Le Tribunal administratif de Lille, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... pour incompétence territoriale. Le litige, qui concerne le refus de délivrance d'un récépissé de titre de séjour, relève du tribunal administratif du lieu de résidence de l'intéressée. La juridiction constate que Mme B... résidant en Haute-Savoie, le tribunal administratif de Grenoble est seul compétent pour connaître de cette affaire en application des articles R. 312-8 et R. 221-3 du code de justice administrative.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 février 2026, Mme B... demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d’enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer un récépissé de titre de séjour « vie privée familiale » ;
2°) de condamner l’Etat aux frais d’instance au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Even, premier conseiller, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer en matière de référés.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article L. 511-1 du code de justice administrative : « Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. ». Aux termes de l’article L. 521-3 du même code : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative. ». Saisi sur le fondement de ces dispositions d’une demande qui n’est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l’urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l’administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En vertu de l’article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.
2. Aux termes de l’article R. 312-8 du code de justice administrative : « les litiges relatifs aux décisions individuelles prises à l'encontre de personnes par les autorités administratives dans l'exercice de leurs pouvoirs de police relèvent de la compétence du tribunal administratif du lieu de résidence des personnes faisant l'objet des décisions attaquées à la date desdites décisions. (…) ». Aux termes de l’article R. 221-3 du même code : « le siège et le ressort des tribunaux administratifs sont fixés comme suit : / (…) Grenoble : (…) Haute-Savoie (…) ».
3. Il résulte des dispositions rappelées au point précédent que la requête de Mme B..., qui concerne une mesure de police administrative, et qui indique résider à Archamps (Haute-Savoie), relève de la compétence du tribunal administratif de Grenoble.
4. Il y a donc lieu de rejeter la requête de Mme. B... pour incompétence territoriale.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée comme portée devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B....
Fait à Lille, le 10 février 2026
Le juge des référés,
Signé,
P. EVEN
Pour expédition conforme,
La greffière