vendredi 30 mai 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2504424 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | OPYRCHAL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 9 mai 2025 et le 28 mai 2025 la société Magic drone, représentée par Me Opyrchal, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 551-1 du code de justice administrative, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 23 avril 2025 par laquelle la communauté urbaine de Dunkerque a rejeté son offre concernant procédure de consultation lancée en vue de l'attribution d'un marché portant sur la réalisation d'un spectacle de drones dans le cadre d'un évènement maritime ;
2°) d'enjoindre à la communauté urbaine de Dunkerque de reprendre la procédure au stade de l'analyse des offres, ou, à titre subsidiaire, d'annuler la procédure de passation du marché ;
3°) de mettre à la charge de la communauté urbaine de Dunkerque la somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le pouvoir adjudicateur a manqué à ses obligations en matière de publicité et de mise en concurrence en n'allotissant pas le marché en cause ;
- la décision de ne pas allotir le marché est insuffisamment motivée ;
- la candidature de la société attributaire aurait dû être écartée comme irrégulière dès lors qu'elle ne dispose pas des capacités suffisantes ;
- l'offre de la société attributaire était irrégulière ;
- son offre a été dénaturée.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 26 mai 20205 et le 28 mai 2025, la Société Psvl - diffuse, représentée par Me Lafond, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la société Magic drone une somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 28 mai 2025, la communauté urbaine de Dunkerque conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- les conclusions tendant à la suspension du marché sont irrecevables ;
- les conclusions tendant à la communication des éléments d'évaluation des offres sont irrecevables ;
- les moyens ne sont pas fondés.
Le 28 mai 2025, la société Magic drone a produit des pièces dans les conditions prévues à l'article R. 412-2-1 du code de justice administrative.
Le 28 mai 2025, la société la Psvl - diffuse a produit des pièces dans les conditions prévues à l'article R. 412-2-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la commande publique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Terme, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 28 mai 2025 à 13h45 en présence de Mme Debuissy, greffière d'audience, M. Terme a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Opyrchal, représentant la société Magic drone ;
- les observations de M. A, représentant la communauté urbaine de Dunkerque ;
- les observations de Me Lafond, substituant Me Lafond, représentant la société Psvl - diffuse.
La clôture de l'instruction a été reportée au 28 mai 2025 à 19h00 en application des dispositions de l'article R. 522-8 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 551-1 du code de justice administrative :
1. Par un avis d'appel à concurrence publié le 6 février 2025, la communauté urbaine de Dunkerque a lancé une consultation selon la procédure de l'appel d'offre ouvert en vue de l'attribution d'un marché portant sur la réalisation d'un spectacle de drones dans le cadre d'un événement maritime. Par un courrier du 23 avril 2025, la société Magic drone a été informée du rejet de son offre, classée deuxième avec une note globale de 82,50 et de l'attribution du marché à la société Psvl - diffuse, laquelle a obtenu la note de 89,49. La société Magic drone demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 551-1 du code de justice administrative, d'annuler cette décision et d'enjoindre à la communauté urbaine de Dunkerque de reprendre la procédure au stade de l'analyse des offres.
2. Aux termes de l'article L. 551-1 du code de justice administrative : " Le président du tribunal administratif, ou le magistrat qu'il délègue, peut être saisi en cas de manquement aux obligations de publicité et de mise en concurrence auxquelles est soumise la passation par les pouvoirs adjudicateurs de contrats administratifs ayant pour objet l'exécution de travaux, la livraison de fournitures ou la prestation de services, avec une contrepartie économique constituée par un prix ou un droit d'exploitation, la délégation d'un service public ou la sélection d'un actionnaire opérateur économique d'une société d'économie mixte à opération unique. () Le juge est saisi avant la conclusion du contrat ".
3. L'article L. 2113-10 du code de justice administrative dispose que : " Les marchés sont passés en lots séparés, sauf si leur objet ne permet pas l'identification de prestations distinctes. / L'acheteur détermine le nombre, la taille et l'objet des lots ". Selon l'article L. 2113-11 du même code : " L'acheteur peut décider de ne pas allotir un marché dans l'un des cas suivants : / () 2° La dévolution en lots séparés est de nature à restreindre la concurrence ou risque de rendre techniquement difficile ou financièrement plus coûteuse l'exécution des prestations ; / () Lorsqu'un acheteur décide de ne pas allotir le marché, il motive son choix en énonçant les considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de sa décision ".
4. Saisi d'un moyen tiré de l'irrégularité de la décision de ne pas allotir un marché, il appartient au juge du référé précontractuel de déterminer si l'analyse à laquelle le pouvoir adjudicateur a procédé et les justifications qu'il fournit sont, eu égard à la marge d'appréciation dont il dispose pour décider de ne pas allotir lorsque la dévolution en lots séparés présente l'un des inconvénients que les dispositions précitées mentionnent, entachées d'appréciations erronées.
