vendredi 31 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2000984 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Chambre 1 |
| Avocat requérant | LEGALFIS CONSULT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 juin 2020, et un mémoire complémentaire, enregistré le 9 octobre 2020, M. B A, représenté par Legalfis Consult, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge de la cotisation d'impôt sur le revenu à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2014 et des droits de taxe la valeur ajoutée qui lui ont été réclamés au titre de la période du 1er janvier au 31 décembre 2014 ;
2°) de maintenir le bénéfice du sursis de paiement prévu à l'article L. 277 du livre des procédures fiscales accordé à la suite du dépôt de sa réclamation contentieuse ;
3°) de condamner l'Etat à lui verser les intérêts moratoires sur la somme consignée sur un compte d'attente auprès du Trésor public ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'administration n'apporte pas la preuve qu'il a exercé une activité génératrice de revenus imposables et ne pouvait ainsi le taxer d'office ; il n'est pas responsable de l'émission des factures d'achat et il n'était pas tenu d'émettre des factures au profit de ses clients particuliers sur les marchés ; il a déposé dans les délais ses déclarations fiscales et sociales relatives au chiffre d'affaires réalisé en 2014 et a respecté ses obligations déclaratives ;
- il n'a pas reçu le rejet de sa réclamation contentieuse ;
- le jugement du 15 juillet 2020 du tribunal correctionnel près le tribunal de grande instance de Montluçon établit que la moitié des pièces que l'administration a regardée comme étant en sa possession ne pouvait être retenue ; le reliquat des pièces ne lui est pas attribué ; les gérants de la société Babou reconnaissent avoir vendu des pièces à d'autres gens du voyage que lui-même et avoir utilisé frauduleusement une ou plusieurs cartes de fidélité ; il n'est pas établi que la seconde moitié des pièces serait en sa possession ; le jugement de relaxe étant définitif, les faits qu'il constate ne peuvent être discutés devant la juridiction administrative ;
- il justifie de l'absence de tout revenu disponible ou à disposition au cours de l'année 2014 et ultérieurement et de signes extérieurs de richesse.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 novembre 2020, le directeur départemental des finances publiques du Puy-de-Dôme conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 24 novembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 15 décembre 2022.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré du non-lieu à statuer sur les conclusions à fin de décharge des cotisations d'impôt sur le revenu auxquelles M. A a été assujetti au titre de l'année 2014 ainsi que des droits de taxe sur la valeur ajoutée qui ont été mis à sa charge au titre de la période du 1er janvier au 31 décembre 2014 à hauteur du dégrèvement, en droits et pénalités, prononcé le 6 novembre 2020.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 7 juillet 2020.
La présidente du tribunal a désigné M. Debrion, premier conseiller, pour exercer les fonctions de rapporteur public sur le fondement des dispositions de l'article R. 222-24 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Caraës,
- et les conclusions de M. Debrion, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, qui exerce à titre individuel une activité de commerce de détail de textiles, d'habillement et de chaussures sur éventaires et marchés depuis 1997, a déclaré 2 470 euros de chiffre d'affaires pour l'année 2014 imposable selon le régime des micro-entreprises de l'article 50-0 du code général des impôts et a bénéficié du régime de la franchise de taxe sur la valeur ajoutée en application de l'article 293 B du code applicable aux contribuables dont le chiffre d'affaires n'excède pas certaines limites. Il a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur la période du 1er janvier au 31 décembre 2014 diligentée à la suite de la transmission à l'administration fiscale par l'autorité judiciaire et le ministère public d'informations en application des articles L. 82 C et L. 101 du livre des procédures fiscales à l'issue de laquelle l'administration, qui a remis en cause la franchise de taxe sur la valeur ajoutée et l'application du régime des micro-entreprises dont le contribuable s'était prévalu, lui a notifié, selon la procédure de taxation d'office, des droits de taxe sur la valeur ajoutée au titre de la période du 1er janvier au 31 décembre 2014 et, selon la procédure d'évaluation d'office, une cotisation d'impôt sur le revenu dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux au titre de l'année 2014. Les droits de taxe sur la valeur ajoutée et la cotisation d'impôt sur le revenu ont été assortis de la majoration de 40% prévue par l'article 1728-1 du code général des impôts. M. A demande au tribunal de prononcer la décharge de ces impositions.
