jeudi 5 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2411550 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 novembre 2024, M. A B, représenté par Me Gabriel Lassort, demande au juge des référés :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'enjoindre au préfet du Nord, en application de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de lui délivrer le récépissé de dépôt de sa demande de titre de séjour dans le délai de 48 heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 200 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie, dès lors que l'inertie du préfet du Nord le place dans une situation irrégulière au regard de son droit au séjour ;
- la mesure sollicitée est utile ;
- la mesure sollicité ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.
Par un mémoire enregistré le 28 novembre 2024, le préfet du Nord conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- il a, le 22 novembre 2024, délivré au requérant le récépissé prévu par l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, valable jusqu'au 21 février 2025, et le lui a notifié par voie postale à l'adresse domiciliaire déclarée.
.
Vu :
- les pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Huguen, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente () ".
2. En l'espèce, en raison de l'urgence qui s'attache au règlement du présent litige, il y a lieu d'admettre M. B, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
3. M. A B, ressortissant rwandais, né le 29 octobre 1981 à Kigali (République du Rwanda), a, le 30 janvier 2011, été mis en possession d'une carte de résident d'une durée de validité de dix ans en qualité de réfugié. Les 9 février 2021 et 11 décembre 2023, postérieurement à l'expiration de la durée de validité de sa carte de résident, il en a sollicité le renouvellement. Le préfet du Nord lui a délivré le récépissé prévu par l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et ultérieurement porté sa durée de validité jusqu'au 11 novembre 2024. Les conclusions de la requête de M. B doivent être regardées comme tendant à enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer le récépissé prévu par l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
4. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ".
5. Par une décision du 22 novembre 2024, intervenue postérieurement à l'introduction de la requête, le préfet du Nord a délivré à M. B un nouveau récépissé de demande de titre de séjour valable jusqu'au 21 février 2025. Dès lors, l'objet du litige ayant disparu, il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'injonction de la requête.
Sur les frais relatifs au litige :
6. M. B a saisi le juge des référés dès le lendemain de l'expiration de son récépissé de demande de titre de séjour. Le préfet du Nord, en lui délivrant un nouveau récépissé le 22 novembre 2024, a agi diligemment. Dans ces conditions, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme demandée par M. B au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
O R D O N N E :
Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'injonction de la requête de M. B.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée et au préfet du Nord.
Fait à Lille, le 5 décembre 2024.
Le juge des référés,
Signé,
O. HUGUEN
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076
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Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2531339
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Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509870
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