vendredi 10 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-1901624 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Chambre 1 |
| Avocat requérant | ONELAW SCP |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 13 août 2019, et un mémoire complémentaire, enregistré le 25 novembre 2020, l'Union nationale des associations de parents d'enfants inadaptés (UNAPEI) Pays d'Allier, venant aux droits de l'association l'Envol, représentée par la Selarl Onelaw, Me Malric, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures, :
1°) de prononcer la restitution partielle des cotisations de taxe sur la valeur ajoutée que l'association l'Envol a acquittées au titre de la période du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2017 à hauteur de la somme de 139 471 euros ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
Sur la taxe sur la valeur ajoutée collectée applicable aux prestations de service réalisées par les établissements et service d'aide par le travail (ESAT) pour le compte d'un autre établissement de l'association :
- elle n'aurait pas dû collecter de la taxe sur la valeur ajoutée au titre des prestations internes réalisées par les ESAT de Moulins et d'Yzeure au profit des autres établissements de l'association ;
Sur la taxe sur la valeur ajoutée déductible :
- elle a pratiqué une déduction insuffisante de taxe sur la valeur ajoutée au regard de la nature des dépenses engagées ; elle aurait dû pratiquer une déduction à hauteur du coefficient de déduction de 89 % pour l'année 2016 et de 88% pour l'année 2017 s'agissant du secteur commercial et de 82% pour l'année 2016 et de 81% pour l'année 2017 s'agissant des dépenses mixtes aux secteurs production/commercialisation et socio-éducatif ;
- s'agissant du coefficient d'assujettissement et pour tenir compte des spécificités des activités des associations gérant des ESAT, il convient de retenir une clef de répartition économique intégrant les produits perçus en rémunération des opérations internes réalisées par les ESAT d'Yzeure et de Moulins au profit des structures de l'association et situées hors du champ d'application de la taxe sur la valeur ajoutée ainsi que les subventions ;
- l'actualisation du coefficient de déduction applicable au secteur production des ESAT conduit à régulariser l'excédent de taxe sur la valeur ajoutée déduite ayant grevé les charges dudit secteur.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 10 février et 21 décembre 2020, le directeur départemental des finances publiques du Puy-de-Dôme conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 3 mai 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 19 mai 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Caraës,
- et les conclusions de M. Panighel, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. L'association l'Envol, qui a été dissoute le 31 décembre 2018 à la suite de la création de l'UNAPEI Pays d'Allier le 10 septembre 2018, était une association régie par la loi de 1901 qui gérait deux établissements et service d'aide par le travail (ESAT), celui de Moulins et celui d'Yzeure, et treize autres structures d'accueil et d'hébergement social telles que des instituts médico-éducatif (IME), des foyers d'hébergement, un foyer d'accueil médicalisé (FAM), un service d'accompagnement de jour, un service d'accompagnement médico-social pour adultes handicapés (SAMSAH), un service d'accompagnement à la vie sociale (SAVS) et un service d'éducation spéciale et de soins à domicile (SESSAD). Compte tenu de ses activités, l'association a procédé à la sectorisation des activités exercées par les ESAT de Moulins et d'Yzeure en application de l'article 209 de l'annexe II au code général des impôts et a identifié un secteur production/commercialisation pour lequel elle a opté pour l'assujettissement à la taxe sur la valeur ajoutée et un secteur à caractère socio-éducatif exonéré de taxe sur la valeur ajoutée. Au titre des années 2016 et 2017, elle a spontanément déclaré et acquitté la taxe sur la valeur ajoutée. Par une réclamation du 19 décembre 2018, elle a sollicité la restitution partielle de la taxe sur la valeur ajoutée dont elle s'était acquittée au titre des années 2016 et 2017 en indiquant avoir à tort assujetti à la taxe sur la valeur ajoutée des prestations de services internes réalisées entre ses établissements et n'avoir pas procédé à la déduction de la taxe sur la valeur ajoutée grevant les dépenses mixtes des secteurs production/commercialisation et socio-éducatif. Par une décision du 18 juin 2019, l'administration a rejeté sa demande. L'Union nationale des associations de parents d'enfants inadaptés (UNAPEI) Pays d'Allier, venant aux droits de l'association l'Envol, demande au tribunal de prononcer la restitution partielle des cotisations de taxe sur la valeur ajoutée que l'association l'Envol a acquittées au titre de la période du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2017 à hauteur de la somme de 139 471 euros.