Sur l'étendue du litige :
2. Par une décision du 6 novembre 2020, postérieure à l'introduction de la requête, le directeur départemental des finances publiques du Puy-de-Dôme a prononcé le dégrèvement partiel de la cotisation d'impôt sur le revenu à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2014 à concurrence de la somme de 52 464 euros en droits et pénalités ainsi que des droits de taxe sur la valeur ajoutée qui ont été mis à sa charge au titre de la période du 1er janvier au 31 décembre 2014 à concurrence de la somme de 40 647 euros en droits et pénalités. Les conclusions de la requête sont, dans cette mesure, devenues sans objet.
Sur le surplus des conclusions :
En ce qui concerne la régularité de la procédure d'imposition :
3. Aux termes de l'article L. 66 du livre des procédures fiscales : " Sont taxés d'office : () 3° aux taxes sur le chiffre d'affaires, les personnes qui n'ont pas déposé dans le délai légal les déclarations qu'elles sont tenues de souscrire en leur qualité de redevables des taxes ; () ". L'article L. 73 du même livre dispose : " Peuvent être évalués d'office : / 1° Le bénéfice imposable des contribuables qui perçoivent des revenus provenant d'entreprises industrielles, commerciales ou artisanales, ou des revenus d'exploitations agricoles imposables selon un régime de bénéfice réel, lorsque la déclaration annuelle prévue à l'article 53 A du code général des impôts n'a pas été déposée dans le délai légal ; / (). / Les dispositions de l'article L. 68 sont applicables dans les cas d'évaluation d'office prévus aux 1° et 2°. ". Aux termes de l'article L. 68 du même livre : " La procédure de taxation d'office prévue aux 2° et 5° de l'article L. 66 n'est applicable que si le contribuable n'a pas régularisé sa situation dans les trente jours de la notification d'une mise en demeure. () ".
4. M. A a été taxé d'office en vertu du 3° de l'article L. 66 du livre des procédures fiscales au motif qu'il n'avait pas déposé en temps utile sa déclaration de taxe sur la valeur ajoutée au titre de la période du 1er janvier au 31 décembre 2014. Il a également fait l'objet d'une procédure d'évaluation d'office au motif qu'il n'avait pas déposé dans le délai légal au titre de l'année 2014 la déclaration que doivent souscrire les titulaires de bénéfices industriels et commerciaux. M. A ne conteste pas avoir été mis en demeure de régulariser sa situation dans un délai de trente jours par courriers du 30 juillet 2015.
5. Si M. A soutient qu'il n'était pas responsable de l'émission des factures d'achat de marchandises et qu'il n'était pas tenu d'émettre des factures au profit de ses clients sur les marchés, ces circonstances sont sans incidence sur la régularité de la procédure d'imposition d'office.
6. M. A soutient qu'il a respecté ses obligations déclaratives au titre de l'année 2014 compte tenu du montant de son chiffre d'affaires s'élevant à la somme de 2 470 euros, toutefois il résulte du point 13 du jugement que M. A n'est pas fondé à se prévaloir de ce chiffre d'affaires hors taxes au titre de l'année 2014.
En ce qui concerne le bien-fondé des impositions :
7. Aux termes de l'article 50-0 du code général des impôts dans sa rédaction alors applicable : " 1. Les entreprises dont le chiffre d'affaires annuel, ajusté s'il y a lieu au prorata du temps d'exploitation au cours de l'année civile, n'excède pas 82 200 € hors taxes s'il s'agit d'entreprises dont le commerce principal est de vendre des marchandises, objets, fournitures et denrées à emporter ou à consommer sur place () ou 32 900 € hors taxes s'il s'agit d'autres entreprises, sont soumises au régime défini au présent article pour l'imposition de leurs bénéfices. () / Sous réserve des dispositions du b du 2, ce régime demeure applicable pour l'établissement de l'imposition due au titre des deux premières années au cours desquelles les chiffres d'affaires mentionnés aux premier et deuxième alinéas sont dépassés. () 2. Sont exclus de ce régime : () b. Les contribuables qui ne bénéficient pas des dispositions du I de l'article 293 B. Cette exclusion prend effet à compter du 1er janvier de l'année de leur assujettissement à la taxe sur la valeur ajoutée ; () 5. Les entreprises qui n'ont pas exercé l'option visée au 4 doivent tenir et présenter, sur demande de l'administration, un livre-journal servi au jour le jour et présentant le détail de leurs recettes professionnelles, appuyé des factures et de toutes autres pièces justificatives. Elles doivent également, lorsque leur commerce principal est de vendre des marchandises, objets, fournitures et denrées à emporter ou à consommer sur place, ou de fournir le logement, tenir et présenter, sur demande de l'administration, un registre récapitulé par année, présentant le détail de leurs achats ".
