jeudi 31 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2410322 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | CABARET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 9 octobre 2024, Mme B C, représentée par Me Oriane Cabaret, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) de modifier, en application de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, l'injonction fixée par l'article 2 de l'ordonnance n° 2402730 du 12 août 2024 par laquelle le juge des référés du tribunal administratif de Lille a enjoint au préfet du Nord de la convoquer pour procéder à l'enregistrement de sa demande de titre de séjour et lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour, dans le délai de 30 jours à compter de la notification de son ordonnance, en fixant une astreinte de 250 euros par jour de retard à l'expiration du délai de 24 heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil de la somme de 2 000 euros au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, dans le cas où l'aide juridictionnelle ne lui serait pas accordée, de mettre à la charge de l'Etat le versement de cette somme à son profit sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- en dépit de la communication des documents demandés par la préfecture du Nord, le préfet du Nord ne l'a toujours pas convoquée pour enregistrer sa demande de titre de séjour et lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour.
Par un mémoire enregistré le 18 octobre 2024, le préfet du Nord conclut au non-lieu à statuer et au rejet des conclusions de la requête présentée au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- l'ordonnance n° 2402730 du 12 août 2024 a été entièrement exécutée, dès lors que Mme C a été convoquée à la préfecture le 10 octobre 2024 pour y recevoir, le 16 octobre 2024, un récépissé de demande de titre de séjour et un " kit OFII " dans le cadre de l'enregistrement de sa demande de titre de séjour.
Par un mémoire enregistré le 17 octobre 2024, Mme C demande à ce qu'il lui soit donné acte du désistement des seules conclusions à fin d'injonction de sa requête.
Vu :
- l'ordonnance n° 2402730 du 12 août 2024 du juge des référés du tribunal administratif de Lille ;
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Huguen, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente () ".
2. Au cas d'espèce, en raison de l'urgence qui s'attache au règlement du présent litige, il y a lieu d'admettre Mme B C, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-4 du code de justice administrative :
3. Mme C, ressortissante algérienne, née le 24 septembre 1955 à Ain-Temouchent (République algérienne démocratique et populaire), est entrée en France le 2 septembre 2022 sous couvert d'un visa de court séjour à entrées multiples. Par un courrier électronique du 18 octobre 2022, Mme C a présenté une demande de rendez-vous pour déposer un dossier de demande de premier titre de séjour " vie privée et familiale " au motif de son état de santé. Par une ordonnance n° 2402730 du 12 août 2024, le juge des référés du tribunal administratif de Lille a enjoint au préfet du Nord de la convoquer pour procéder à l'enregistrement de sa demande de titre de séjour et lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour, dans le délai de 30 jours à compter de la notification de son ordonnance, en fixant une astreinte de 250 euros par jour de retard à l'expiration du délai de 24 heures à compter de la notification de son ordonnance. Faute pour le préfet du Nord d'avoir exécuté l'ordonnance du 12 août 2024, Mme C demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, d'assortir l'injonction prescrite par l'article 2 de ladite ordonnance d'une astreinte de 200 euros par jour de retard à l'expiration du délai de 24 heures à compter de la notification de la présente ordonnance.
Le 10 octobre 2024, postérieurement à l'introduction de la requête, le préfet du Nord a convoqué Mme C à la préfecture pour, le 16 octobre 2024, procéder à l'enregistrement de sa demande de titre de séjour et lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour.
4. D'une part, aux termes de l'article L. 521-4 du code de justice administrative : " Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d'un élément nouveau, modifier les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin ".
5. D'autre part, aux termes aux termes de l'article R. 222-1 du même code : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / 1° Donner acte des désistements () ".
6. Si, eu égard aux pouvoirs conférés au juge par l'article L. 521-4 du code de justice administrative, les parties doivent, avant que le juge ne prononce une mesure prévue par celles-ci, être mises à même de présenter au cours d'une audience publique des observations orales à l'appui de leurs observations écrites, aucune disposition du code de justice administrative, ni aucun principe général ne font toutefois obstacle à ce qu'en application de l'article R. 222-1 du même code, le président du tribunal ainsi que les magistrats qu'il désigne à cet effet, donnent acte des désistements par ordonnance prise sur le fondement du 1° de l'article R. 222-1 et sans tenir d'audience publique.
7. Postérieurement à l'introduction de sa requête présentée sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, Mme C a, par un mémoire enregistré le 17 octobre 2024, demandé à ce qu'il lui soit donné acte du désistement des conclusions aux fins d'injonction de sa requête. Ce désistement étant pur et simple, rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
Sur les frais liés au litige :
8. Mme A étant admise, à titre provisoire, à l'aide juridictionnelle, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dès lors que Mme C a dû saisir le juge des référés pour que le préfet du Nord procède à l'exécution de son ordonnance du 12 août 2024, et sous réserve que Me Cabaret renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et de l'admission définitive de sa cliente à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Cabaret de la somme de 800 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à Mme C, l'Etat versera à cette dernière cette somme de 800 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme C est admise à l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Il est donné acte à Mme C du désistement des conclusions à fin d'injonction de sa requête.
Article 3 : L'Etat versera à Me Oriane Cabaret, sous réserve qu'elle renonce à la part contributive de l'Etat, la somme de 800 (huit cents) euros au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à Mme C, l'Etat versera cette somme de 800 (huit cents) euros à Mme C sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B C, à Me Oriane Cabaret et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet du Nord.
Fait à Lille, le 31 octobre 2024.
Le juge des référés,
O. HUGUEN
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026