2. La charge de la preuve du caractère exagéré des impositions litigieuses pèse sur l'UNAPEI Pays d'Allier en application du deuxième alinéa de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales lorsque, comme en l'espèce, l'imposition est établie d'après les déclarations souscrites par le contribuable.
Sur la taxe sur la valeur ajoutée collectée :
3. Aux termes de l'article 256 du code général des impôts : " I. Sont soumises à la taxe sur la valeur ajoutée les livraisons de biens et les prestations de services effectuées à titre onéreux par un assujetti agissant en tant que tel ".
4. L'UNAPEI Pays d'Allier soutient que les ESAT de Moulins et d'Yzeure ont réalisé des prestations de services internes au profit des établissements gérés par l'association l'Envol et que ces opérations ne relevaient pas du champ d'application de la taxe sur la valeur ajoutée.
5. L'administration, qui admet que les prestations de service réalisées par les ESAT d'Yzeure et de Moulins au profit des structures gérées par l'association ne pouvaient être regardées comme des prestations réalisées à titre onéreux entre des personnes assujetties agissant en tant que telles et que le montant de ces prestations ne devait pas être soumis à la taxe sur la valeur ajoutée, relève que l'association n'a pas présenté d'éléments permettant d'apprécier de manière certaine les opérations qualifiées de prestations de services internes dans leurs caractéristiques et dans leurs montants. Au soutien de ses prétentions, l'association n'a présenté initialement qu'un échantillon de factures émises par les ESAT d'Yzeure et de Moulins pour des prestations réalisées au profit des établissements gérés par l'association et une copie des balances insuffisamment précis et exhaustifs pour justifier des décharges sollicitées. Si, en cours d'instance, l'UNAPEI Pays d'Allier a produit, d'une part, une copie des extraits des comptes de taxe sur la valeur ajoutée des grands livres comptables des ESAT de Moulins et d'Yzeure sur lesquels ont été identifiés par un surlignage jaune les prestations réalisées par les ESAT au profit des établissements gérés par l'association sans autre mention que le numéro de la facture, sa date d'émission et la dénomination incomplète de la structure bénéficiaire de la prestation et, d'autre part, des tableaux de synthèse où figurent le montant global des prestations internes réalisées au profit des structures de l'association, regroupées en fonction de leur finalité (vente et prestations), ces éléments ne permettent pas d'opérer des rapprochements entre les opérations individualisées identifiées dans les copies des grands livres comptables et les montants globaux figurant dans les tableaux de synthèse. Par ailleurs, l'administration indique, sans être contestée, que ces extraits ne comportent pas de taxe sur la valeur ajoutée à 10% alors que les tableaux de synthèse produits dans le mémoire en réplique incluent des prestations taxées à ce taux et comportent, au titre des prestations internes, une taxe sur la valeur ajoutée à 7% qui n'est pas mentionnée dans les tableaux de synthèse. Par suite, l'UNAPEI Pays d'Allier ne peut être regardée comme établissant avoir collecté à tort de la taxe sur la valeur ajoutée concernant des prestations internes réalisées par les ESAT de Moulins et d'Yzeure au titre de la période du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2017.
