vendredi 20 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2001401 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Chambre 1 |
| Avocat requérant | CABINET FIDAL CLERMONT-FERRAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 13 août 2020, M. et Mme A, représentés par la Selas Fidal, Me Chabin, demandent au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2013, 2014 et 2015 et des contributions exceptionnelles sur les hauts revenus afférentes aux années 2014 et 2015 ainsi que des pénalités correspondantes ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 4 000 euros en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- les règlements communautaires CE, n° 1998/2006 et n°1407/2013 concernant les aides de minimis ne leur sont pas applicables dès lors que l'EURL Nathernersol, société de personnes, n'est pas la bénéficiaire de l'aide et que M. A, s'il est bénéficiaire de l'aide, n'exerce pas d'activité économique ;
- le règlement de minimis ne peut avoir pour effet de limiter le montant des bénéfices exonérés au niveau de l'EURL Nathernersol dès lors qu'elle bénéficie d'une exonération de ses bénéficies en vertu des dispositions de l'article 44 sexies du code général des impôts et que ses bénéfices ont été déclarés conformément à la législation en vigueur ; les rectifications opérées au niveau de la société ne sont pas fondées légalement dès lors qu'elle a déterminé correctement son bénéfice et a rempli correctement ses obligations déclaratives ;
- à titre subsidiaire, aucun fondement légal ne permet à l'administration de procéder à des rappels d'impôt sur le revenu pour l'année N alors que le dépassement du plafond des minimis est intervenu en N+1 ; l'aide étant réputée accordée, en matière d'impôt sur le revenu, lors de la mise en recouvrement de l'imposition, le plafond des minimis de 200 000 euros ne doit pas s'apprécier en tenant compte des années de réalisation des bénéfices de l'EURL Nathernersol mais en prenant en compte les années de mise en recouvrement de l'impôt sur le revenu ;
- les pénalités de 40% prévues par le a. de l'article 1729 du code général des impôts ne sont pas applicables en l'absence d'inexactitudes ou d'omissions relevées dans les déclarations de l'EURL Nathernersol et en l'absence de mauvaise foi et encore moins d'une intention de leur part de soustraire à l'impôt sur le revenu les bénéfices industriels et commerciaux de l'EURL Nathernersol.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 décembre 2020, le directeur départemental des finances publiques du Puy-de-Dôme conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 21 novembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 7 décembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Caraës,
- et les conclusions de M. Panighel, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. L'EURL Nathernersol et Ecosun technology, sociétés soumises pour l'imposition de leurs résultats au régime des sociétés de personnes de l'article 8 du code général des impôts, qui exercent une activité de production d'électricité à partir de panneaux photovoltaïques, ont pour gérant et unique associé M. B A. L'EURL Nathernersol a fait l'objet d'une vérification de comptabilité pour la période du 1er juillet 2012 au 30 juin 2015 à l'issue de laquelle le vérificateur a notamment remis en cause le bénéfice du régime d'exonération d'impôt sur le revenu sous lequel s'était placée la société sur le fondement du I de l'article 44 sexies du code général des impôts, au motif que l'allégement fiscal correspondant à cette exonération excédait au titre des exercices clos en 2013, 2014 et 2015 le montant maximal des aides de minimis prévu par le IV de cet article. Le foyer fiscal de M. A a, en conséquence, été assujetti, suivant la procédure contradictoire, à des compléments d'impôt sur le revenu dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux au titre des années 2013, 2014 et 2015 à hauteur des allègements accordés dépassant le plafond de minimis et à la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus pour les années 2014 et 2015. Ces impositions ont été assorties de la majoration de 40% prévue par le a. de l'article 1729 du code général des impôts. Par la présente requête, M. et Mme A demandent au tribunal de prononcer la décharge de ces impositions et des majorations correspondantes.
