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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2411799

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2411799

samedi 14 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2411799
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantGOMMEAUX

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 20 novembre 2024, M. A B, représenté par Me Julie Gommeaux, demande au juge des référés :

1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire

2°) de modifier, en application de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, l'injonction fixée par l'article 3 de l'ordonnance n° 2406007 du 4 juillet 2024 par laquelle le juge des référés du tribunal administratif de Lille a prescrit au préfet du Pas-de-Calais de procéder à un nouvel examen de sa situation dans le délai d'un mois à compter de la notification de ladite ordonnance, en l'assortissant d'une astreinte de 200 euros par jour de retard à partir de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil, sous réserve qu'il renonce à la part contributive de l'Etat, de la somme de 1 200 euros au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- Si l'injonction de délivrer une attestation de prolongation d'instruction dans le délai de 15 jours a été exécutée près de deux mois à compter de la notification de l'ordonnance du 4 juillet 2024, celle tendant à un nouvel examen de sa situation ne l'a pas été, ce qui constitue un élément nouveau, au sens de l'article L. 521-4 du code de justice administrative.

Par un mémoire enregistré le 2 décembre 2024, le préfet du Pas-de-Calais conclut au jet de la requête.

Il fait valoir que :

- il a, le 12 septembre 2024 délivré au requérant une autorité de séjour valable jusqu'au 11 mars 2025.

Vu :

- l'ordonnance n° 2406007 du 4 juillet 2024 par laquelle le juge des référés du tribunal administratif de Lille ;

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Huguen, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 5 décembre 2024 à 9h30 en présence de M. Metallaghi, greffier d'audience :

- le rapport de M. Huguen ;

- les observations de Me Gommeaux, représentant M. B, qui a conclu aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens.

Le préfet du Nord n'étant ni présent ni représenté.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-4 du code de justice administrative :

1. Aux termes de l'article L. 521-4 du code de justice administrative : " Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d'un élément nouveau, modifier les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin ".

2. Lorsqu'une personne demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, d'assurer par de nouvelles injonctions et une astreinte l'exécution de mesures ordonnées par le juge des référés et demeurées sans effet, il appartient à cette personne de soumettre au juge des référés tout élément de nature à établir l'absence d'exécution, totale ou partielle, des mesures précédemment ordonnées et à l'administration, si la demande lui est communiquée en défense et si elle entend contester le défaut d'exécution, de produire tout élément en sens contraire, avant que le juge des référés se prononce au vu de cette instruction.

3. Par une ordonnance n° 2406007 du 4 juillet 2024, le juge des référés du tribunal administratif de Lille, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a, d'une part, prononcé la suspension de l'exécution de la décision du 15 avril 2024 par laquelle le préfet du Pas-de-Calais avait refusé de faire droit à la demande de M. B tendant à la délivrance d'un titre de séjour, d'autre part, enjoint au préfet du Pas-de-Calais de procéder à un nouvel examen de la situation de l'intéressé dans le délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans le délai de 15 jours

4. Il résulte de l'instruction que, si le préfet du Pas-de-Calais, à la date de la présente ordonnance, a délivré à M. B une autorisation provisoire de séjour, il n'a, en revanche, pas procédé dans le délai d'un mois qui lui avait été prescrit par l'article 3 de l'ordonnance du 4 juillet 2024 à un nouvel examen de la demande de M. B tendant à la délivrance d'un titre de séjour. Certes, le préfet du Pas-de-Calais a, par une lettre du 27 novembre 2024, postérieure à l'introduction de la requête en référé, informé M. B qu'il avait, en exécution de l'ordonnance du 4 juillet 2024, saisi pour avis la commission du titre de séjour et qu'il le convoquait le 16 décembre 2024 à la préfecture du Pas-de-Calais pour se présenter devant ses membres. Toutefois, nonobstant cette circonstance, il y a lieu de faire droit aux conclusions de la requête de M. B tendant à assortir l'article 3 de l'ordonnance du 4 juillet 2024 d'une astreinte de 100 euros par jour de retard qui prendra effet à l'expiration du délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance.

Sur les frais liés au litige :

13. M. B étant admis, à titre provisoire, à l'aide juridictionnelle, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Gommeaux, avocate de M. B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de sa cliente à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Gommeaux de la somme de 800 euros.

O R D O N N E :

Article 1er : M. B est admis, à titre provisoire, à l'aide juridictionnelle.

Article 2 : L'injonction de procéder à un nouvel examen de la situation de M. B prescrite par l'article 3 de l'ordonnance n° 2406007 du 4 juillet 2024 est assortie d'une astreinte de 100 (cent) euros par jour de retard à compter de l'expiration du délai d'un mois suivant la notification de la présente ordonnance.

Article 3 : L'Etat versera à Me Gommeaux, sous réserve qu'elle renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, la somme de 800 (huit cents) euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, à Me Julie Gommeaux et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet du Pas-de-Calais.

Fait à Lille, le 14 décembre 2024.

Le juge des référés,

signé

O. HUGUEN

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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