jeudi 24 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2409865 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 septembre 2024, M. B A demande au juge des référés :
1°) de suspendre, en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de l'arrêté du 20 juin 2024 par lequel le garde des sceaux, ministre de la justice, lui a infligé la sanction de rétrogradation ;
2°) d'enjoindre au garde des sceaux, ministre de la justice, de procéder, d'une part, à titre provisoire, à sa réintégration au grade de directeur hors classe de la protection judiciaire de la jeunesse, d'autre part, à la reconstitution de sa carrière à compter de la date d'effet de sa rétrogradation, l'ensemble dans le délai de quinze jours à compter de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au garde des sceaux, ministre de la justice, de lui verser la rémunération non perçue depuis la date d'effet de sa rétrogradation jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de la sanction qui lui a été infligée, dans le délai de quinze jours à compter de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 300 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie, dès lors que l'arrêté attaqué, d'une part, a pour conséquence la diminution de sa rémunération mensuelle de 3 900 euros nets qu'il percevait avant sa rétrogradation d'un montant de 390 euros nets alors qu'il a des charges fixes d'un montant mensuel de 1 676 euros, d'autre part, porte atteinte au bon déroulement de sa carrière en termes d'accès à des postes à très hautes responsabilités du niveau, notamment les emplois fonctionnels de deuxième et troisième niveau à sa réputation ;
- l'arrêté attaqué est illégal, en ce que la procédure disciplinaire est entachée d'irrégularités ;
- l'arrêté attaqué est illégal, en ce que le quantum de la sanction infligée est disproportionné par rapport aux faits qui lui sont reprochés.
.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Huguen, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A appartient au corps des directeurs des services de la protection judiciaire de la jeunesse. Par un arrêté du 20 juin 2024, le garde des sceaux, ministre de la justice, lui a infligé la sanction de rétrogradation au motif de manquements à ses obligations professionnelles. M. A demande au juge des référés de prononcer la suspension de cet arrêté.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
4. En l'espèce, il résulte de l'instruction que l'arrêté attaqué, qui a pour conséquence de diminuer de 10 % la rémunération nette précédemment versée à M. A, n'a pas pour effet d'entraîner un bouleversement dans ses conditions d'existence, compte tenu du montant des charges fixes dont il fait état. En outre, M. A, qui soutient que la circonstance que la sanction de rétrogradation qui lui a été infligée ne lui permet pas de se porter candidat à des emplois fonctionnels de deuxième et troisième niveau, n'établit pas avoir présenté sa candidature à de tels emplois. Enfin, il ne verse au dossier aucun élément susceptible d'établir l'ampleur de l'atteinte à sa réputation. Dès lors, la condition d'urgence posée par les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne saurait être regardée comme remplie.
5. Par suite, faute pour la demande de M. A de présenter un caractère d'urgence, au sens des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, il y a lieu, en application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du même code, de rejeter les conclusions aux fins de suspension et d'injonction de sa requête. Il y a lieu également, par voie de conséquence, de rejeter les conclusions de la requête tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Fait à Lille, le 24 octobre 2024.
Le juge des référés,
Signé,
O. HUGUEN
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076
03/08/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2531339
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509870
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509781
03/08/2026