Sur la taxe sur la valeur ajoutée déductible :
6. Aux termes du I de l'article 271 du code général des impôts : " I. 1. La taxe sur la valeur ajoutée qui a grevé les éléments du prix d'une opération imposable est déductible de la taxe sur la valeur ajoutée applicable à cette opération. () ". Aux termes de l'article 205 de l'annexe II au code général des impôts : " La taxe sur la valeur ajoutée grevant un bien ou un service qu'un assujetti à cette taxe acquiert, importe ou se livre à lui-même est déductible à proportion de son coefficient de déduction ". Aux termes de l'article 206 de l'annexe II au code général des impôts : " I. - Le coefficient de déduction mentionné à l'article 205 est égal au produit des coefficients d'assujettissement, de taxation et d'admission. / II. - Le coefficient d'assujettissement d'un bien ou d'un service est égal à sa proportion d'utilisation pour la réalisation d'opérations imposables. Les opérations imposables s'entendent des opérations situées dans le champ d'application de la taxe sur la valeur ajoutée en vertu des articles 256 et suivants du code général des impôts, qu'elles soient imposées ou légalement exonérées. III. - 1. Le coefficient de taxation d'un bien ou d'un service est égal à l'unité lorsque les opérations imposables auxquelles il est utilisé ouvrent droit à déduction. 2. Le coefficient de taxation d'un bien ou d'un service est nul lorsque les opérations auxquelles il est utilisé n'ouvrent pas droit à déduction. 3. Lorsque le bien ou le service est utilisé concurremment pour la réalisation d'opérations imposables ouvrant droit à déduction et d'opérations imposables n'ouvrant pas droit à déduction, le coefficient de taxation est calculé selon les modalités suivantes : 1° Ce coefficient est égal au rapport entre : a. Au numérateur, le montant total annuel du chiffre d'affaires afférent aux opérations ouvrant droit à déduction, y compris les subventions directement liées au prix de ces opérations ; b. Et, au dénominateur, le montant total annuel du chiffre d'affaires afférent aux opérations imposables, y compris les subventions directement liées au prix de ces opérations. Les sommes mentionnées aux deux termes de ce rapport s'entendent tous frais et taxes compris, à l'exclusion de la taxe sur la valeur ajoutée ; / 2° Lorsqu'un assujetti a constitué des secteurs distincts d'activité en application de l'article 209, le chiffre d'affaires à retenir pour le calcul du rapport mentionné au 1° est celui du ou des secteurs pour lesquels le bien ou le service est utilisé ; () 3° Pour l'application des dispositions du 1°, il est fait abstraction du montant du chiffre d'affaires afférent : a. Aux cessions des biens d'investissements corporels ou incorporels ; b. Au produit des opérations immobilières et financières accessoires exonérées de la taxe sur la valeur ajoutée. () IV. - 1. Le coefficient d'admission d'un bien ou d'un service est égal à l'unité, sauf dans les cas décrits aux 2 à 4. () V. - 1. L'assujetti peut, par année civile, retenir : 1° Pour l'ensemble de ses biens et services utilisés concurremment à des opérations imposables et à des opérations non imposables, un coefficient d'assujettissement unique, sous réserve d'en justifier ; 2° Pour l'ensemble de ses biens et services, un coefficient de taxation unique calculé dans les conditions du 3 du III ".
7. Il résulte de l'instruction que les ESAT d'Yzeure et de Moulins, gérés par l'association l'Envol, exercent une activité relevant du secteur production/commercialisation au titre de laquelle elles fournissent des prestations internes et une activité relevant du secteur socio-éducatif. L'association l'Envol a initialement déduit entièrement la taxe sur la valeur ajoutée grevant les dépenses engagées en vue de la réalisation de prestations internes afférentes au secteur commercial en appliquant un coefficient de déduction de 100% et n'a pas procédé à la déduction de la taxe sur la valeur ajoutée ayant grevé les dépenses mixtes affectées concurremment à des opérations imposables ouvrant droit à déduction et à des opérations exonérées n'ouvrant pas ce droit et demande de modifier le calcul de ses droits à déduction.
En ce qui concerne le coefficient d'assujettissement :
8. Il résulte des dispositions du 1 du I de l'article 271 du code général des impôts, interprétées à la lumière des paragraphes 1 et 2, 3 et 5 de l'article 17 de la sixième directive du 17 mai 1977, que l'existence d'un lien direct et immédiat entre une opération particulière en amont et une ou plusieurs opérations en aval ouvrant droit à déduction est, en principe, nécessaire pour qu'un droit à déduction de la taxe sur la valeur ajoutée en amont soit reconnu à l'assujetti et pour déterminer l'étendue d'un tel droit. Le droit à déduction de la taxe sur la valeur ajoutée grevant l'acquisition de biens ou de services en amont suppose que les dépenses effectuées pour acquérir ceux-ci fassent partie des éléments constitutifs du prix des opérations taxées en aval ouvrant droit à déduction. En l'absence d'un tel lien, un assujetti est toutefois fondé à déduire l'intégralité de la taxe sur la valeur ajoutée ayant grevé des biens et services en amont, lorsque les dépenses liées à l'acquisition de ces biens et services font partie de ses frais généraux et sont, en tant que telles, des éléments constitutifs du prix des biens produits ou des services fournis par cet assujetti. De tels coûts entretiennent, en effet, un lien direct et immédiat avec l'ensemble de son activité économique. Il y a lieu d'examiner, dans ce cas, si les dépenses effectuées pour acquérir des biens ou des services en amont font partie des frais généraux liés à l'ensemble de l'activité économique de l'assujetti.
