Le Tribunal Administratif de Lille, statuant en référé, rejette la requête d'un étranger demandant l'injonction au préfet de lui fixer un rendez-vous pour déposer une demande de titre de séjour. Le juge estime que la demande, formulée après un silence de l'administration de plus de quatre mois sur une précédente requête, fait naître une décision implicite de rejet et vise donc à faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, ce qui est irrecevable au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative. La demande est rejetée en application des articles L. 522-3 du code de justice administrative et R.* 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 février 2026, M. B... A..., représenté par Me Ben Reguiga, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d’ordonner au préfet du Nord, à titre principal, de lui donner un rendez-vous afin qu’il puisse déposer sa demande de titre de séjour, dans le délai de quinze jours, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de lui donner les motifs de refus ;
2°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 500 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Even, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ». L’article L. 522-3 du même code énonce : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée (…). ».
Aux termes de l’article R.* 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet. ». Il résulte des dispositions de l’article R. 432-2 du même code que cette décision implicite de rejet naît au terme d’un délai de quatre mois.
M. A... indique avoir déposé une demande de titre de séjour auprès des services du préfet du Nord au mois de novembre 2021. Du silence gardé par l’administration durant plus de quatre mois sur cette demande est née une décision implicite de rejet. Sa demande, présentée sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, tendant à ce qu’il soit enjoint au préfet de lui fixer un rendez-vous afin de poursuivre l’instruction de cette demande a donc pour objet de faire obstacle à l’exécution d’une décision administrative et n’est, dès lors, pas recevable.
Il résulte de ce qui précède qu’il y a lieu de rejeter la requête de M. A... selon la procédure prévue à l’article L. 522-3 du code de justice administrative, y compris les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....
Fait à Lille, le 16 février 2026.
Le juge des référés,
Signé,
P. EVEN
Pour expédition conforme,
La greffière,