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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2409931

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2409931

mardi 8 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2409931
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lille a rejeté la requête en référé de M. B, qui demandait au juge des référés d’enjoindre au préfet du Nord d’utiliser ses pouvoirs de réquisition de logement sur le fondement des articles L. 641-1 et suivants du code de la construction et de l’habitation. Le juge a estimé que la demande se heurtait à l’exécution d’une décision administrative, rendant la requête manifestement irrecevable au titre de l’article L. 521-3 du code de justice administrative. De plus, le requérant avait déjà été reconnu prioritaire par la commission de médiation et avait obtenu une injonction d’accueil par un jugement du 26 juillet 2024, sans justifier de démarches pour en assurer l’exécution. La requête a donc été rejetée sans instruction ni audience, conformément à l’article L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 26 septembre 2024, M. A B, représenté par Me Ekwalla-Mathieu, demande au juge des référés :

1°) d'enjoindre au préfet du Nord, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de mettre en œuvre ses pouvoirs de réquisition dans les conditions prévues aux articles L. 641-1 et L. 642-1 et suivants du code de la construction et de l'habitation, dans un délai de 15 jours à compter de la notification de l'ordonnance, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Perrin, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

2. Par la présente requête, M. B demande au préfet du Nord de faire usage à son profit de ses pouvoirs de réquisition prévus aux articles L. 641-1 et L. 642-1 et suivants du code de la construction et de l'habitation. Or, dans ses écritures, il soutient qu'il a formulé le 2 avril 2024 une demande de réquisition de logement au préfet du Nord, dont il joint une copie. La demande formulée par le requérant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative se heurte donc à l'exécution d'une décision administrative. Il est donc manifeste que sa requête doit être rejetée. Au surplus, postérieurement à sa demande de réquisition, la commission de médiation sociale du Nord a reconnu le requérant comme prioritaire et devant être accueilli dans un logement de transition ou dans un logement-foyer. Par jugement du 26 juillet 2024, le magistrat désigné en application de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation, du tribunal administratif de Lille a enjoint au préfet du Nord d'assurer son accueil dans un logement de transition ou dans un logement-foyer. Le requérant ne justifie aucunement, ni qu'il ait sollicité le préfet du Nord, ni qu'il ait saisi le tribunal administratif pour assurer de l'exécution de ce jugement avant de saisir le juge des référés.

3. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B, y compris ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doit être rejetée selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Copie en sera adressée au préfet du Nord.

Lille, le 8 octobre 2024.

Le juge des référés,

Signé,

D. PERRIN

La République mande et ordonne à la ministre du logement et de la rénovation urbaine en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

N°2409931

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