9. En se bornant à indiquer que les ESAT d'Yzeure et de Moulins fournissent des prestations internes au profit des autres établissements de l'association et en les désignant comme la vente de repas, de prestations de nettoyage, la vente espaces verts, la vente maraichage, la sous-traitance directe, la blanchisserie interne et la blanchisserie publique sans décrire précisément ce que recouvre ses prestations et leur finalité, l'association requérante n'établit pas que les dépenses engagées en vue de fournir ces prestations ont un lien direct avec l'ensemble de son activité économique en tant qu'elles peuvent être regardées comme un moyen de réaliser celle-ci et qu'elle est fondée à déduire ou non l'intégralité de la taxe sur la valeur ajoutée ayant grevé les biens et services en amont.
En ce qui concerne le coefficient de taxation :
10. L'association a calculé un coefficient de taxation forfaitaire spécifique au secteur commercial, d'une part, et aux dépenses mixtes affectées au secteur commercial et au secteur socio-éducatif, d'autre part.
11. En premier lieu, le coefficient de taxation permet de déterminer les opérations imposables à la taxe sur la valeur ajoutée qui ouvrent droit à déduction. Le calcul d'un coefficient de taxation ne s'opère de manière forfaitaire que lorsque le bien ou le service acquis est affecté à plusieurs secteurs et utilisé à la fois pour la réalisation d'opérations imposables ouvrant droit à déduction et d'opérations imposables n'ouvrant pas droit à déduction. Il n'est pas contesté que les dépenses engagées par les ESAT pour réaliser les opérations imposables du secteur production/commercialisation ne sont pas exonérés de taxe sur la valeur ajoutée. Il en résulte que le coefficient de taxation du secteur production/commercialisation des ESAT d'Yzeure et de Moulins ne pouvait être déterminé de manière forfaitaire et doit être fixé à 1.
12. En second lieu, l'association a déterminé le coefficient de taxation forfaitaire afférents aux dépenses mixtes en déduisant du montant des chiffres d'affaires relatif aux opérations imposables figurant au dénominateur du rapport mentionné au 1° du 3 du III de l'article 206 de l'annexe II du code général des impôts le montant de produits de cessions, de produits divers et de produits exceptionnels. En se bornant à indiquer, sous forme de commentaires insérés dans le tableau figurant dans son mémoire en réplique, concernant les produits de cession, que " les cessions de bien d'investissement corporels ou incorporels, imposés ou exonérés de taxe sur la valeur ajoutée, ne sont pas pris en compte dans le calcul du coefficient de taxation " et que, concernant les produits divers et les produits exceptionnels, " le traitement dépend du type de produits divers ou exceptionnels et que par leur nature d'opérations de gestion, lesdits produits n'ont pas à être assujettis à la taxe sur la valeur ajoutée ", l'UNAPEI Pays d'Allier ne justifie ni de la nature ni du montant des sommes extournées du chiffre d'affaires des années 2016 et 2017 figurant au dénominateur du rapport de déduction mentionné au 1° du 3 du III de l'article 206 de l'annexe II au code général des impôts.
13. Dans ces conditions, l'UNAPEI Pays d'Allier n'établit pas qu'elle est fondée à retenir un coefficient de déduction d'une part de 89 % pour l'année 2016 et de 88% pour l'année 2017 s'agissant du secteur production/commercialisation et, d'autre part, de 82% pour l'année 2016 et de 81% pour l'année 2017 s'agissant des dépenses mixtes des secteurs production/commercialisation et socio-éducatif.
14. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête de l'UNAPEI Pays d'Allier tendant à la restitution partielle de la taxe sur la valeur ajoutée acquittée au titre de la période du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2017 doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de l'UNAPEI Pays d'Allier est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à l'UNAPEI Pays d'Allier et au directeur départemental des finances publiques du Puy-de-Dôme.
Délibéré après l'audience du 20 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Caraës, présidente,
M. Jurie, premier conseiller,
Mme Bollon, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 novembre 2023.
La présidente-rapporteure,
R. CARAËS
L'assesseur le plus ancien,
G. JURIE La greffière,
N. BLANC
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026