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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2412614

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2412614

lundi 4 août 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2412614
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationC

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Lille a rejeté la requête de Mme A, qui contestait une décision du président du conseil départemental du Pas-de-Calais lui accordant une remise partielle seulement de sa dette d’indu de revenu de solidarité active (RSA). La requérante n’a pas fourni les précisions nécessaires sur ses ressources, charges et situation familiale pour permettre au juge d’apprécier sa précarité et sa bonne foi, malgré une invitation à régulariser sa requête via l’application Télérecours. En application des articles R. 222-1 (7°) et R. 772-6 du code de justice administrative, la requête, insuffisamment motivée, a été rejetée par ordonnance.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 3 décembre 2024, Mme B A demande au tribunal d'annuler la décision du 15 novembre 2024 par laquelle le président du conseil départemental du Pas-de-Calais ne lui a accordé qu'une remise partielle de sa dette portant sur un indu de revenu de solidarité active et de lui accorder une remise totale de cette dette.

Par une lettre du 13 décembre 2024, adressée via à l'application Télérecours, le tribunal a invité Mme A à motiver sa requête dans le délai d'un mois en lui adressant le formulaire prévu par l'article R. 772-6 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () / 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. / () ".

2. L'article R. 772-6 du code de justice administrative, en ce qui concerne les contentieux sociaux, dispose que : " Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation, notamment en application du 7° de l'article R. 222-1, qu'après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. S'il y a lieu, le requérant est ainsi invité à régulariser sa requête dans le délai qui lui est imparti et dont le terme peut être fixé au-delà de l'expiration du délai de recours. Il est informé qu'à défaut de régularisation les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7. ".

3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant des demandes de remise gracieuse d'un indu de prime d'activité, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise.

4. Il résulte de cette définition de l'office du juge saisi d'une décision prise sur une demande de remise d'un trop-perçu en matière d'aides sociales que les vices propres de la décision sont sans incidence sur son bien-fondé et que seule la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi sont susceptibles de justifier que lui soit accordée une remise.

5. Aux termes de l'article R. 611-8-2 du code de justice administrative : " Toute juridiction peut adresser par le moyen de l'application informatique mentionnée à l'article R. 414-1, à une partie ou à un mandataire qui y est inscrit, toutes les communications et notifications prévues par le présent livre pour tout dossier. () ". Et aux termes de l'article R. 611-8-6 du même code : " () Les parties sont réputées avoir reçu la communication ou la notification à la date de première consultation du document qui leur a été adressé par voie électronique, certifiée par l'accusé de réception délivré par l'application informatique, ou, à défaut de consultation dans un délai de deux jours ouvrés à compter de la date de mise à disposition du document dans l'application, à l'issue de ce délai. Sauf demande contraire de leur part, les parties sont alertées de toute nouvelle communication ou notification par un message électronique envoyé à l'adresse choisie par elles. (). ".

6. Mme A demande au tribunal de lui accorder une remise de sa dette sans toutefois justifier ni de ses ressources, ni de ses charges, ni de sa situation familiale, éléments permettant d'apprécier sa précarité, indépendamment de la condition de bonne foi. La contestation du bien-fondé de son indu est, en outre, sans incidence sur la légalité de la décision ne lui accordant qu'une remise partielle. Son argumentation, manifestement dépourvue de précisions suffisantes pour permettre au tribunal d'évaluer sa situation et de justifier une remise totale de sa dette, elle a été invitée, par un courrier du 13 décembre 2024 adressé via l'application Télérecours, reçu par la requérante le jour même à 15 h 42, date certifiée par l'accusé de mise à disposition délivré par l'application Télérecours, à régulariser sa requête dans un délai d'un mois, . Ce courrier lui demandait notamment de retourner un formulaire pré-rempli lui permettant de présenter une argumentation propre à établir qu'elle se trouve en situation de précarité au regard de ses ressources et de ses charges. Il précisait également qu'à défaut de régularisation, sa requête pourrait être rejetée comme insuffisamment motivée. Ainsi, la requérante n'ayant pas procédé à la régularisation de sa requête dans le délai imparti, celle-ci doit être regardée comme insuffisamment motivée et rejetée en application du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.

Copie pour information sera adressée au département du Pas-de-Calais et à la caisse d'allocations familiales du Pas-de-Calais.

Fait à Lille, le 4 août 2025.

Le président,

signé

O. Cotte

La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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