mercredi 4 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2411740 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 novembre 2024, la société Oasis market, représentée par la SCP Interbarreaux Alpha avocats - Bonnet et Bauduin associés, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté du préfet du Pas-de-Calais du 31 octobre 2024 ordonnant la fermeture de l'établissement qu'elle exploite à l'enseigne " Oasis market " à Lens, pour une durée de trois mois, sur le fondement des dispositions de l'article L. 332-1 du code de la sécurité intérieure ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 800 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu :
- la requête enregistrée le 19 novembre 2024 sous le n° 2411734 par laquelle la société requérante demande l'annulation de la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Terme, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer en matière de référés.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que l'exécution de la décision soit suspendue sans attendre le jugement de la requête au fond. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire, à la date à laquelle le juge des référés se prononce.
3. La société Oasis market demande au juge des référés d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté du 31 octobre 2024 par lequel le préfet du Pas-de-Calais a ordonné la fermeture de l'établissement qu'elle exploite à l'enseigne " Oasis market " à Lens, pour une durée de trois mois, sur le fondement des dispositions de l'article L. 332-1 du code de la sécurité intérieure.
4. L'arrêté contesté a été pris aux motifs d'une part, que le 11 octobre 2024, une méconnaissance de l'interdiction de vente d'alcool entre 22h00 et 8h00 a été constatée par les services de police municipale, et, d'autre part, qu'un signalement de violation de l'interdiction de vente d'alcool aux mineurs effectué par le lycée Robespierre à Lens a justifié une demande d'enquête du tribunal judiciaire de Béthune, laquelle a conduit à l'audition de trois mineurs, ainsi qu'un contrôle ayant permis de constater la présence d'une dizaine de bouteilles de vodka vides dans les toilettes de l'établissement.
5. Pour justifier de l'urgence qui s'attache, selon elle, à ce que soit ordonnée la suspension de l'exécution de la décision qu'elle conteste, la société requérante fait valoir que cet arrêté l'empêche de faire face à ses charges financières et conduira nécessairement à sa liquidation judiciaire. Toutefois, à l'appui de cette affirmation, la société requérante se borne à verser au dossier un contrat de travail, une copie de son bail commercial et des relevés bancaires remontant à juin 2024 qui ne permettent pas de la considérer comme établie l'existence d'une atteinte grave à sa situation financière en l'absence de tout document comptable. En outre, la société requérante ne conteste pas la matérialité des faits ayant motivé l'édiction de l'arrêté contesté. Compte tenu de la gravité de ces derniers, et de l'intérêt public qui s'attache, notamment en termes de santé publique, au respect de l'interdiction de vente d'alcool aux mineurs, la société requérante ne justifie pas d'une situation d'urgence.
6. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition tenant à l'existence d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté contesté, la requête de la société Oasis market doit être rejetée selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative, y compris les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la société Oasis market est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Oasis market.
Fait à Lille, le 4 décembre 2024.
Le juge des référés,
signé
D. TERME
Pour expédition conforme,
La greffière,
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