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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2600896

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2600896

mercredi 28 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2600896
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Lille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... contestant le refus de France Travail de lui accorder une aide individuelle à la formation en peinture-dessin. Le juge a constaté que le requérant n’avait invoqué aucun fondement juridique précis et ne justifiait pas d’une situation d’urgence suffisamment grave et immédiate. En outre, il n’avait pas accompagné sa demande d’une requête en annulation, comme l’exige l’article L. 521-1 du code de justice administrative pour une demande de suspension. La requête a donc été rejetée comme irrecevable et mal fondée, en application de l’article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 27 janvier 2026, M. A... B... saisit le juge des référés d’une plainte contre le refus de France Travail de lui accorder l’aide individuelle à la formation pour suivre une formation en peinture-dessin.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Legrand, vice-présidente, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer en matière de référés.


Considérant ce qui suit :


1. M. A... B..., qui est titulaire de la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé et bénéficie de l’obligation d’emploi de travailleurs handicapés, a sollicité l’opérateur France Travail en vue de l’obtention d’une aide individuelle à la formation pour suivre une formation en peinture-dessin. Par une décision non datée, France Travail lui a opposé une décision de refus, confirmée après recours à la médiation régionale. Par la présente requête, M. B... saisit le juge des référés d’une plainte contre ce refus.

2. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (…) ». Aux termes de l’article R. 522-1 du même code : « La requête visant au prononcé de mesures d’urgence doit (...) justifier de l’urgence de l’affaire. / A peine d’irrecevabilité, les conclusions tendant à la suspension d’une décision administrative ou de certains de ses effets doivent être présentées par requête distincte de la requête à fin d’annulation ou de réformation et accompagnées d’une copie de cette dernière ». Ces dispositions subordonnent la recevabilité d’une requête à fin de suspension à ce que soit jointe à la requête la copie de la requête en annulation.

3. Aux termes de l’article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d’une demande en ce sens justifiée par l’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d’un service public aurait porté, dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. / Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ». Il résulte des dispositions précitées de l’article L. 521‑2 du code de justice administrative que lorsqu’un requérant fonde son action sur la procédure particulière instituée à cet article, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d’urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par cet article soient remplies, qu’une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale soit prise dans les quarante‑huit heures.

4. Aux termes de l’article L. 521-3 du même code : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative ». Le juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 précité, peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures, autres que celles régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du code de justice administrative, notamment sous forme d’injonctions adressées à l’administration, à condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.

5. En vertu de l’article L. 522‑3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.

6. La requête de M. B... ne vise aucun fondement juridique. A supposer que l’intéressé doive être regardé comme agissant sur le fondement d’un des trois référés d’urgence institués par le code de justice administrative dans sa partie législative au livre V et au titre II, il ne justifie pas que la situation préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à ses intérêts.

7. Au surplus, à supposer qu’il doive être regardé comme agissant au titre de l'article L.521-1 du code de justice administrative, il ne justifie pas avoir accompagné sa requête d’une requête en annulation de la décision qu’il attaque. A supposer qu’il ait entendu agir au titre de l'article L.521-2 du code de justice administrative, il ne justifie pas qu’une urgence particulière rende nécessaire l’intervention d’une mesure de sauvegarde dans les quarante-huit heures. Enfin, à supposer qu’il ait entendu saisir le juge des référés au titre de l'article L.521-3 du code de justice administrative, sa demande fait obstacle à l’exécution d’une décision administrative de refus.
8. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B... doit être rejetée selon la procédure prévue à l’article L. 522-3 du code de justice administrative.


O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....

Copie en sera adressée à France Travail.


Fait à Lille, le 28 janvier 2026.

La juge des référés,

Signé,

I. Legrand

Pour expédition conforme,
La greffière,







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