Le Tribunal administratif de Lille a rejeté la requête de M. D... qui demandait la communication d’un dossier médical, une enquête interne et des dommages et intérêts. Les conclusions indemnitaires ont été jugées manifestement irrecevables faute pour le requérant d’avoir formé une demande préalable auprès du centre hospitalier de Lens, comme l’exige l’article R. 421-1 du code de justice administrative. Malgré une invitation à régulariser sa requête, M. D... n’a pas apporté la preuve d’une telle démarche, entraînant le rejet de l’ensemble de la requête sur le fondement de l’article R. 222-1 du même code.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 octobre 2024, M. A... D... demande au tribunal :
1°) d’ordonner au centre hospitalier de Lens de délivrer une copie du dossier médical de Mme C... B... ;
2°) d’ordonner au centre hospitalier de Lens de lui communiquer le résultat de l’enquête interne qu’il aurait sollicitée sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard ;
3°) de condamner le centre hospitalier de Lens à lui verser la somme de 15 000 euros et à verser la même somme à son amie, Mme C... B..., en réparation des préjudices subis.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…) peuvent, par ordonnance (…) 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens (…) ».
2. Aux termes de l’article R. 421-1 du même code : « (…) Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. » Aussi, aux termes de l’article R. 612-1 du même code : « Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser. (…) La demande de régularisation mentionne que, à défaut de régularisation, les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7 ».
3. M. D..., qui présente auprès du tribunal une requête dont les conclusions tendent à la condamnation du centre hospitalier de Lens, ne justifie pas avoir formé préalablement à la saisine du tribunal la demande indemnitaire prescrite par les dispositions précitées de l’article R. 421-1 du code de justice administrative auprès de ces administrations. M. D... a donc été invité, par un courrier du 24 octobre 2024 adressé par Télérecours et dont il a accusé réception le 24 décembre 2024, à régulariser sa requête dans un délai d’un mois. Ce courrier comportait également la mention suivant laquelle à défaut de régularisation dans ce délai, sa requête sera considérée comme irrecevable et pourra être rejetée. Or, le requérant n’a pas apporté la preuve d’une demande indemnitaire préalable à l’administration dont il demande la condamnation et n’a donc pas régularisé ses conclusions dans le délai imparti. Par suite, les conclusions indemnitaires de M. D... sont manifestement irrecevables.
4. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. D... doit être rejetée en application des dispositions précitées du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. D... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... D....
Le président
Signé
Benoist Guével
La République mande et ordonne à la ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,