5. Il ressort du cahier des clauses techniques particulières du marché que les prestations attendues des candidats consistaient en la fourniture d'un minimum de cinq cents drones lumineux et équipés de systèmes pyrotechniques, la création d'un spectacle synchronisé, de treize minutes minimum incluant une bande-son exclusive mettant en valeur le thème de la mer et des grands voiliers, une narration enregistrée par des comédiens professionnels dans le cas d'une scénographie l'imposant, une chorégraphie visuelle adaptée au thème des Voiles de Légendes, la réalisation de photographies et vidéos haute définition du spectacle d'au moins un plan fixe et la mise en place d'une sonorisation complète adaptée au site. D'une part, si la société Magic drone soutient qu'au sein de ces prestations, celles de conception et de réalisation peuvent être distinguées, il résulte de l'instruction que chacune de ces deux activités suppose une connaissance aigue des spécifications techniques des drones mis en œuvre, notamment en ce qui concerne les systèmes pyrotechniques qu'ils embarquent, dont l'absence serait de nature à rendre l'exécution du marché plus difficile et pourrait en outre engendrer des risques pour la sécurité du public. Par suite, eu égard à la marge d'appréciation dont elle disposait, la communauté urbaine de Dunkerque n'a pas entaché sa décision d'erreur d'appréciation en n'allotissant pas le marché en cause. D'autre part, la décision de ne pas allotir le marché est suffisamment motivée.
6. Si la société requérante soutient que la candidature de la société Psvl - diffuse aurait dû être écartée dès lors qu'elle ne dispose que d'une flotte de deux cents drones alors que les prestations attendues nécessitaient un minimum de cinq cents, le règlement de la consultation n'imposait, au titre des capacité requises des candidats, que la présentation de références permettant de justifier que le candidat disposait des " compétences " pour réaliser les prestations demandées, et non la détention d'un nombre minimal de drones. Au demeurant, il résulte de l'instruction que la société Psvl - diffuse a déclaré disposer, pour l'exécution du marché, d'un nombre de drones largement supérieur au minimum requis par les spécifications du cahier des clauses techniques particulières du marché, et l'affirmation de la société requérante selon laquelle cette déclaration serait erronée n'est assortie d'aucun commencement de preuve, pas plus, au demeurant, que celle selon laquelle la flotte de la société attributaire s'élèverait à deux cents drones. Par ailleurs, si la société requérante fait valoir que la société Psvl - diffuse ne dispose d'aucune référence similaire aux prestations attendues dans le cadre du marché en cause, cette affirmation n'est pas davantage étayée, alors qu'a, en revanche été soumise au débat contradictoire, une liste de neuf prestations similaires effectuées par la société Psvl - diffuse depuis 2023 dont l'exactitude n'est pas contestée. Le moyen tiré de ce que la communauté urbaine de Dunkerque aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en n'écartant pas la candidature de la société Psvl - diffuse au motif qu'elle ne disposait pas des capacités suffisantes ne peut, par suite, qu'être écarté.
7. Aux termes de l'article L. 2152-1 du code de la commande publique : " L'acheteur écarte les offres irrégulières, inacceptables ou inappropriées ". Selon l'article L. 2152-2 du même code : " Une offre irrégulière est une offre qui ne respecte pas les exigences formulées dans les documents de la consultation, en particulier parce qu'elle est incomplète, ou qui méconnaît la législation applicable notamment en matière sociale et environnementale ".
8. Ainsi qu'il a été dit au point 6, la société requérante ne conteste pas utilement les pièces versées au dossier dont il ressort que la société Psvl- diffuse dispose, pour l'exécution du marché, d'un nombre de drones excédant largement le minimum requis par les spécifications du cahier des clauses techniques particulières. Le moyen tiré de ce que l'offre de cette dernière aurait dû être écartée comme irrégulière ne peut, par suite, qu'être écarté.
9. En se bornant à soutenir que la communication d'un extrait du rapport d'analyse des offres ne lui permet pas de s'assurer que son offre n'a pas été dénaturée, la société requérante n'assortit pas son moyen des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. Il ne peut, par suite, qu'être écarté.
10. Aux termes de l'article R. 2181-1 du même code : " L'acheteur notifie sans délai à chaque candidat ou soumissionnaire concerné sa décision de rejeter sa candidature ou son offre ". En vertu de l'article R. 2181-3 de ce code, cette notification " mentionne les motifs du rejet de la candidature ou de l'offre. / Lorsque la notification de rejet intervient après l'attribution du marché, l'acheteur communique en outre : / 1° Le nom de l'attributaire ainsi que les motifs qui ont conduit au choix de son offre ; / 2° La date à compter de laquelle il est susceptible de signer le marché dans le respect des dispositions de l'article R. 2182-1 ".
11. Le courrier de la communauté urbaine de Dunkerque du 23 avril 2025 indiquait à la société requérante le classement de son offre, les notes qui lui avaient été attribuées sur chacun des critères, le nom de l'attributaire, le prix proposé par ce dernier et les notes qu'il avait obtenues. Ces informations ont été complétées en cours d'instance par la communication d'un extrait du rapport d'analyse des offres comportant les appréciations littérales portées sur chacune des deux offres au titre de chaque critère. Le moyen tiré de ce que la communauté urbaine de Dunkerque aurait manqué à ses obligations de publicité et de mise en concurrence en s'abstenant de communiquer à la société Magic drone les caractéristiques et avantages de l'offre de retenue doit donc être écarté.
12. Il résulte de ce qui précède que la requête de la société Magic drone doit être rejetée.
Sur les frais liés au litige :
13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la communauté urbaine de Dunkerque, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que demande la société Magic drone sur leur fondement. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société Magic drone une somme de 2 000 euros au bénéfice de la société Psvl - diffuse au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de la société Magic drone est rejetée.
Article 2 : La société Magic drone versera à la société Psvl - diffuse une somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Magic drone, à la communauté urbaine de Dunkerque et à la société Psvl - diffuse.
Fait à Lille, le 30 mai 2025.
Le juge des référés,
signé
D. Terme
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026