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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2411452

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2411452

vendredi 30 mai 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2411452
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Avocat requérantDYADE AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Lille a rejeté la requête de Mme B contestant le refus du département du Nord de lui délivrer une carte mobilité inclusion mention "stationnement". La requérante n'a pas donné suite à l'invitation du tribunal de motiver sa requête, en application de l'article R. 772-6 du code de justice administrative, malgré un délai d'un mois. En l'absence de toute pièce médicale ou argumentation propre à établir qu'elle remplit les critères de l'arrêté du 3 janvier 2017 (notamment un périmètre de marche inférieur à 200 mètres), la requête a été jugée irrecevable sur le fondement du 7° de l'article R. 222-1 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance du 1er août 2024, enregistrée le 30 octobre 2024 au greffe du tribunal, le président du pôle social du tribunal judiciaire de Lille a transmis au tribunal la requête de Mme A B.

Par cette requête, enregistrée le 26 juillet 2024 au greffe du pôle social du tribunal judiciaire de Lille, Mme B, représentée en dernier lieu par Me Parier, demande au tribunal d'annuler la décision du 21 mai 2024, prise sur recours administratif préalable obligatoire, par laquelle le président du conseil départemental du Nord a maintenu sa décision de rejet de la carte mobilité inclusion, mention " stationnement ".

Par courrier du 28 novembre 2024, envoyée par lettre recommandée, le tribunal a invité Mme B à motiver sa requête dans le délai d'un mois en lui adressant le formulaire prévu par l'article R. 772-6 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- l'arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel, prévues aux articles R. 241-12-1 et R. 241-20-1 du code de l'action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () / 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. / () ".

2. L'article R. 772-6 du même code, en ce qui concerne les contentieux sociaux, dispose enfin que : " Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation, notamment en application du 7° de l'article R. 222-1, qu'après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. S'il y a lieu, le requérant est ainsi invité à régulariser sa requête dans le délai qui lui est imparti et dont le terme peut être fixé au-delà de l'expiration du délai de recours. Il est informé qu'à défaut de régularisation les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7. "

3. L'annexe de l'arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans un déplacement individuel, pris pour l'application de l'article R. 2411-12-1 précité, prévoit que le critère relatif à la " réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied " est rempli soit lorsque la personne a un périmètre de marche limité et inférieur à 200 mètres, soit lorsqu'elle a systématiquement recours à une aide humaine, à une prothèse de membre inférieur, à une canne ou à tout autre appareillage manipulé à l'aide d'un ou des deux membres supérieurs, par exemple à un déambulateur, à un véhicule pour personnes handicapées, notamment un fauteuil roulant, soit enfin lorsqu'elle a recours, lors de tous ses déplacements extérieurs, à une oxygénothérapie.

4. Il résulte de ces dispositions que l'arrêté du 3 janvier 2017 définit, en application du IV de l'article R. 241-12-1 du code de l'action sociale et des familles, les modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel, de sorte que seule peut être regardée comme ayant droit à l'attribution de la carte " mobilité inclusion " portant la mention " stationnement pour personnes handicapées " une personne qui satisfait aux critères fixés par cet arrêté, c'est-à-dire, s'agissant du critère de réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied, qui se trouve dans l'une des trois situations qu'il prévoit.

5. Mme B conteste la décision du 21 mai 2024 par laquelle le président du conseil départemental du Nord a rejeté son recours administratif préalable obligatoire à l'encontre de la décision de refus de lui accorder une carte de mobilité inclusion, mention " stationnement ". À l'appui de sa requête, elle soutient qu'elle nécessite l'aide de son mari pour accomplir les actes de la vie courante, tels que se lever, se laver ou encore s'habiller, et qu'elle est atteinte de diabète. Toutefois, son argumentation n'est assortie d'aucune pièce médicale permettant d'apprécier sa situation au regard de la décision attaquée.

6. La requérante a été invitée, par un courrier du 28 novembre 2024, à régulariser sa requête dans un délai d'un mois, en retournant le formulaire pré-rempli lui permettant d'indiquer au tribunal l'objet de sa demande et de développer une argumentation propre à établir que la décision qu'elle entend contester méconnaît ses droits. Ce courrier comportait la mention selon laquelle la requête pourrait être rejetée comme irrecevable si la régularisation n'était pas effectuée dans le délai imparti. La requérante, qui a réceptionné ce courrier le 30 novembre 2024, n'a toutefois pas régularisé sa requête dans le délai fixé. Par conséquent, la requête de Mme B est irrecevable et doit être rejetée en application des dispositions précitées du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.

Copie pour information sera adressée au département du Nord et à la maison départementale des personnes handicapées du Nord.

Fait à Lille, le 30 mai 2025.

Le président,

signé

O. Cotte

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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