Le Tribunal administratif de Lille a rejeté comme manifestement irrecevable la requête de M. B... contestant un avis avant poursuite émis par le comptable public pour le recouvrement d’une créance du lycée Jean Moulin de Roubaix relative aux charges de son logement de fonction. Le juge a relevé que la requête ne contenait aucune conclusion tendant à l’annulation d’une décision ou à la condamnation de l’administration au paiement d’une somme d’argent, en méconnaissance des articles R. 411-1 et R. 421-1 du code de justice administrative. En application du 4° de l’article R. 222-1 du même code, cette irrecevabilité manifeste a conduit au rejet sans invitation à régulariser.
Texte intégral
Le président de la 3ème chambreVu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 septembre 2025, M. A... B... conteste l’avis avant poursuite émis par le comptable public le 28 août 2025 pour le recouvrement d’une créance d’un montant de 1 309,17 euros détenue par le lycée Jean Moulin de Roubaix, et demande au tribunal la « révision de cette régularisation » relatives aux charges du logement de fonction qu’il occupe.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : /(…)/ 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; /(…)/ ».
2. Aux termes de l’article R. 411-1 du code de justice administrative : « La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l’exposé des faits et moyens, ainsi que l’énoncé des conclusions soumises au juge. ». Aux termes de l’article R. 421-1 de ce code : « La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d’une somme d’argent, elle n’est recevable qu’après l’intervention de la décision prise par l’administration sur une demande préalablement formée devant elle (…). ».
3. Il résulte des dispositions citées au point précédent que le juge administratif ne peut être saisi que de requêtes à fin d’annulation d’une décision administrative ou à fin de condamnation de l’administration au paiement d’une indemnité. Par ailleurs, en dehors des hypothèses prévues par les articles L. 911-1 à L. 911-4 du code de justice administrative dont ne relève pas la présente requête, il n’appartient au juge administratif ni d’adresser des injonctions à l’administration ni de faire lui-même œuvre d’administrateur en se substituant à celle-ci.
4. La requête de M. B..., qui sollicite la révision de charges afférentes au logement qu’il occupe ayant fait l’objet d’un avis avant poursuites émis à son encontre par le lycée Jean Moulin de Roubaix, ne comporte aucune conclusion tendant à l’annulation d’une décision ou à la condamnation d’une personne publique au versement d’une somme d’argent. Par suite, sa requête qui ne satisfait pas aux exigences de l’article R. 411-1 du code de justice administrative peut être rejetée comme manifestement irrecevable en application des dispositions du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....
Fait à Lille, le 27 novembre 2025.
Le président de la 3ème chambre
Signé
B. Baillard
La République mande et ordonne au ministre de l’éducation nationale en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,