vendredi 18 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2409970 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 septembre 2024, la communauté d'agglomération Grand Calais terres et mers, représentée par la SCP Capitani et Moritz, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre à Mme B et M. D, occupants l'emplacement n° 30 de l'aire d'accueil des gens du voyage de court séjour situé rue Jacques Prévert à Calais (62100), ainsi qu'aux occupants de l'espace situé à proximité des emplacements n° 16, 17 et 18 et à tous occupants de leur chef, de libérer l'aire d'accueil à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 500 euros par jour de retard, et de dire qu'à défaut ils seront expulsés par toutes voies de droit, y compris à l'aide de la force publique ;
2°) de mettre à leur charge solidaire une somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'aire d'accueil des gens du voyage, située à Calais, est affectée au service public de l'accueil des gens du voyage et spécialement aménagée à cet effet ; elle appartient au domaine public ;
- la mesure d'expulsion présente un caractère d'urgence dès lors que les occupants sont installés sur l'aire d'accueil sans aucune autorisation ; leur installation au mépris des règles perturbe le bon fonctionnement de l'aire, rendent son utilisation dangereuse et affaiblissent l'autorité de ses gestionnaires ; ce comportement risque également d'inciter d'autres familles à méconnaître les règles, s'il n'y est pas mis fin rapidement ;
- la mesure d'expulsion présente un caractère d'utilité dès lors que les personnes en cause sont occupants sans droit ni titre.
La requête et l'avis d'audience ont été notifiés, le 30 septembre 2024, par voie administrative, aux occupants du terrain en cause, qui n'ont pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Terme, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 16 octobre 2024 en présence de M. Metallaghi, greffier d'audience, M. Terme a lu son rapport et entendu les observations de la SCP Capitani et Moritz, représentant la communauté d'agglomération grand Calais terres et mers.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Saisi sur ce fondement d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, dont l'expulsion d'occupants sans titre du domaine public, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.
2. Il n'est pas contesté que Mme B et M. D, ainsi qu'une autre personne dont l'identité n'a pu être formellement relevée mais qui a été identifiée comme étant leur fils, se sont installés respectivement sur l'emplacement n° 30 de l'aire d'accueil de court séjour des gens du voyage située rue Jacques Prévert à Calais et sur un espace libre de cette aire situé à proximité des emplacements n° 16, 17 et 18. Ils ont refusé de signer le règlement intérieur ainsi que la convention d'occupation de cette aire et ne s'acquittent pas de leur redevance. La demande d'expulsion ne se heurte donc à aucune contestation sérieuse du caractère irrégulier de l'occupation du domaine public.
3. Le fonctionnement normal d'une aire d'accueil requiert que les usagers se conforment aux règles régissant les conditions d'accès et de stationnement temporaire, dans le respect des intérêts mutuels des occupants, du personnel et, plus généralement, de l'ordre public, et que les capacités d'accueil soient maintenues pour assurer cette mission au bénéfice des nouveaux arrivants. L'occupation irrégulière par les occupants de l'emplacement n° 30 et de l'espace situé à proximité des emplacements n° 16, 17 et 18 fait obstacle au fonctionnement normal de l'aire d'accueil et empêche l'accueil de nouveaux arrivants dans des conditions régulières. En outre, il résulte de l'instruction et notamment des déclarations à l'audience de la communauté d'agglomération grand Calais terres et mers ainsi que du constat d'huissier du 5 septembre 2024 que les occupants en cause ont procédé à des branchements sauvages et dangereux sur le réseau électrique faisant courir un risque à eux-mêmes et aux autres occupants de l'aire. Dans ces conditions, la libération des lieux présente un caractère d'utilité et d'urgence au sens des dispositions précitées de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
4. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'ordonner à Mme B et à M. D, ainsi qu'aux occupants de l'espace situé à proximité des emplacements n° 16, 17 et 18 et à tous occupants de leur chef, de libérer les lieux et d'évacuer leurs biens sans délai. Il y a lieu, en l'espèce, compte tenu du caractère répété et fréquent des occupations illicites de cette aire d'accueil par ces personnes, d'assortir cette injonction d'une astreinte de 400 euros par jour de retard.
Sur les frais liés au litige :
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge solidaire de Mme B, de M. D et des occupants de l'espace situé à proximité des emplacements n° 16, 17 et 18, le versement à la communauté d'agglomération grand Calais terres et mers de la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est enjoint à Mme B et à M. D ainsi qu'à l'occupant de l'espace situé à proximité des emplacements n° 16, 17 et 18, et à l'ensemble des occupants de leur chef, de libérer l'aire d'accueil de court séjour des gens du voyage située rue Jacques Prévert à Calais et d'évacuer leurs biens sans délai, sous astreinte de 400 euros par jour de retard.
Article : Il est mis à la charge de Mme B, de M. D et des occupants de l'espace situé à proximité des emplacements n° 16, 17 et 18, solidairement, le versement de la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, au bénéfice de la communauté d'agglomération grand Calais terres et mers.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à la communauté d'agglomération grand Calais terres et mers, à Mme C B, à M. A D et aux occupants sans droit ni titre du terrain mentionné à l'article 1er ci-dessus.
Fait à Lille, le 18 octobre 2024.
Le juge des référés,
signé
D. TERME
La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076
03/08/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2531339
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509870
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509781
03/08/2026