jeudi 31 juillet 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2412950 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 novembre 2024, Mme A B demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 2 octobre 2024 par laquelle la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales du Nord a refusé de lui accorder une remise de sa dette portant sur un indu de prime d'activité ;
2°) d'annuler la décision du 2 octobre 2024 par laquelle la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales du Nord a refusé de lui accorder une remise de sa dette portant sur un indu d'aide exceptionnelle de solidarité ;
3°) de lui accorder une remise totale de ses dettes.
Par une lettre du 23 décembre 2024, envoyée par lettre recommandée, le tribunal a invité Mme B à motiver sa requête dans le délai d'un mois en lui adressant le formulaire prévu par l'article R. 772-6 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () / 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. / () ".
2. L'article R. 772-6 du code de justice administrative, en ce qui concerne les contentieux sociaux, dispose que : " Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation, notamment en application du 7° de l'article R. 222-1, qu'après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. S'il y a lieu, le requérant est ainsi invité à régulariser sa requête dans le délai qui lui est imparti et dont le terme peut être fixé au-delà de l'expiration du délai de recours. Il est informé qu'à défaut de régularisation les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7. ".
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant des demandes de remise gracieuse d'un indu de prime d'activité, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise.
4. Il résulte de cette définition de l'office du juge saisi d'une décision prise sur une demande de remise d'un trop-perçu en matière d'aides sociales que les vices propres de la décision sont sans incidence sur son bien-fondé et que seule la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi sont susceptibles de justifier que lui soit accordée une remise.
5. Mme B, pour obtenir une remise gracieuse de ses dettes, se prévaut d'un droit à l'erreur et de sa bonne foi, sans faire valoir qu'elle se trouve dans une situation financière justifiant l'octroi d'une telle remise. De plus, elle ne justifie ni de ses ressources ni de ses charges, éléments nécessaires pour apprécier sa précarité, indépendamment de la condition de bonne foi. Enfin, en se contentant d'indiquer qu'elle vit en couple, elle n'apporte pas davantage d'éléments sur son foyer permettant d'évaluer la situation de précarité de celui-ci au regard des ressources de son conjoint. Son argumentation n'étant manifestement pas assortie de précisions suffisantes pour permettre au tribunal d'évaluer sa situation financière et de prononcer, le cas échéant, une remise totale de ses dettes, elle a été invitée, par courrier recommandé envoyé le 23 décembre 2024, à régulariser sa requête dans un délai d'un mois. Ce courrier lui demandait notamment de retourner un formulaire pré-rempli lui permettant de présenter une argumentation propre à établir qu'elle se trouve dans une situation de précarité. Il précisait également qu'à défaut de régularisation, sa requête pourrait être rejetée comme insuffisamment motivée. Si elle a accusé réception du courrier le 3 janvier 2025, elle n'a pas procédé à la régularisation de sa requête dans le délai imparti. Par conséquent, sa requête doit être regardée comme insuffisamment motivée et rejetée en application du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.
Copie pour information sera adressé à la caisse d'allocations familiales du Nord et au département du Nord.
Fait à Lille, le 31 juillet 2025.
Le président,
signé
O. Cotte
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076
03/08/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2531339
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509870
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509781
03/08/2026