LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2000669

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2000669

vendredi 4 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2000669
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
FormationChambre 1
Avocat requérantCABINET FIDAL BELLERIVE SUR ALLIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 31 mars 2020, et des mémoires complémentaires, enregistrés les 15 décembre 2022 et le 24 janvier 2023, ce dernier n'ayant pas été communiqué, la société par actions simplifiée (SAS) Satel Finances, représentée par le cabinet Fidal, Me Arnal-Yves, demande au tribunal :

1°) de prononcer le remboursement du crédit de taxe sur la valeur ajoutée d'un montant de 150 000 euros constaté au titre du mois de juin 2019 ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la nature des prestations en litige était connue de l'administration ; les prestations rendues par la société Satel dans le cadre du contrat la liant avec la caisse d'allocations familiales de l'Allier constituent des prestations taxables ; la taxe sur la valeur ajoutée est collectée par la société Satel en qualité de prestataire ;

- la date d'exigibilité des factures en litige à l'origine du montant de 249 552 euros porté dans la déclaration de taxe sur la valeur ajoutée du mois de juin 2019 en ligne 21 " autres TVA à déduire " correspondant à une facture du 31 décembre 2015 d'un montant de 1 920 441,12 euros toute taxe comprise et à une facture du 31 décembre 2016 d'un montant de 1 190 541,31 euros toute taxe comprise qui a été intégralement réglée au moyen d'un virement au crédit du compte courant de la société Satel dans la société Satel Finances ;

- la convention conclue avec la caisse d'allocations familiales de l'Allier prévoit une indépendance totale du prestataire pour la réalisation de la prestation ;

- les documents comptables produits sont sincères ;

- des factures rectificatives ont été émises afin de corriger les erreurs matérielles constatées ;

- conformément aux dispositions du I de l'article 208 de l'annexe II au code général des impôts, la taxe sur la valeur ajoutée déductible portée en " Autre TVA à déduire " sur la déclaration de taxe sur la valeur ajoutée déposée en juillet 2019 au titre du mois de juin 2019 n'était pas atteinte par la péremption.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 29 octobre 2020 et 20 janvier 2023, ce dernier n'ayant pas été communiqué, le directeur départemental des finances publiques du Puy-de-Dôme conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 22 décembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 24 janvier 2023.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Caraës,

- et les conclusions de M. Panighel, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Par une convention du 2 janvier 2012, renouvelée, la caisse d'allocations familiales de l'Allier a confié à la SAS Satel Finances, société mère du groupe fiscalement intégré composé de la SAS Satel qu'elle détient à 100%, et de la SARL Satel Perm, la réalisation de prestations de traitement d'appels entrants de premier niveau conformément aux clauses d'un appel d'offres du 31 août 2011. Le 24 juillet 2019, la SAS Satel Finances a porté la somme de 262 186 euros en déduction de la taxe collectée dans sa déclaration de taxe sur la valeur ajoutée souscrite au titre de juin 2019 incluant la montant de 249 552 euros figurant sur la ligne 21 " autres TVA à déduire ". La SAS Satel Finances a déclaré être titulaire d'un crédit de taxe sur la valeur ajoutée d'un montant de 161 299 euros et en a demandé le remboursement à hauteur de 150 000 euros. Par des décisions du 6 décembre 2019 et du 29 janvier 2020, l'administration a rejeté sa demande aux motifs que les justificatifs produits, à savoir deux factures correspondant à une refacturation par la société Satel de prestations exécutées pour le compte de la SAS Satel Finances en vue de l'exécution du contrat de prestations de traitement d'appels entrants de premier niveau conclu avec la caisse d'allocations familiales de l'Allier, comportaient des irrégularités et ne satisfaisaient pas aux obligations légales prévues à l'article 242 nonies A de l'annexe II au code général des impôts et qu'en l'absence de précisions, il n'était pas établi que les dépenses déduites avaient été exposées pour les besoins d'opération ouvrant droit à déduction. La SAS Satel Finances demande au tribunal le remboursement du crédit de taxe sur la valeur ajoutée d'un montant de 150 000 euros constaté au titre du mois de juin 2019.

2. Aux termes de l'article 271 du code général des impôts : " I. 1. La taxe sur la valeur ajoutée qui a grevé les éléments du prix d'une opération imposable est déductible de la taxe sur la valeur ajoutée applicable à cette opération. () II. 1. Dans la mesure où les biens et les services sont utilisés pour les besoins de leurs opérations imposables, et à la condition que ces opérations ouvrent droit à déduction, la taxe dont les redevables peuvent opérer la déduction est, selon le cas : a) Celle qui figure sur les factures établies conformément aux dispositions de l'article 289 et si la taxe pouvait légalement figurer sur lesdites factures ; (). 3. Lorsque ces factures ou ces documents font l'objet d'une rectification, les redevables doivent apporter les rectifications correspondantes dans leurs déductions et les mentionner sur la déclaration qu'ils souscrivent au titre du mois au cours duquel ils ont eu connaissance de cette rectification. () ". Aux termes du II l'article 289 du code général des impôts : " Un décret en Conseil d'Etat fixe les mentions obligatoires qui doivent figurer sur la facture. Ce décret détermine notamment les éléments d'identification des parties, les données concernant les biens livrés ou les services rendus et celles relatives à la détermination de la taxe sur la valeur ajoutée ". En vertu de l'article 242 nonies A de l'annexe II au code général des impôts : " I. - Les mentions obligatoires qui doivent figurer sur les factures en application du II de l'article 289 du code général des impôts sont les suivantes : 1° Le nom complet et l'adresse de l'assujetti et de son client ; () 7 ° Un numéro unique basé sur une séquence chronologique et continue ; () 8° Pour chacun des biens livrés ou des services rendus, la quantité, la dénomination précise, le prix unitaire hors taxes et le taux de taxe sur la valeur ajoutée légalement applicable ou, le cas échéant, le bénéfice d'une exonération ; () ".

