vendredi 8 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2000690 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Chambre 1 |
| Avocat requérant | SEBAN AUVERGNE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 7 avril et 10 juillet 2020, Mme E B, représentée par la SCP Portejoie et Associés, Me Portejoie, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) de dire et juger que la responsabilité du centre hospitalier universitaire de Clermont-Ferrand est engagée dans le décès de D B ;
2°) d'ordonner, avant dire droit, une mesure d'expertise médicale ;
3°) de réserver les dépens.
Elle soutient que d'une part, conformément à l'article R. 621-1 du code de justice administrative, le tribunal peut ordonner une nouvelle expertise médicale et d'autre part, la responsabilité du centre hospitalier universitaire de Clermont-Ferrand est susceptible d'être engagée dès lors que, selon les conclusions du professeur G et du docteur C, à qui elle a confié une mission d'expertise sur pièces, l'expertise conduite par le professeur A prescrite par l'ordonnance du 13 février 2015 du juge des référés du tribunal administratif de Clermont-Ferrand n'a été réalisée que partiellement et que ses conclusions ne renseignent pas les parties de manière satisfaisante ; la non détection de l'anomalie lors de l'examen du 31 décembre 2007 est à l'origine d'une démarche diagnostic incomplète ; le professeur G conclut à l'existence d'une perte de chance et préconise l'organisation d'une nouvelle expertise médicale.
Par des mémoires, enregistrés les 17 avril 2020 et 9 février 2022, ce dernier n'ayant pas été communiqué, la caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme indique s'en remettre à droit quant à la demande d'expertise sollicitée par Mme B et indique ne pas avoir de créance à faire valoir.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 juin 2020, le centre hospitalier universitaire de Clermont-Ferrand, représenté par la Selas Seban Auvergne, Me Lantero, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable dès lors que d'une part, des conclusions aux fins d'ordonner une nouvelle expertise sans conclusion tendant à engager la responsabilité du centre hospitalier universitaire de Clermont-Ferrand ne sont pas recevables et d'autre part, si des conclusions tendant à engager la responsabilité du centre hospitalier universitaire de Clermont-Ferrand devaient être regardées comme implicitement présentées, elles seraient irrecevables en l'absence de liaison du contentieux ;
- une nouvelle expertise serait dépourvue d'utilité dès lors que l'expert a parfaitement rempli sa mission, il a répondu de manière précise et détaillée aux questions posées ; la juridiction dispose de suffisamment d'éléments pour statuer sur une éventuelle responsabilité du centre hospitalier universitaire de Clermont-Ferrand sans qu'il soit besoin de recourir à une nouvelle expertise.
Par une ordonnance du 4 février 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 22 février 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bollon,
- les conclusions de M. Panighel, rapporteur public,
- et les observations de Me Lantero, représentant le centre hospitalier universitaire de Clermont-Ferrand.
Une note en délibéré, enregistrée le 13 février 2024, a été présentée pour Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Le 23 octobre 2009, le fils de Mme E B, D B alors âgé de seize ans, se trouvait en compagnie d'amis devant la patinoire lorsqu'il a été pris de violents maux de tête et de nausées. Pris en charge par les pompiers, il a été transporté au centre hospitalier universitaire de Clermont-Ferrand. Victime d'une hémorragie intra-cérébrale et intra cérébelleuse avec engagement amygdalien et d'un anévrisme artériel congénital de la cérébrale postérieure droite, D B est décédé le 24 octobre 2009. Mme B a déposé une plainte qui a conduit, après une enquête préliminaire, à l'ouverture d'une information judiciaire dans le cadre de laquelle deux expertises ont été diligentées sans qu'aucune responsabilité pénale ne soit en définitive retenue. Elle a alors sollicité le juge des référés du tribunal administratif de Clermont-Ferrand qui a ordonné une expertise médicale confiée au professeur A par une ordonnance du 13 février 2015. L'expert a déposé son rapport le 11 août 2015. Estimant cette expertise critiquable au regard notamment de ses conclusions quant à l'IRM cérébrale pratiquée sur son fils le 31 décembre 2017, Mme B a de nouveau saisi le tribunal administratif de Clermont-Ferrand sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative aux fins d'ordonner une nouvelle expertise judiciaire. Par une ordonnance n°1901762 du 16 décembre 2019, confirmée par une ordonnance n°19LY04671 du juge des référés de la cour administrative d'appel de Lyon, sa requête a été rejetée. Dans le dernier état de ses écritures, Mme B demande au tribunal de " dire et juger que la responsabilité du centre hospitalier universitaire de Clermont-Ferrand est engagée dans le décès de D B " et d'ordonner, avant dire droit, une mesure d'expertise médicale.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction " et aux termes de l'article R. 621-1 du code de justice administrative : " La juridiction peut, soit d'office, soit sur la demande des parties ou de l'une d'elles, ordonner, avant dire droit, qu'il soit procédé à une expertise sur les points déterminés par sa décision () ".
