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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2001459

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2001459

vendredi 4 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2001459
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
FormationChambre 1
Avocat requérantSAS ROUGE GUICHARD AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I - Par une requête, enregistrée le 21 août 2020 sous le n°2001459, et un mémoire complémentaire, enregistré le 17 janvier 2023, qui n'a pas été communiqué, Mme A B, représentée par Me Rougé Guichard, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge de l'obligation qui lui a été notifiée par un avis à tiers détenteur du 30 janvier 2020 de payer les cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles elle a été assujettie pour un montant de 15 589,13 euros ;

2°) de lui restituer l'intégralité des sommes dont le recouvrement est poursuivi au titre de l'année 2013 pour un montant principal de 31 548 euros au titre des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de 13 786 euros au titre des cotisations supplémentaires de contributions sociales et de 3 155 euros et 1 379 euros au titre de la majoration de retard de paiement assorties des intérêts moratoires dus en application de l'article 208 du livre des procédures fiscales.

Elle soutient que :

- le dégrèvement décidé par l'administration fiscale annule le titre d'imposition sur le fondement duquel l'administration entend fonder ses poursuites ; l'effet de cette annulation ne saurait se limiter aux seules impositions dégrevées ; à défaut d'avoir légalement rétabli le rôle des impositions, le montant des acomptes versés est entaché d'erreur de droit ;

- le titre exécutoire ayant été annulé par l'effet d'un dégrèvement prononcé par l'administration le 13 février 2018 et en l'absence d'un titre d'imposition régulier de nature à rendre exigible les impositions, la saisie administrative à tiers détenteur sera annulée pour manque de base légale à hauteur de la somme de 15 165 euros ;

- compte tenu de la décision de dégrèvement du 13 février 2018 à hauteur de la somme de 2 758 euros, le montant des droits au principal au titre des prélèvements sociaux s'établit à la somme de 12 131 euros et non de 13 786 euros et la majoration de retard s'établit à 1 210 euros.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 février 2021, le directeur départemental des finances publiques de l'Allier conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 10 janvier 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 3 février 2023.

II - Par une requête, enregistrée le 9 février 2021 sous le n° 2100269, Mme A B, représentée par Me Rougé Guichard, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge de l'obligation qui lui a été notifiée par un avis à tiers détenteur du 22 octobre 2020 de payer les cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles elle a été assujettie pour un montant de 2 517,22 euros ;

2°) de lui restituer l'intégralité des sommes dont le recouvrement est poursuivi au titre de l'année 2013 pour un montant principal de 31 548 euros au titre des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de 13 786 euros au titre des cotisations supplémentaires de contributions sociales et de 3 155 euros et 1 379 euros au titre de la majoration de retard de paiement assorties des intérêts moratoires dus en application de l'article 208 du livre des procédures fiscales.

Elle soutient que :

- le dégrèvement décidé par l'administration fiscale annule le titre d'imposition sur le fondement duquel l'administration entend fonder ses poursuites ; l'effet de cette annulation ne saurait se limiter aux seules impositions dégrevées ; à défaut d'avoir légalement rétabli le rôle des impositions, la saisie administrative à tiers détenteur sera annulée pour manque de base légale à hauteur de la somme de 15 165 euros ;

- compte tenu de la décision de dégrèvement du 13 février 2018 à hauteur de la somme de 2 758 euros, le montant des droits au principal au titre des prélèvements sociaux s'établit à la somme de 13 786 euros.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 avril 2021, le directeur départemental des finances publiques de l'Allier conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 15 mai 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 26 mai 2023.

Vu les autres pièces des dossiers ;

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Caraës,

- et les conclusions de M. Panighel, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Les requêtes n°2001459 et 2100269 présentées par Mme B présentent à juger des questions semblables. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

2. Mme A B s'est vue notifier des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales au titre de l'année 2013 ainsi que des intérêts de retard et des majorations correspondants. Elle a contesté le bien-fondé de ces compléments et a bénéficié du sursis de paiement en application de l'article L. 277 du livre des procédures fiscales. Par un jugement du 15 octobre 2019, le tribunal administratif de Clermont-Ferrand a conclu au non-lieu à statuer sur ses conclusions à concurrence du dégrèvement partiel des contributions sociales supplémentaires mises à sa charge au titre de l'année 2013 et a rejeté le surplus des conclusions de la requête. Pour avoir paiement de la somme globale de 15 589,13 euros puis de la somme de 2 517, 22 euros dont Mme B restait redevable, le comptable public compétent lui a notifié, les 30 janvier et 22 octobre 2020, des saisies administratives à tiers détenteur que Mme B a contestées par des réclamations du 24 février 2020 et du 14 novembre 2020 respectivement rejetées par des décisions du directeur départemental des finances publiques de l'Allier des 20 mars et 8 décembre 2020. Par des requêtes, enregistrées sous le n° 2001459 et 2100269, Mme B demande au tribunal de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme visée par les actes de poursuite des 30 janvier et 22 octobre 2020.