Sur le bien-fondé des impositions en litige :
2. Aux termes de l'article 44 sexies du code général des impôts : " I. Les entreprises soumises de plein droit ou sur option à un régime réel d'imposition de leurs résultats et qui exercent une activité industrielle, commerciale ou artisanale au sens de l'article 34 sont exonérées d'impôt sur le revenu ou d'impôt sur les sociétés à raison des bénéfices réalisés, à l'exclusion des plus-values constatées lors de la réévaluation des éléments d'actif, jusqu'au terme du vingt-troisième mois suivant celui de leur création et déclarés selon les modalités prévues à l'article 53 A. () / IV. () / Pour les exercices clos à compter du 1er janvier 2007, le bénéfice de l'exonération est subordonné au respect du règlement (CE) n° 1998/2006 de la Commission du 15 décembre 2006 concernant l'application des articles 87 et 88 du traité aux aides de minimis. " Le IV du même article, dans sa rédaction applicable à compter des exercices clos à compter du 1er janvier 2014, précise que : " Pour les exercices clos du 1er janvier 2007 au 31 décembre 2013, le bénéfice de l'exonération est subordonné au respect du règlement (CE) n° 1998/2006 de la Commission, du 15 décembre 2006, concernant l'application des articles 87 et 88 du traité aux aides de minimis. / Pour les exercices clos à compter du 1er janvier 2014, le bénéfice de l'exonération est subordonné au respect du règlement (UE) n° 1407/2013 de la Commission, du 18 décembre 2013, relatif à l'application des articles 107 et 108 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne aux aides de minimis ".
3. Aux termes de l'article 1er du règlement (CE) n° 1998/2006 de la Commission du 15 décembre 2006 concernant l'application des articles 87 et 88 du traité aux aides de minimis dont les dispositions ont été reprises à l'article 1er du règlement (UE) n° 1407/2013 de la commission du 18 décembre 2013 relatif à l'application des article 107 et 108 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne aux aides de minimis : " 1. Le présent règlement s'applique aux aides octroyées aux entreprises de tous les secteurs, () ". Aux termes de l'article 2 du même règlement n° 1998/2006 de la Commission du 15 décembre 2006, repris à l'article 3 du règlement (UE) n° 1407/2013 de la Commission du 18 décembre 2013, : " 2. Le montant brut total des aides de minimis octroyées à une même entreprise ne peut excéder 200 000 EUR sur une période de trois exercices fiscaux. () Ces plafonds s'appliquent quels que soient la forme et l'objectif des aides de minimis et indépendamment du fait que l'aide accordée par l'État membre soit financée en tout ou en partie au moyen de ressources communautaires. La période à prendre en considération est déterminée en se référant aux exercices fiscaux utilisés par l'entreprise dans l'État membre concerné ".
4. Aux termes de l'article 8 du code général des impôts : " Sous réserve des dispositions de l'article 6, les associés des sociétés en nom collectif et les commandités des sociétés en commandite simple sont, lorsque ces sociétés n'ont pas opté pour le régime fiscal des sociétés de capitaux, personnellement soumis à l'impôt sur le revenu pour la part de bénéfices sociaux correspondant à leurs droits dans la société. () Il en est de même, sous les mêmes conditions : () 4° De l'associé unique d'une société à responsabilité limitée lorsque cet associé est une personne physique ". Il résulte de ces dispositions que les bénéfices des sociétés de personnes sont soumis à l'impôt sur le revenu entre les mains des associés présents à la date de clôture de l'exercice, qui sont ainsi réputés avoir personnellement réalisé chacun une part de ces bénéfices à raison de leurs droits dans la société à cette date.