3. Il résulte de ces dispositions que la dénomination précise, la quantité, le prix unitaire et la date à laquelle est achevée la prestation sont essentielles à l'exercice du droit à déduction. Si la mention de ces informations sur la facture établie par le fournisseur ou le prestataire permet de faire présumer que les biens ou les services lui ont été livrées ou rendus et de vérifier qu'ils l'ont été pour les besoins de ses opérations taxées, l'absence de ces mentions ou leur caractère erroné sur la facture qui lui est remise peut ne pas faire obstacle à ce que la taxe soit déductible de celle à laquelle il est soumis en raison de ses propres affaires dans le cas seulement où il apporte la preuve, par tout moyen, du règlement effectif, par lui-même de cette facture pour les besoins de ses propres opérations imposables.

4. Dans le cadre de l'instruction de la demande de remboursement d'un crédit de taxe sur la valeur ajoutée présentée par la SAS Satel Finances au titre du mois de juin 2019, l'administration a sollicité, les 2 août et 24 septembre 2019, la présentation des justificatifs afférents à la ligne " autres TVA à déduire " d'un montant de 249 552 euros. Le 22 août 2019, la SAS Satel Finances a produit des tableaux de situation du compte de régularisation de la taxe sur la valeur ajoutée, puis, le 24 octobre 2019, la copie de deux factures en indiquant qu'elles correspondaient à des refacturations par la société Satel de prestations exécutées dans le cadre du contrat signé entre elle-même et la caisse d'allocations familiales de l'Allier. L'administration a rejeté la demande de remboursement de la SAS Satel Finances en relevant que les factures produites ne satisfaisaient pas aux obligations légales prévues à l'article 242 nonies A de l'annexe II au code général des impôts pour permettre la déduction de la taxe sur la valeur ajoutée et que les documents produits ne permettaient pas de déterminer la nature exacte des prestations qui auraient été rendues ou de les relier à l'activité taxable de la SAS Satel Finances.

5. Si la SAS Satel Finances se prévaut de la conclusion d'un contrat avec la caisse d'allocations familiales de l'Allier par laquelle cette dernière a confié à la société Satel Finances le marché de prestations de services relatifs à l'externalisation de sa réponse téléphonique de niveau 1 et indique que ces prestations auraient été exécutées par la SAS Satel, dans son centre d'appel de Vichy jusqu'au 31 mars 2016, date à laquelle le contrat se serait terminé, qui les lui auraient refacturées, il résulte de l'instruction que ni la convention de mise à disposition de la plate-forme téléphonique Satel signée le 30 août 2010 ni le contrat de prestations de service du 2 janvier 2012 et son avenant du 7 décembre 2015 signés entre le prestataire " la société Satel Finances " et le client " la Caf de l'Allier " ne font référence à la société Satel et aucun autre document produit au soutien des allégations de la société requérante n'établit que la société Satel Finances aurait confié l'exécution de la prestation à sa filiale, la société Satel. La seule circonstance que l'article 3 du contrat de prestations de service du 2 janvier 2012 stipule que " le prestataire agit de manière totalement indépendante dans l'organisation de son activité et détermine seul son organisation, ses processus, ses méthodes de travail et de gestion " n'est pas de nature à établir que les prestations en litige ont été effectuées par la société Satel pour le compte de la société Satel Finances alors, au demeurant, que l'article 4 de ce même contrat précise que " le prestataire ne pourra sous-traiter tout ou partie de ses obligations au titre du présent contrat sans l'accord préalable et express du Client " et qu'en l'espèce, il n'est pas justifié de cet accord de la caisse d'allocations familiales de l'Allier. En outre, la société Satel Finances ne fournit aucune précision sur la nature des prestations en litige ou encore sur les bases et les modalités de calcul des prestations qui lui auraient été refacturées au demeurant au moyen, d'une part, de factures rectificatives produites pour la première fois devant le tribunal comportant un libellé imprécis " refacturation " et une incohérence entre la date d'échéance au règlement par virement figurant sur les factures au 10 janvier 2020 et la date de la demande de remboursement de crédit de taxe sur la valeur ajoutée portée sur la déclaration de taxe sur la valeur ajoutée au titre du mois de juin 2019 et, d'autre part, d'écritures comptables relatives aux comptes-courants des deux sociétés. Par suite, la société requérante ne justifie pas que les dépenses déduites ont été exposées pour les besoins d'opérations ouvrant droit à déduction.

6. Il résulte de ce qui précède que la SAS Satel Finances n'est pas fondée à demander le remboursement du crédit de taxe sur la valeur ajoutée d'un montant de 150 000 euros constaté au titre du mois de juin 2019. Par voie de conséquence, les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la SAS Satel Finances est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société par actions simplifiée (SAS) Satel Finances et au directeur départemental des finances publiques du Puy-de-Dôme.

Délibéré après l'audience du 20 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Caraës, présidente,

M. Jurie, premier conseiller,

Mme Bollon, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 octobre 2024.

La présidente-rapporteure,

R. CARAËS

L'assesseur le plus ancien,

G. JURIE La greffière,

F. LLORACH

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions