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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2512396

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2512396

vendredi 27 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2512396
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Avocat requérantAARPI CABINET LYSIANE ET GERALD VAIRON

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Lille, statuant par ordonnance, a rejeté la requête de M. B... dirigée contre la commune d'Annay pour harcèlement moral et manquement aux obligations de santé au travail. La juridiction a constaté une irrecevabilité manifeste car le requérant, représenté par un avocat, n'a pas régularisé sa requête après une mise en demeure, ayant initialement transmis ses pièces jointes en un seul fichier unique non conforme. Cette décision s'appuie sur les articles R. 414-5 et R. 222-1 du code de justice administrative relatifs aux modalités de transmission électronique des pièces et au rejet des requêtes manifestement irrecevables.

Texte intégral

Par une requête, enregistrée le 18 décembre 2025, M. A... B..., représenté par Me Gérald Vairon, demande au tribunal :

1°) de condamner la commune d’Annay à lui verser la somme de 25 000 euros de dommages et intérêts au titre du harcèlement moral dont il a été victime et la somme de 20 000 euros au titre de la violation des obligations de l’employeur en matière de santé au travail ;

2°) de mettre à la charge de la commune d’Annay la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


Un courrier invitant M. B... à régulariser sa requête dans le délai de quinze jours en transmettant au tribunal, en application de l’article R. 414-5 du code de justice administrative, chacune des pièces jointes à l’appui de sa requête par fichiers distincts, a été envoyé à son conseil le 22 décembre 2025. Il a été informé qu’à défaut de régularisation dans le délai imparti, sa requête sera considérée comme manifestement irrecevable et pourra être rejetée par ordonnance dès l’expiration de ce délai.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…) et les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (…) 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque (…) elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ».
Aux termes de l’article R. 412-2 du même code : « Lorsque les parties joignent des pièces à l’appui de leurs requêtes et mémoires, elles en établissent simultanément un inventaire détaillé (…). L’inventaire détaillé présente, de manière exhaustive, les pièces par un intitulé comprenant, pour chacune d’elles, un numéro dans un ordre continu et croissant ainsi qu’un libellé suffisamment explicite. ». Aux termes de l’article R. 414-5 du même code : « Par dérogation aux dispositions des articles (…) R. 412-2 (…), le requérant est dispensé de produire des copies de sa requête, de ses mémoires complémentaires et des pièces qui y sont jointes. Il est également dispensé de transmettre l’inventaire détaillé des pièces lorsqu’il utilise le téléservice mentionné à l’article R. 414-2 ou recourt à la génération automatique de l’inventaire permise par l’application mentionnée à l’article R. 414-1. Le requérant transmet chaque pièce par un fichier distinct, à peine d’irrecevabilité de sa requête ». Enfin, aux termes de l’article R. 431-1 du même code : « Lorsqu'une partie est représentée devant le tribunal administratif par un des mandataires mentionnés à l'article R. 431-2, les actes de procédure, à l'exception de la notification de la décision prévue aux articles R. 751-3 et suivants, ne sont accomplis qu'à l'égard de ce mandataire. ».
Il résulte des dispositions précitées qui organisent la transmission par voie électronique des pièces jointes à la requête, que chacune d’entre elles doit être transmise par un fichier distinct. En cas de méconnaissance de cette règle, la requête est irrecevable si le requérant n’a pas donné suite à l’invitation à régulariser que la juridiction doit, en ce cas, lui adresser par un document indiquant précisément les modalités de régularisation de la requête.
En l’espèce, M. B... a joint à sa requête, transmise par son conseil au tribunal au moyen de l’application électronique « Télérecours », un fichier unique comportant diverses pièces. Si le conseil du requérant a apposé sur la partie supérieure de la première page de chacune des pièces jointes une marque de la forme "pièce 1", "pièce 2", cette seule apposition sur les documents ne génère pas la création dans le fichier de marque-pages électroniques permettant d'accéder directement à chacune des pièces. Ainsi le fichier transmis ne peut être regardé comme comportant des signets informatiques et ne respecte pas, de ce fait, les obligations précitées définies au point 2. En dépit de la demande de régularisation, adressée par le tribunal à son avocat au moyen de l’application « Télérecours » le 22 décembre 2025 mis à sa disposition le 23 décembre 2025 à 12h07, cette demande étant réputée lui avoir été notifiée deux jours plus tard en application des dispositions de l’article R. 611-8-6 du code de justice administrative, M. B... n’a pas, à l’expiration du délai de quinze jours qui lui était imparti, régularisé sa requête. Dès lors, cette requête est entachée d’une irrecevabilité manifeste et ne peut qu’être rejetée.



O R D O N N E :



Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.







Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....


Fait à Lille, le 27 février 2026.


La présidente de la 8ème chambre,




Signé


S. Stefanczyk


La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,
Le greffier,

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