mercredi 9 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-1901472 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Chambre 1 |
| Avocat requérant | REBINGUET |
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- et les conclusions de M. Jurie, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M et Mme D détiennent le capital de l'exploitation agricole à responsabilité limitée (EARL) de la Jeune C. Le 23 novembre 2009 est créée la SAS Bleu Soleil détenue à 100% par M. D. Le 30 juillet et le 4 août 2010 sont créées respectivement la SAS Vert Soleil et la SAS Jaune Soleil dont Mme D détient 100% du capital. Ces trois sociétés, qui ont pour activité la production et la vente d'énergie électrique d'origine photovoltaïque, ont opté pour le régime fiscal des sociétés de personnes. La société Bleu Soleil a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur la période du 1er octobre 2011 au 30 septembre 2014. A l'issue de cette vérification, l'administration a adressé le 9 décembre 2015 une proposition de rectification à la société Bleu Soleil remettant notamment en cause le bénéfice de l'exonération prévue aux articles 44 sexies et quindecies du code général des impôts dont elle a bénéficié au titre de la période vérifiée. Par deux propositions de rectification du même jour adressées aux sociétés Vert Soleil et Jaune Soleil, l'administration a remis en cause le bénéfice des exonérations prévues aux articles 44 sexies et 44 quindecies du code général des impôts au titre des exercices clos en 2013 et 2014. Tirant les conséquences des rehaussements notifiés aux trois sociétés en matière d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux au titre des années 2012 à 2014, l'administration fiscale a adressé, le 9 décembre 2015, une proposition de rectification aux époux D. Les cotisations d'impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux ont été respectivement mis en recouvrement le 30 avril 2016 et le 30 juin 2016 et la réclamation de M. et Mme D dirigées contre ces impositions a été rejetée par l'administration fiscale le 20 juillet 2019. M. et Mme D demandent au tribunal de prononcer la décharge des cotisations d'impôt sur le revenu et des prélèvements sociaux auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2012, 2013 et 2014.
Sur la régularité de la procédure :
2. Aux termes de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation () ". Il résulte de ces dispositions que, pour être régulière, une proposition de rectification doit comporter la désignation de l'impôt concerné, de l'année d'imposition et de la base d'imposition, et énoncer les motifs sur lesquels l'administration entend se fonder pour justifier les redressements envisagés, de façon à permettre au contribuable de formuler ses observations de façon entièrement utile.
3. Les propositions de rectification du 9 décembre 2015 adressées à M. et Mme D et aux sociétés Bleu Soleil, Jaune Soleil et Vert Soleil indiquent qu'elles portent, d'une part, pour les époux D en matière d'impôt sur le revenu et des prélèvements sociaux au titre des années 2012 à 2014, d'autre part, pour la société Bleu Soleil, en matière de TVA et de bénéfices industriels et commerciaux et, enfin, pour les sociétés Jaune Soleil et Vert Soleil, en matière de bénéfices industriels et commerciaux. Les propositions de rectification relatives aux trois sociétés reprennent les dispositions des articles 44 sexies et 44 quindecies du code général des impôts prévoyant un régime d'exonération en faveur des entreprises nouvelles, plus particulièrement, les conditions faisant obstacle à l'application de ces régimes, tirées de la détention directe ou indirecte de la société nouvelle pour au moins 50 % par une autre société et de la date de création des sociétés. Par ailleurs, s'agissant de la proposition de rectification adressée aux requérants en matière d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux, celle-ci expose qu'en vertu des dispositions du 6° de l'article 8 du code général des impôts les membres des sociétés par actions simplifiées qui ont opté pour le régime fiscal des sociétés dans les conditions prévues par l'article 239 bis AB sont personnellement soumis à l'impôt sur le revenu pour la part des bénéfices sociaux correspondant à leur droit dans la société. Par suite, à supposer que M. et Mme D aient entendu soutenir que les propositions de rectification n'étaient pas suffisamment motivées, ce moyen doit être écarté.
Sur le bien-fondé de l'imposition :
4. Aux termes de l'article 44 quindecies du code général des impôts : " I. Dans les zones de revitalisation rurale mentionnées à l'article 1465 A, les entreprises qui sont créées ou reprises entre le 1er janvier 2011 et le 31 décembre 2020, soumises de plein droit ou sur option à un régime réel d'imposition de leurs résultats et qui exercent une activité industrielle, commerciale, artisanale au sens de l'article 34 ou professionnelle au sens du 1 de l'article 92, sont exonérées d'impôt sur le revenu ou d'impôt sur les sociétés à raison des bénéfices réalisés, à l'exclusion des plus-values constatées lors de la réévaluation des éléments d'actif, jusqu'au terme du cinquante-neuvième mois suivant celui de leur création ou de leur reprise et déclarés selon les modalités prévues à l'article 53 A () / II. Pour bénéficier de l'exonération mentionnée au I, l'entreprise doit répondre aux conditions suivantes : () / d) Le capital de l'entreprise créée ou reprise n'est pas détenu, directement ou indirectement, pour plus de 50 % par d'autres sociétés () ".
5. Sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve au contribuable il appartient au juge de l'impôt, au vu de l'instruction et compte tenu, le cas échéant, de l'abstention d'une des parties à produire les éléments qu'elle est seule en mesure d'apporter et qui ne sauraient être réclamés qu'à elle-même, d'apprécier si la situation du contribuable entre dans le champ de l'assujettissement à l'impôt ou, le cas échéant, s'il remplit les conditions légales d'une exonération.
En ce qui concerne la SAS Bleu Soleil :
S'agissant de l'application de la loi fiscale :
6. Pour l'application des dispositions citées au point 4, la date à laquelle une entreprise a été créée s'entend de celle à laquelle elle a effectivement commencé à exercer son activité.
7. Il résulte de l'instruction que le SAS Bleu Soleil a été créée le 23 novembre 2009 et immatriculée au registre du commerce et des sociétés le 10 décembre 2009. Elle a tenu une assemblée générale le 3 août 2010 à la suite de laquelle elle a signé le 29 septembre 2010 un bail emphytéotique avec M. D pour une durée de trente ans à compter du 1er octobre 2010 pour un loyer annuel de 250 euros. Par ailleurs, l'administration fiscale indique, sans être contredite par les requérants, que la société Bleu Soleil a déposé une déclaration de résultats au titre des bénéfices industriels et commerciaux pour le premier exercice clos le 30 septembre 2010 et que selon les informations mentionnées dans la liasse fiscale établie au titre de ce même exercice, la société a acquis des bien portés en immobilisation pour 51 564 euros, a obtenu un emprunt pour 50 022 euros et détenait une créance de TVA de 10 829 euros. Dans ces conditions, c'est à bon droit que l'administration a considéré que la SAS Bleu Soleil devait être regardée comme ayant commencé à exercer son activité, et donc comme ayant été créée, avant le 1er janvier 2011. Par suite, et pour ce seul motif, la SAS Bleu Soleil n'est pas en droit de bénéficier des dispositions précitées de l'article 44 quindecies du code général des impôts.
S'agissant de l'interprétation administrative de la loi fiscale :
8. M. et Mme D ne sont pas fondés à se prévaloir, sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, des énonciations des paragraphes 20, 30 et 40 de l'instruction BOI-BIC-CHAMP-80-10-70-10, qui ne comportent pas une interprétation de la loi fiscale différente de celle dont il a été fait application par le présent jugement.
En ce qui concerne les sociétés Vert Soleil et Jaune Soleil :
9. Il résulte des dispositions du d du II de l'article 44 quindecies du code général des impôts cités au point 4 que la circonstance que l'entreprise nouvelle ou reprise dans une zone de restructuration rurale soit détenue, directement ou indirectement, pour plus de 50 % par d'autres sociétés, fait obstacle à ce que l'entreprise puisse bénéficier du régime d'exonération d'impôt sur le revenu ou d'impôt sur les sociétés à raison des bénéfices réalisés. Il ressort notamment des travaux parlementaires que l'intention du législateur a été de regarder comme effective la détention indirecte pour plus de 50 % du capital lorsqu'un associé de l'entreprise souhaitant bénéficier de l'exonération prévue par le I de l'article 44 quindecies exerce en droit ou en fait une fonction de direction ou d'encadrement dans une autre entreprise et lorsque l'activité de celle-ci est similaire à celle de l'entreprise nouvellement créée ou lui est complémentaire.
10. Il résulte de l'instruction que le capital des sociétés Jaune Soleil et Vert Soleil, respectivement immatriculées au registre du commerce et des sociétés le 4 et le 10 août 2010 et créées afin d'exercer la même activité de production et de vente d'électricité renouvelable d'origine photovoltaïques est entièrement détenu par leur gérante, Mme D. Dans ces conditions, les sociétés Jaune Soleil et Vert Soleil doivent être regardées comme détenues indirectement, pour plus de 50 % par d'autres sociétés, au sens du d du II de l'article 44 quindecies du code général des impôts et par suite, elles ne peuvent pas bénéficier du régime d'exonération prévu par cet article.
11. Il résulte de tout ce qui précède que M. et Mme D ne sont pas fondés à demander la décharge des cotisations d'impôt sur le revenu et des prélèvements sociaux auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2012, 2013 et 2014.Par suite, leur requête doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme D est rejetée.
Article 2: Le présent jugement sera notifié à M et Mme B D et au directeur départemental des finances publiques du Puy-de-Dôme.
Délibéré après l'audience du 18 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Courret, présidente,
M. Bordes, premier conseiller,
Mme Bollon, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 novembre 2022.
La rapporteure,
L. A
La présidente,
C. COURRET La greffière,
F. LLORACH
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026