Le Tribunal Administratif de Lille a rejeté la requête de M. B... contestant une amende administrative pour fraude au revenu de solidarité active (RSA). La requête a été jugée manifestement irrecevable car, malgré une demande de régularisation, elle ne contenait ni exposé des moyens ni argumentation, en méconnaissance des articles R. 222-1 et R. 772-6 du code de justice administrative. La solution retenue est le rejet de la requête par ordonnance, sur le fondement des 4° et 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 septembre 2025, M. A... B... doit être regardé comme demandant au tribunal d’annuler la décision du 20 mai 2025 par laquelle le président du conseil départemental du Nord a décidé de lui infliger une amende administrative en raison d’une fraude à l’allocation du revenu de solidarité active.
Une demande de régularisation a été adressée, le 24 septembre 2025, à M. B... lui demandant, dans un délai de quinze jours, d’expliciter sa requête au moyen du formulaire prévu par l’article R. 772-6 du code de justice administrative. M. B... a répondu à cette demande le 30 septembre 2025.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : /(…)/ 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; /(…)/ 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. /(…)/ ». Aux termes de l’article R. 411-1 de ce code : « La juridiction est saisie par requête. La requête (…) contient l'exposé des faits et moyens (…). / L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours. ».
Par ailleurs, aux termes de l’article R. 772-6 du code de justice administrative applicable aux contentieux sociaux, dont relève la présente requête : « Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation, notamment en application du 7° de l'article R. 222-1, qu'après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. S'il y a lieu, le requérant est ainsi invité à régulariser sa requête dans le délai qui lui est imparti et dont le terme peut être fixé au-delà de l'expiration du délai de recours. Il est informé qu'à défaut de régularisation les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. (…) ».
En l’espèce, M. B... doit être regardé comme demandant au tribunal d’annuler la décision du 20 mai 2025 par laquelle le président du conseil départemental du Nord a décidé de lui infliger une amende administrative en raison d’une fraude à l’allocation du revenu de solidarité active. La requête de M. B... ne comportant notamment l’exposé ni de moyen, ni conclusion, le requérant a été invité, par un courrier du 24 septembre 2025, à régulariser sa requête dans un délai de quinze jours en retournant, un formulaire pré-rempli lui permettant d’indiquer au tribunal l’objet de sa demande et de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision qu’il entend attaquer méconnaît ses droits. Ce courrier comportait également la mention suivant laquelle sa requête serait rejetée à défaut de régularisation. Si M. B... a retourné au tribunal le formulaire partiellement complété le 30 septembre 2025, celui-ci ne s’est toujours prévalu ni d’un moyen, ni même d’une argumentation. Par suite, la requête de M. B... peut être rejetée en application du 4° et du 7° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....
Fait à Lille, le 7 janvier 2026.
Le président de la 3ème chambre
Signé
B. Baillard
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,