jeudi 31 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2410341 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | VERGNOLE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 9 octobre 2024, Mme D A C épouse B, représentée par Me Marion Vergnole, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) de suspendre, en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision réputée intervenue le 23 juin 2024 par laquelle le préfet du Nord a refusé implicitement de faire droit à sa demande tendant à la délivrance d'une carte de résident en qualité de parent de bénéficiaire d'une protection internationale ;
3°) d'enjoindre au préfet du Nord, d'une part, de procéder à un nouvel examen de sa de sa demande de carte de résident et de prononcer, à l'issue de cet examen, une décision expresse dans le délai de 15 jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jours de retard, d'autre part, de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler, en application des dispositions de l'article L. 911-2 du code de justice administrative ;
4°) de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil, sous réserve de renoncer à la part contributive de l'Etat, de la somme de 1 500 euros au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie, dès lors, d'une part, que son époux, qui est en attente d'une greffe de rein, fait l'objet de trois dialyses par semaine, d'autre part, qu'elle ne peut bénéficier de prestations sociales ni travailler faute de pouvoir justifier de la régularité de son séjour en France, enfin, que le couple a été rendu destinataire d'une décision de sortie de leur hébergement ;
- la décision attaquée est dépourvue de motivation ;
- la décision attaquée a été prise en méconnaissance des articles L. 424-3, R. 424-1, R. 431-15-1 et R. 431-15-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que l'office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a octroyé à ses enfants la qualité de réfugié ;
- la décision attaquée est entachée d'un défaut d'examen sérieux et particulier de sa demande.
Par un mémoire en défense enregistré le 17 octobre 2024, le préfet du Nord conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la condition de l'urgence n'est pas remplie, dès lors qu'il a délivré à Mme A C une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 15 janvier 2025 ;
- Mme A C a un rendez-vous en préfecture du Nord le 6 novembre 2024 pour procéder à la prise de ses empreintes digitales pour la délivrance d'un titre biométrique et sécurisé.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n° 2410372 enregistrée le 9 octobre 2024 par laquelle Mme A C demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Huguen, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 24 octobre 2024 à 9h30 en présence de M. Metallaghi, greffier d'audience :
- le rapport de M. Huguen ;
- les observations de Me Vergnole, représentant Mme A C, qui a conclu aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens. Me Vergnole a soutenu également, d'une part, que le préfet du Nord ne renverse pas la présomption d'urgence, d'autre part, que l'inscription de l'époux de sa cliente sur la liste d'attente d'une greffe rénale implique un temps long dont il ne pourra bénéficier qu'avec la délivrance du titre de séjour sollicité.
Le préfet du Nord n'étant ni présent ni représenté ;
Considérant ce qui suit :
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente () ".
2. Au cas d'espèce, en raison de l'urgence qui s'attache au règlement du présent litige, il y a lieu d'admettre Mme D A C épouse B, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin de suspension :
3. Mme D A C épouse B, ressortissante djiboutienne, née le 28 mai 1989 à Djibouti (République de Djibouti), a, par une décision de la cour nationale du droit d'asile du 7 juin 2024, été admise au bénéfice de la protection subsidiaire. Le 23 février 2024, Mme A C a sollicité la délivrance d'une carte de résident en qualité de parent d'un bénéficiaire d'une protection internationale. Par une décision réputée intervenue le 23 juin 2024, le préfet du Nord, selon Mme A C, a refusé implicitement de faire droit à sa demande. Mme A C demande au juge des référés de suspendre l'exécution de cette décision implicite de rejet.
Sur les conclusions à fin de suspension :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
En ce qui concerne la condition d'urgence :
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour.
6. Il résulte de l'instruction que, postérieurement à l'introduction de la requête, le préfet du Nord, d'une part, a délivré à Mme A C une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 15 janvier 2025 qui confère ainsi au requérant un droit au séjour et la possibilité de travailler et de bénéficier des prestations sociales, d'autre part, l'a convoqué à la préfecture du Nord le 6 novembre 2024 pour procéder à la prise de ses empreintes digitales dans le cadre de la confection d'un titre de séjour biométrique et sécurisé. En outre, aucun des documents médicaux versés aux débats ne mentionne que son époux devrait être inscrit à court terme sur la liste d'attente d'une greffe rénale. Dès lors, dans les circonstances de l'espèce, la condition de l'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne saurait être regardée comme remplie.
7. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu, sans qu'il soit besoin d'examiner si un moyen est propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée, de rejeter les conclusions aux fins de suspension et d'injonction de la requête. Il y a lieu également, par voie de conséquence, de rejeter celles présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme A C est admise à l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A C est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D A C épouse B, à Me Marion Vergnole et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet du Nord.
Fait à Lille, le 31 octobre 2024.
Le juge des référés,
signé
O. HUGUEN
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026