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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2600794

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2600794

lundi 16 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2600794
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantSELARL D4 AVOCATS ASSOCIES

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lille a rejeté la demande de suspension en référé du retrait d'agrément d'un assistant familial. Le juge a estimé que le requérant n'apportait pas la preuve d'une situation d'urgence financière justifiant la suspension, et que les moyens soulevés (notamment sur la motivation et la procédure) ne créaient pas un doute sérieux sur la légalité de la décision. La décision s'appuie sur les conditions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative et les règles d'agrément du code de l'action sociale et des familles.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 24 janvier 2026, M. B... A..., représenté par Me Cacciapaglia, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l’exécution de la décision du 25 novembre 2025 par laquelle le président du conseil départemental du Pas-de-Calais a retiré son agrément en tant qu’assistant familial ;

2°) d’enjoindre au département du Pas-de-Calais de rétablir son agrément dans le délai de quinze jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge du département du Pas-de-Calais une somme de 1 500 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


Il soutient que :
- sa requête est recevable ;

Sur l’urgence :
- elle est constituée, dès lors que la décision attaquée a pour effet de le priver de la possibilité d’exercer sa profession, ce qui le place dans une situation de précarité financière, compte-tenu de ses charges fixes ;

Sur l’existence d’un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- elle est entachée d’incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d’un vice de procédure, son dossier administratif ne lui ayant pas été communiqué en entier ;
- elle est entachée d’un vice de procédure, les représentants élus des assistants maternels et familiaux n’ayant pas été suffisamment informés, en méconnaissance des dispositions de l’article R. 421-23 du code de l'action sociale et des familles ;
- elle est entachée d’un vice de procédure, les droits de la défense ayant été méconnus ;
- elle est entachée d’une erreur d’appréciation au regard des dispositions des articles L. 421-3 et L. 421-6 du code de l'action sociale et des familles.


Par un mémoire en défense, enregistré le 6 février 2026, le département du Pas-de-Calais, représenté par Me Burel, conclut au rejet de la requête et à ce qu’une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. A... au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- la condition d’urgence n’est pas remplie ;
- les moyens soulevés par M. A... ne sont pas fondés.


Vu :
- la requête par laquelle le requérant demande l’annulation de la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Even, premier conseiller pour statuer sur les demandes de référé.

Après avoir convoqué les parties à une audience publique ;

Ont été entendus au cours de l’audience publique du 10 février 2026 à 10h :

- les observations de Me Chikouche, représentant M. A... ;

- les observations de Me Fournier, représentant le département du Pas-de-Calais ;

à l’issue de laquelle le juge des référés a prononcé la clôture de l’instruction ;


Considérant ce qui suit :


Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. Lorsque la suspension est prononcée, il est statué sur la requête en annulation ou en réformation de la décision dans les meilleurs délais. La suspension prend fin au plus tard lorsqu’il est statué sur la requête en annulation ou en réformation de la décision. ».



Aux termes de l’article L. 421-3 du code de l'action sociale et des familles : « L'agrément nécessaire pour exercer la profession d'assistant maternel ou d'assistant familial est délivré par le président du conseil départemental du département où le demandeur réside. / (…) L'agrément est accordé à ces deux professions si les conditions d'accueil garantissent la sécurité, la santé et l'épanouissement des mineurs et majeurs de moins de vingt et un ans accueillis, en tenant compte des aptitudes éducatives de la personne (…) ». Aux termes de l’article L. 421-6 de ce même code : « (…) / Si les conditions de l'agrément cessent d'être remplies, le président du conseil départemental peut, après avis d'une commission consultative paritaire départementale, modifier le contenu de l'agrément ou procéder à son retrait. En cas d'urgence, le président du conseil départemental peut suspendre l'agrément. Tant que l'agrément reste suspendu, aucun enfant ne peut être confié. / Toute décision de retrait de l'agrément, de suspension de l'agrément ou de modification de son contenu doit être dûment motivée et transmise sans délai aux intéressés. (…) ». Enfin, aux termes de R. 421-23 de ce même code : « Lorsque le président du conseil départemental envisage de retirer un agrément, d'y apporter une restriction ou de ne pas le renouveler, il saisit pour avis la commission consultative paritaire départementale mentionnée à l'article R. 421-27 en lui indiquant les motifs de la décision envisagée. / L'assistant maternel ou l'assistant familial concerné est informé, quinze jours au moins avant la date de la réunion de la commission, par lettre recommandée avec demande d'avis de réception, des motifs de la décision envisagée à son encontre, de la possibilité de consulter son dossier administratif et de présenter devant la commission ses observations écrites ou orales. La liste des représentants élus des assistants maternels et des assistants familiaux à la commission lui est communiquée dans les mêmes délais. L'intéressé peut se faire assister ou représenter par une personne de son choix. / Les représentants élus des assistants maternels et des assistants familiaux à la commission sont informés, quinze jours au moins avant la date de la réunion de la commission, des dossiers qui y seront examinés et des coordonnées complètes des assistants maternels et des assistants familiaux dont le président du conseil départemental envisage de retirer, restreindre ou ne pas renouveler l'agrément. Sauf opposition de ces personnes, ils ont accès à leur dossier administratif. (…) ».

En l’état de l’instruction, aucun des moyens de la requête ne paraît propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée.

Il résulte de ce qui précède que, sans qu’il soit besoin de se prononcer sur la condition tenant à l’urgence, la requête de M. A... doit être rejetée en toute ses conclusions.











O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.



Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A... et au département du Pas-de-Calais.

Fait à Lille, le 16 février 2026.


Le juge des référés,



P. EVEN

La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,
La greffière,

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