3. Aux termes de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales : " Les contestations relatives au recouvrement des impôts, taxes, redevances, amendes, condamnations pécuniaires et sommes quelconques dont la perception incombe aux comptables publics doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites. () Les contestations relatives au recouvrement ne peuvent pas remettre en cause le bien-fondé de la créance. Elles peuvent porter : () 2° A l'exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, sur l'obligation au paiement, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués et sur l'exigibilité de la somme réclamée ".

Sur l'exigibilité des sommes réclamées :

4. Ainsi qu'il a été dit au point 1 du présent jugement, Mme B a été assujettie à des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales au titre de l'année 2013 ainsi qu'à des intérêts de retard et à la majoration de 40% pour manquement délibéré prévue au a. de l'article 1729 du code général des impôts. Ces impositions supplémentaires ont été mises en recouvrement le 31 décembre 2016. Le 22 août 2017, Mme B a demandé au tribunal administratif de Clermont-Ferrand de prononcer la décharge de ces cotisations supplémentaires. Par une décision du 13 février 2018, postérieure à l'enregistrement de la requête, le directeur départemental des finances publiques du Puy-de-Dôme a prononcé le dégrèvement partiel des cotisations supplémentaires des contributions sociales auxquelles Mme B avait été assujettie à hauteur de la somme de 2 758 euros correspondant à la différence entre les prélèvements sociaux calculés sur une assiette majorée de 25% et les impositions calculées sur le rehaussement non majoré. Par un jugement du 15 octobre 2019, confirmé par un arrêt du 20 mai 2021 de la cour administrative d'appel de Lyon, le tribunal administratif de Clermont-Ferrand a conclu au non-lieu à statuer sur les conclusions de la requérante à concurrence du dégrèvement partiel décidé le 13 février 2018 par l'administration fiscale et rejeté le surplus des conclusions de la requête. Par suite, la décision de dégrèvement partiel du 13 février 2018, prononcé en cours d'instance devant le tribunal administratif de Clermont-Ferrand, n'a pas eu pour objet et pour effet d'annuler le titre fondant le paiement des compléments d'impôt sur le revenu et de contributions sociales restant dus de telle sorte que l'administration n'était pas tenue d'informer le contribuable du maintien des sommes rectifiées restant dues et d'émettre un nouveau titre fondant le recouvrement en litige. Dans ces conditions, Mme B n'est pas fondée à soutenir que la décision de dégrèvement partiel du 13 février 2018 impliquait nécessairement la notification d'un nouveau titre et a privé de base légale, faute de titre régulier, les saisies administratives à tiers détenteur contestées.

Sur le montant de la dette :

5. Il n'est pas sérieusement contesté que le montant total des impositions et des majorations dues s'élevait à la somme de 49 868 euros. En tenant compte du dégrèvement partiel des cotisations supplémentaires des contributions sociales de 2 758 euros, de la majoration correspondante de 276 euros et d'un recouvrement de 31 244, 87 euros comptabilisé le 4 novembre 2019, le montant restant dû s'élevait à la somme de 15 589,13 euros correspondant au montant de la saisie administrative à tiers détenteur bancaire émise le 30 janvier 2020. A la suite du recouvrement de la somme de 13 071,91 euros comptabilisé le 25 septembre 2020 à la suite de la saisie administrative à tiers détenteur du 30 janvier 2020, le montant de la somme restant dû s'élevait à la somme de 2 517, 22 euros correspondant au montant de la saisie administrative à tiers détenteur bancaire émise le 22 octobre 2020. Par suite, Mme B n'est pas fondée à soutenir que le montant de la dette mentionné dans les saisies administratives à tiers détenteur contestées serait erroné peu important à cet égard la circonstance que le montant du dégrèvement apparaisse dans la colonne " versements effectués ".

6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin de décharge de l'obligation de payer doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : Les requêtes de Mme B sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au directeur départemental des finances publiques de l'Allier.

Délibéré après l'audience du 20 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Caraës, présidente,

M. Jurie, premier conseiller,

Mme Bollon, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 octobre 2024.

La présidente-rapporteure,

R. CARAËS

L'assesseur le plus ancien,

G. JURIE La greffière,

F. LLORACH

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°S 2001459 et 2100269

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