3. D'une part, il appartient au demandeur qui engage une action en responsabilité à l'encontre de l'administration d'apporter tous éléments de nature à établir devant le juge l'existence d'une faute et la réalité du préjudice subi. Il incombe alors, en principe, au juge de statuer au vu des pièces du dossier, le cas échéant après avoir demandé aux parties les éléments complémentaires qu'il juge nécessaires à son appréciation. Il ne lui revient d'ordonner une expertise que lorsqu'il n'est pas en mesure de se prononcer au vu des pièces et éléments qu'il a recueillis et que l'expertise présente ainsi un caractère utile.
4. D'autre part, en dehors des cas prévus à l'article R. 532-1 du code de justice administrative, il n'appartient pas au tribunal d'ordonner une expertise s'il n'est pas saisi d'une question à trancher.
5. Par la présente requête, Mme B, estimant que les conclusions du rapport d'expertise remis le 11 août 2015 par le professeur A sont insuffisantes et incomplètes, a saisi le juge du fond d'une demande tendant à ordonner sur le fondement de l'article R. 621-1 du code de justice administrative, avant-dire droit, une expertise médicale. Une telle expertise ne peut être ordonnée que si la demande est formulée à l'appui de conclusions tendant à l'engagement de la responsabilité du centre hospitalier aux fins d'indemnisation. Or, en l'espèce, à la suite de la fin de non-recevoir soulevée par le centre hospitalier universitaire de Clermont-Ferrand dans son mémoire du 9 juin 2020, Mme B s'est bornée à demander au tribunal de dire et juger que le responsabilité du centre hospitalier universitaire de Clermont-Ferrand était engagée dans le décès de son fils sans assortir cette demande ni de précision sur le fondement de responsabilité qu'elle entendait soulever ni sur les préjudices qu'elle entendait invoquer. Dans ces conditions, la requérante ne peut être regardée comme ayant saisi le tribunal de conclusions aux fins d'indemnisation. Ainsi, faute d'avoir été saisi de telles conclusions, le tribunal ne peut pas recourir aux pouvoirs d'instruction prévus par les dispositions précitées de l'article R. 621-1 du code de justice administrative dès lors qu'il n'existe aucun litige à trancher. Par suite, il y a lieu, d'accueillir la fin de non-recevoir soulevée par le centre hospitalier universitaire de Clermont-Ferrand et de déclarer irrecevables les conclusions de Mme B tendant à ordonner une nouvelle mission d'expertise.
Sur les frais d'expertise :
6. Les frais d'expertise, liquidés et taxés à la somme de 1 000 euros par une ordonnance du magistrat délégué en date du 25 août 2015, doivent être mis à la charge définitive de Mme B.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les frais d'expertise, liquidés et taxés à la somme de 1 000 euros par une ordonnance du magistrat délégué en date du 25 août 2015, sont mis à la charge définitive de Mme B.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme E B, à la caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme et au centre hospitalier universitaire de Clermont-Ferrand.
Copie pour information au Dr F A, expert.
Délibéré après l'audience du 9 février 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Caraës, présidente,
M. Jurie, premier conseiller,
Mme Bollon, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 mars 2024.
La rapporteure,
L. BOLLON
La présidente,
R. CARAËS La greffière,
F. LLORACH
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026