LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2504844

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2504844

lundi 2 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2504844
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Avocat requérantSCP BIGNON LEBRAY & ASSOCIES

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lille rejette la demande de provision formée par la société Émile Fournier et fils contre la région Hauts-de-France. Le juge des référés estime que l'existence de la créance est sérieusement contestable, car la société n'a pas respecté les conditions d'éligibilité des dépenses, notamment l'obligation de produire une convention tripartite pour un contrat de crédit-bail. La décision de déchéance et de remboursement prise par la région est ainsi fondée sur le non-respect des règles fixées par le décret et l'arrêté du 8 mars 2016 relatifs aux fonds européens.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 22 mai 2025, la société Émile Fournier et fils, représentée par la Selas Bignon Lebray, demande au juge des référés, en application de l’article R. 541-1 du code de justice administrative :

1°) de condamner la région Hauts-de-France à lui verser, à titre de provision, une somme de 53 929,79 euros assortie des intérêts au taux légal capitalisés ;

2°) de mettre à la charge de la région des Hauts-de-France une somme de 5 000 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


Par un mémoire en défense, enregistré le 17 juillet 2025, la région Hauts-de-France conclut au rejet de la requête.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code des relations entre le public et l’administration ;
- le décret n° 2016-279 du 8 mars 2016 fixant les règles nationales d'éligibilité des dépenses dans le cadre des programmes soutenus par les fonds structurels et d'investissement européens pour la période 2014-2020 ;
- l’arrêté du 8 mars 2016 pris en application du décret n° 2016-279 du 8 mars 2016 fixant les règles nationales d'éligibilité des dépenses des programmes européens pour la période 2014-2020 ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Terme pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article R. 541-1 du code de justice administrative : « Le juge des référés peut, même en l’absence d’une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l’a saisi lorsque l’existence de l’obligation n’est pas sérieusement contestable. Il peut, même d’office, subordonner le versement de la provision à la constitution d’une garantie ».

2. Par une délibération du 19 octobre 2017, la commission permanente du conseil régional des Hauts-de-France a décidé l’attribution à la société Émile Fournier et fils d’une subvention en vue de la réalisation de travaux de modernisation de sa chaîne de production, comportant une contribution de la région de 35 316,91 euros et une contribution du Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche (FEAMP) de 105 950,75 euros, pour un montant de dépenses éligibles de 282 535,31 euros. Une convention relative à l’attribution de ces aides a été conclue par la région et la société requérante le 24 octobre 2017. La période de réalisation des opérations prévues par cette convention, initialement fixée du 21 juin 2016 au 20 janvier 2017, a ensuite été prolongée par deux avenants du 18 juillet 2018 et du 11 janvier 2019, respectivement jusqu’au 30 avril 2017 et jusqu’au 15 mai 2022. Ces avenants ayant été déclarés tardifs par la commission interministérielle de coordination des contrôles, le président du conseil régional des Hauts-de-France a déchu la société requérante de ses droits à subvention par une décision du 20 septembre 2024, prévoyant le remboursement de sommes indûment perçues à hauteur de 75 329,72 euros, comprenant 56 497,28 euros d’aide versée par le FEAMP et 18 832,43 euros de contrepartie régionale. La société Émile Fournier et fils demande au juge des référés, en application de l’article R. 541‑1 du code de justice administrative, de condamner la région Hauts-de-France à lui verser une somme de 53 929,79 euros, correspondant au montant de l’aide publique prévue (141 267,66 euros) minoré des sommes déjà perçues (87 337,87 euros), à titre de provision sur le versement du reliquat d’aide auquel elle estime avoir droit.

3. Aux termes de l’article L. 242-2 du code des relations entre le public et l’administration : « Par dérogation à l'article L. 242-1, l'administration peut, sans condition de délai : / (…) 2° Retirer une décision attribuant une subvention lorsque les conditions mises à son octroi n'ont pas été respectées ».

4. L’article 5 du décret du 8 mars 2016 fixant les règles nationales d'éligibilité des dépenses dans le cadre des programmes soutenus par les fonds structurels et d'investissement européens pour la période 2014‑2020 dispose que : « Les dépenses sont éligibles si : / (…) 3° Elles respectent les règles particulières d’éligibilité fixées, pour certaines catégories de dépenses, par l'arrêté précité ainsi que la réglementation nationale en matière d'aides publiques ; / 4° Elles sont justifiées, selon les modalités définies par l'arrêté précité (…) ». L’annexe de l’arrêté du 8 mars 2016 pris en application du décret n° 2016‑279 du 8 mars 2016 fixant les règles nationales d'éligibilité des dépenses des programmes européens pour la période 2014‑2020 prévoit que : « (…) Les dépenses engagées dans le cadre d'opérations de crédit‑bail sont éligibles dans les conditions suivantes : / 1° Une convention tripartite entre l'autorité de gestion, le bailleur et le preneur est établie pour déterminer les missions et les responsabilités de chaque partie ; / 2° Une copie du contrat de bail tenant compte de l'aide est fournie à l'autorité de gestion (…) ».

5. D’une part, en vue de financer une partie de ses investissements, la société requérante a conclu le 13 décembre 2016 un contrat de crédit‑bail mobilier portant sur la location d’une encaisseuse automatique, d’une operculeuse et d’une étiqueteuse, pour un montant total de 258 519 euros hors taxes. Il n’est pas contesté que la société requérante n’a pas produit de convention tripartite entre l’autorité de gestion, le bailleur et le preneur, ainsi que l’imposent les dispositions de l’arrêté du 8 mars 2016 précitées. Ces dépenses ne pouvaient, par suite, être éligibles aux aides publiques prévues par la convention du 24 octobre 2017, quand bien même elles figuraient dans la demande de paiement déposée le 1er juin 2018, soit dans le délai initial prévu par la convention du 24 octobre 2017, laquelle portait sur une somme totale de 278 035,31 euros. Il en résulte que, sur cette demande, seul un montant de 78 820,31 euros était éligible.

6. D’autre part, il résulte des stipulations de l’article 5.2 de la convention du 24 octobre 2017 que le versement des aides qu’elle prévoit est conditionné notamment à la vérification par le service instructeur de sa conformité avec cette convention. La circonstance que cette convention prévoit également que le paiement se fait en un seul versement ne saurait donc avoir pour effet de faire naître un droit au versement des subventions en cause, quand bien même il aurait été demandé dans les délais prévus par cette convention, ni de faire obstacle, le cas échéant, à la récupération des sommes indûment perçues.

7. Enfin, l’article 7 de la convention du 24 octobre 2017 prévoit que : « Toute modification matérielle, financière ou de durée de l’opération doit être notifiée par le bénéficiaire au service instructeur dans les meilleurs délais et en tout état de cause avant la fin de l’opération prévue à l’article 2 (…) ».

8. Il résulte de l’instruction que la société requérante n’a demandé pour la première fois la prolongation de la durée de l’opération par un courrier du 7 mai 2018, alors que sa date de fin était fixée par la convention initiale au 20 janvier 2017, soit plus d’un an après cette date, puis, une fois l’expiration de la période de réalisation reportée au 30 avril 2017 par l’avenant du 18 juillet 2018, par un courrier du 19 septembre 2018, soit plus de deux ans après la nouvelle date de fin des opérations, cette demande ayant donné lieu à un nouvel avenant portant la date de fin des opérations au 15 mai 2022. La tardiveté de ces demandes a notamment conduit à l’exclusion de factures d’un montant de 150 659,44 euros.

9. Par suite, à supposer même que la région Hauts-de-France ne se soit pas trouvée, en sa qualité d’organisme intermédiaire de l’autorité de gestion du FEAMP pour la période 2014‑2020, en situation de compétence liée à la suite du constat des irrégularités mentionnées aux points 5 et 8 par la commission interministérielle de coordination des contrôles, devenue autorité nationale d'audit pour les fonds européens, dès lors que celles‑ci pouvaient légalement fonder la décision du 20 septembre 2024 par laquelle le président du conseil régional des Hauts-de-France a déchu la société requérante de ses droits à subvention sans délai en vertu des dispositions précitées de l’article L. 242-2 du code des relations entre le public et l’administration précitées, et que la société requérante ne démontre pas que les dépenses effectivement engagées durant la période d’opération expirant le 20 janvier 2017 justifiaient le versement du montant de l’aide dont elle sollicite le versement, la créance dont elle se prévaut ne présente pas de caractère non sérieusement contestable au sens de l’article R. 541‑1 du code de justice administrative.

9. Il résulte de ce qui précède que la requête de la société Émile Fournier et fils doit être rejetée.





O R D O N N E :

Article 1er : La requête de la société Emile Fournier et fils est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Emile Fournier et fils et à la région Hauts-de-France.


Fait à Lille, le 2 février 2026.


Le juge des référés,


Signé


D. Terme


La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,
Le greffier,



Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions