention suivant laquelle la requête pourrait être rejetée comme irrecevable si la régularisation n'était pas effectuée dans le délai imparti d'un mois. Mme B n'ayant pas pris connaissance de ce courrier, réputé notifié deux jours ouvrés après la mise à disposition dans l'application télérecours, soit le 30 septembre 2024, n'a pas régularisé sa requête.

8. Par suite, sa requête doit être regardée comme étant manifestement irrecevable et rejetée en application des 4° et 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.

Copie pour information sera adressée au département du Nord.

Fait à Lille, le 27 décembre 2024.

Le président,

signé

O. Cotte

La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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