8. Aux termes de l'article 293 B du même code : " I.- Pour leurs livraisons de biens et leurs prestations de services, les assujettis établis en France, à l'exclusion des redevables qui exercent une activité occulte au sens du troisième alinéa de l'article L. 169 du livre des procédures fiscales, bénéficient d'une franchise qui les dispense du paiement de la taxe sur la valeur ajoutée, lorsqu'ils n'ont pas réalisé : 1° Un chiffre d'affaires supérieur à : a) 82 200 € l'année civile précédente ; b) Ou 90 300 € l'année civile précédente, lorsque le chiffre d'affaires de la pénultième année n'a pas excédé le montant mentionné au a ; () II - 1. Le I cesse de s'appliquer : a) Aux assujettis dont le chiffre d'affaires de l'année en cours dépasse le montant mentionné au b du 1° du I ; () 2. Les assujettis visés au 1 deviennent redevables de la taxe sur la valeur ajoutée pour les prestations de services et les livraisons de biens effectuées à compter du premier jour du mois au cours duquel ces chiffres d'affaires sont dépassés. () ".
9. Au cours de la vérification de comptabilité, M. A n'a pas été en mesure de présenter de documents comptables et un procès-verbal de défaut de présentation de comptabilité, remis en main propre à l'intéressé, a été dressé le 4 septembre 2015. En l'absence de toute comptabilité, l'administration a reconstitué le chiffre d'affaires de M. A au titre de l'année 2014 en se fondant, d'une part, sur les informations transmises par l'autorité judiciaire et le ministère public dans le cadre du droit de communication prévu aux articles L. 82 C et L. 101 du livre des procédures fiscales et, d'autre part, sur l'écart de stock mis en évidence par l'inventaire physique réalisé à la demande de la SAS Babou et obtenu dans le cadre de l'exercice du droit de communication auprès de cette société, soit un écart estimé à 36 099 pièces valorisées à hauteur de 155 130 euros. Dans la proposition de rectification, l'administration a déterminé le chiffre d'affaires théorique évalué d'office au titre de l'exercice 2014 à la somme de 775 650 euros. En conséquence, elle a remis en cause le bénéfice du régime d'imposition des micro-entreprises sous lequel le contribuable s'était placé au titre de l'année 2014 et de la franchise de taxe sur la valeur ajoutée dispensant le contribuable du paiement de la taxe sur la valeur ajoutée au motif que le chiffre d'affaires du contribuable évalué à 775 650 au titre de l'année 2014 excédait le seuil de 90 300 euros hors taxes fixé par les dispositions combinées des articles 50-0 et 293 B du code général des impôts.
10. A la suite de l'identification ultérieure d'un acquéreur, autre que M. A, ayant fait l'acquisition de 4 500 pièces, l'administration a estimé qu'il restait en conséquence 31 599 pièces présumées être détenues par M. A et a ramené, par un courrier du 7 avril 2016, le montant du chiffre d'affaires à 407 376 euros au titre de l'année 2014. Constatant que, par un jugement du 15 juillet 2020, le tribunal correctionnel près le tribunal de grande instance de Montluçon avait retenu que 10 887 pièces sur les 36 099 initialement manquantes avaient fait l'objet d'un retour dans un entrepôt de la SAS Babou, l'administration a finalement retenu un chiffre d'affaires hors taxes théorique évalué d'office de 267 020 euros. Elle a, en conséquence, prononcé le dégrèvement correspondant à cette différence entre ces chiffres d'affaires.