5. Il résulte des dispositions précitées de l'article 44 sexies du code général des impôts, qui excluent le bénéfice de l'exonération d'impôt sur le revenu ou d'impôt sur les sociétés à raison des bénéfices réalisés à compter du 1er janvier 2007 si le montant de l'aide ainsi accordée excède 200 000 euros sur une période de trois exercices fiscaux, que ces dispositions sont applicables à l'ensemble des entreprises soumises de plein droit ou sur option à un régime réel d'imposition de leurs résultats, qui exercent une activité industrielle, commerciale ou artisanale au sens de l'article 34 du code général des impôts et qui ont été créées à compter du 1er janvier 2000, y compris aux sociétés de personnes. Contrairement à ce que soutiennent M. et Mme A, il ne résulte ni du règlement (CE) n° 1998/2006 de la Commission du 15 décembre 2006 ou du règlement (UE) n° 1407/2013 de la commission du 18 décembre 2013 ni d'aucune disposition législative ou réglementaire que le plafond de l'aide ainsi défini devrait être apprécié non au niveau de l'entreprise mais au niveau de chacun de ses associés. Il est constant que le montant de l'allégement fiscal dont l'EURL Nathernersol a bénéficié au titre des exercices clos en 2013, 2014 et 2015 excédait ce plafond. L'administration était, par suite, fondée à remettre en cause cet allégement fiscal et à assigner à M. et Mme A, en leur qualité de membres d'une société de personnes personnellement assujettis à l'impôt sur le revenu pour la part des bénéfices sociaux correspondant à leur droits dans la société, des compléments d'impôt sur le revenu, dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux, au titre des années 2013, 2014 et 2015, sans que les requérants puissent utilement soutenir qu'ils ne constituent pas une entreprise au sens du règlement (CE) n° 1998/2006 de la Commission du 15 décembre 2006 et du règlement (UE) n° 1407/2013 de la commission du 18 décembre 2013 et que les rectifications opérées au niveau de la société ne sont pas fondées légalement.
6. Le service a retenu au titre des années 2011 à 2015 les bénéfices exonérés des exercices clos des EURL Nathernersol et Ecosun Technology au cours de ces années et a comparé la charge fiscale supportée par ces entreprises après prise en compte de la mesure d'aide et celle dont elles auraient été redevables si elles n'avaient pas bénéficié du dispositif de l'article 44 sexies du code général des impôts. Pour calculer les rectifications en litige, l'administration a pris en compte la date d'octroi des aides matérialisées par les allègements d'impôt sur le revenu dont a bénéficié le foyer fiscal des époux A correspondant à la date de mise en recouvrement des avis d'imposition à l'impôt sur le revenu, à savoir le 31 juillet 2014 en ce qui concerne l'impôt correspondant au bénéfice exonéré des deux sociétés au 30 juin 2013, le 31 juillet 2015 en ce qui concerne l'impôt correspondant au bénéfice exonéré des deux sociétés au 30 juin 2014 et le 31 juillet 2016 en ce qui concerne l'impôt correspondant au bénéfice exonéré des deux sociétés au 30 juin 2015. Par suite, les compléments d'impôt sur le revenu auxquels le foyer fiscal de M. A a été assujetti au titre des années 2013, 2014 et 2015 ont été correctement établis.
Sur le bien-fondé des majorations :
7. Aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : / a. 40 % en cas de manquement délibéré () ".
8. En se bornant à relever que les rectifications opérées au cours des années vérifiées étaient identiques à celles qui avaient été notifiées lors d'une précédente vérification portant sur les années 2011 et 2012 et concernant l'EURL Ecosun Technology, que les sommes en litige n'avaient pas fait l'objet d'une régularisation et, dans le cadre de ses écritures contentieuses, que M. et Mme A n'avaient pas porté de mention expresse sur leurs déclarations de la persistance du désaccord avec les redressements opérés au titre des années précédentes, alors que les époux A font valoir que le différend sur les redressements opérés au titre des années 2011 et 2012 n'avait pas été tranché de manière définitive par le juge de l'impôt au moment de la déclaration de leurs revenus au titre des années 2013, 2014 et 2015, l'administration fiscale ne peut être regardée comme ayant établi l'intention de M. et Mme A d'éluder l'impôt.
9. Il résulte de ce qui précède que M. et Mme A sont seulement fondés à obtenir la décharge des majorations qui leur ont été appliquées sur le fondement du a. de l'article 1729 du code général des impôts au titre des années 2013, 2014 et 2015.
Sur les frais liés à l'instance :
10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. et Mme A dans l'instance en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : M. et Mme A sont déchargés des majorations qui leur ont été appliquées sur le fondement du a. de l'article 1729 du code général des impôts au titre des années 2013, 2014 et 2015
Article 2 : L'Etat versera à M. et Mme A une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme et M. B A et au directeur départemental des finances publiques du Puy-de-Dôme.
Délibéré après l'audience du 6 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Caraës, présidente,
M. Jurie, premier conseiller,
Mme Bollon, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2024.
La présidente-rapporteure,
R. CARAËS
L'assesseur le plus ancien,
G. JURIE
La greffière,
F. LLORACH
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026