11. Les circonstances que l'administration n'établit pas que M. A aurait disposé des revenus en litige et qu'il n'a pas été mis en évidence de signes extérieurs de richesse sont sans incidence sur le montant du chiffre d'affaires reconstitué dès lors que l'exploitant d'une entreprise individuelle doit être regardé comme ayant, à la clôture de chaque exercice, la disposition des sommes correspondant aux bénéfices industriels ou commerciaux réalisés par l'entreprise, et procurés, par là même, à l'exploitant. Par suite, le service est fondé à intégrer les sommes correspondant aux bénéfices industriels et commerciaux dans le revenu imposable de M. A au titre de l'année 2014.
12. Ainsi qu'il est indiqué aux points 4 et 5 du jugement, les impositions en litiges ont été régulièrement établies selon la procédure de taxation d'office prévue au 3° de l'article L. 66 du livre des procédures fiscales en ce qui concerne la taxe sur la valeur ajoutée et selon la procédure d'évaluation d'office prévue au 1° de l'article L. 73 du même livre en ce qui concerne le bénéfice industriel et commercial. Il résulte en outre de l'instruction qu'un procès-verbal de défaut de présentation de comptabilité a été établi le 4 septembre 2015. En conséquence, M. A supporte la charge d'apporter la preuve de l'exagération des bases d'imposition en application des dispositions des articles L. 192 et L. 193 du livre des procédures fiscales.
13. En se bornant à soutenir que l'administration n'établit pas que la seconde moitié des pièces serait en sa possession, M. A n'apporte pas la preuve du caractère exagéré de ses bases imposables à l'impôt sur le revenu au titre de l'année 2014. Si M. A fait également état de ce que les constatations de fait qui sont le support du jugement de relaxe devenu définitif du 15 juillet 2020 du tribunal correctionnel près le tribunal de grande instance de Montluçon s'imposent et ne peuvent être discutées, il résulte de ce qui a été dit au point 10 du jugement que l'administration a procédé à un dégrèvement après avoir retenu que le jugement de relaxe précisait que, pour l'année 2014, 10 887 pièces, soit 70 332 euros, étaient en fait à l'entrepôt de la SAS Babou situé à Cournon et qu'hormis ce point pris en compte par l'administration, les constatations de fait qui sont le support du jugement de relaxe sont sans rapport avec l'évaluation d'office du chiffre d'affaires de l'activité de M. A.
14. Il en résulte que le chiffre d'affaires réalisé par M. A au titre de l'année 2014, qui s'est élevé après dégrèvement, à la somme de 267 020 euros hors taxes dépassait le seuil de 90 300 euros hors taxes fixé par les dispositions de 293 B du code général des impôts. Il s'ensuit que c'est par une exacte application des dispositions combinées des articles 50-0 et 293 B du code général des impôts que l'administration a, d'une part, remis en cause le régime de la franchise de taxe sur la valeur ajoutée au titre de l'année 2014 et, d'autre part, exclu M. A, qui n'était pas éligible au régime de la franchise de taxe sur la valeur ajoutée, du régime prévu par l'article 50-0 du code général des impôts en ce qui concerne son bénéfice industriel et commercial au titre de l'année 2014.
15. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin de décharge présentées par M. A doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles tendant à la condamnation de l'Etat au paiement des intérêts moratoires sur la somme consignée et à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Sur le bénéfice du sursis de paiement :
16. Le présent jugement se prononçant sur le fond de l'affaire, les conclusions de la requête tendant au sursis de paiement des impositions contestées se trouvent, en tout état de cause, privées d'objet. Par suite, il n'y a pas lieu d'y statuer.
D E C I D E :
Article 1er : A concurrence des sommes de 52 464 euros au titre des cotisations d'impôt sur le revenu et de 40 647 euros au titre des droits de taxe sur la valeur ajoutée au titre de l'année 2014, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins de décharge de la cotisation d'impôt sur le revenu et de droits de taxe sur la valeur ajoutée ainsi que des majorations y afférentes.
Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête relatives au sursis de paiement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au directeur départemental des finances publiques du Puy-de-Dôme.
Délibéré après l'audience du 17 mai 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Caraës, présidente,
M. Jurie, premier conseiller,
Mme Bollon, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 mai 2024.
La présidente-rapporteure,
R. CARAËS
L'assesseur le plus ancien,
G. JURIE La greffière,
F. LLORACH
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026