vendredi 4 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2001471 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Chambre 1 |
| Avocat requérant | CABINET FIDAL BELLERIVE SUR ALLIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 25 août 2020, M. B A, représenté par le cabinet Fidal, Me Arnal-Yves, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles il a été assujetti au titre des années 2013 et 2014 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- s'agissant du local commercial situé à Bellerive sur Allier, en application de l'annexe III - B de l'arrêté du 30 décembre 1987 relatif à la nature des travaux pouvant être financés par la subvention à l'amélioration des logements locatifs sociaux, l'ensemble des travaux réalisés doivent être pris en compte dans leur globalité afin de faciliter l'accès des personnes handicapées qui font aussi partie de la clientèle ; la modification du parking était rendue nécessaire par la dangerosité du sol et l'accès par la rampe en voiture avant de se garer devant la porte du magasin était également difficile pour les personnes handicapées non véhiculées ; les travaux relatifs au changement d'enseigne sont des travaux d'entretien de l'immeuble et ne modifient pas la consistance, l'agencement ou l'équipement initial de l'immeuble ;
- s'agissant de l'immeuble à usage d'habitation situé à Clermont-Ferrand, la SCI Sogima V a procédé à un réaménagement complet de l'immeuble conduisant à une répartition des niveaux le composant ; les travaux réalisés sur chaque niveau de l'immeuble présente un caractère dissociable ; pour les travaux du rez-de-chaussée, les travaux sont des travaux d'entretien et de réparation et n'ont pas porté atteinte au gros œuvre de l'immeuble ; le paragraphe 50 de la doctrine administrative référencée BOI-RFPI-BASE-20-30-10 du 3 février 2014 considère comme des travaux de réparation les travaux de réparation des plafonds, des planchers, de l'escalier et de réfection des enduits extérieurs ; il en va de même concernant les travaux de remise en état de la toiture d'un immeuble, de ravalement et crépissage des murs et de réfection des peintures extérieurs ; pour les travaux effectués au premier étage ; les travaux ont consisté à créer trois studios à la place d'un ancien laboratoire mais la destination originelle du premier étage était celle d'une habitation ; les travaux réalisés n'ont pas eu pour effet d'augmenter la surface habitable de l'immeuble ; l'état de vétusté avéré de l'immeuble justifiait les travaux de remise en état de la plomberie et du chauffage ; pour les travaux effectués au 2ème et 3ème étage, les travaux réalisés ne sont pas des travaux de construction ou reconstruction ; les dépenses de mise en conformité des canalisations en plomb sont constitutives de dépenses d'amélioration au sens de la réponse ministérielle C publiée au Journal officiel de l'Assemblée nationale le 20 octobre 2003 et de la doctrine référencée BOI-RFPI-BASE-20-30-10 ; il en va de même des dépenses d'agrandissement de fenêtres ; les travaux portant sur la mise aux normes des canalisations et la remise en état du système électrique ainsi que celles relatives aux peintures et à l'isolation de l'étage constituent des dépenses de réparation déductibles des revenus fonciers ; les travaux n'ont pas affecté le gros œuvre ni augmenté la surface habitable.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 décembre 2020, le directeur départemental des finances publiques du Puy-de-Dôme conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 10 janvier 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 3 février 2023.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Caraës,
- et les conclusions de M. Panighel, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La SCI Sogimo V, société soumise au régime d'imposition de l'article 8 du code général des impôts ayant pour activité la location et la gestion de son patrimoine immobilier et dont M. B A, gérant, détient 95% des parts, est propriétaire de deux immeubles, l'un à usage commercial situé Champ Navarre à Bellerive-sur-Allier, le second à usage d'habitation situé rue du Port à Clermont-Ferrand. Elle a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur la période du 1er janvier 2012 au 31 décembre 2014 étendue en matière de taxe sur la valeur ajoutée jusqu'au 31 juillet 2015 à l'issue de laquelle l'administration a notamment refusé d'admettre en déduction des dépenses de réparation, d'entretien ou d'amélioration comptabilisées pour le local commercial et l'immeuble à usage d'habitation au titre des exercices clos en 2011 et 2012. En conséquence de la minoration du déficit reportable en matière de revenus fonciers et du rehaussement des résultats de la SCI Sogimo V, M. A a été assujetti, suivant la procédure contradictoire et à proportion des droits qu'il détient dans la SCI Sogimo V, à des compléments d'impôt sur le revenu dans la catégorie des revenus fonciers et de contributions sociales au titre des années 2013 et 2014. M. A demande au tribunal de prononcer la décharge de ces impositions.
Sur le bien-fondé des impositions :
2. Aux termes de l'article 31 du code général des impôts : " I. Les charges de la propriété déductibles pour la détermination du revenu net comprennent : 1° Pour les propriétés urbaines : a) Les dépenses de réparation et d'entretien effectivement supportées par le propriétaire () b) Les dépenses d'amélioration afférentes aux locaux d'habitation, à l'exclusion des frais correspondant à des travaux de construction, de reconstruction ou d'agrandissement () ; b bis ) Les dépenses d'amélioration afférentes aux locaux professionnels et commerciaux destinées à protéger ces locaux des effets de l'amiante ou à faciliter l'accueil des handicapés, à l'exclusion des frais correspondant à des travaux de construction, de reconstruction ou d'agrandissement ; () ".
3. Au sens de ces dispositions, doivent être regardés comme des travaux de reconstruction ceux qui comportent la création de nouveaux locaux d'habitation ou qui ont pour effet d'apporter une modification importante au gros œuvre, ainsi que les travaux d'aménagement interne qui, par leur importance, équivalent à des travaux de reconstruction, et comme des travaux d'agrandissement ceux qui ont pour effet d'accroître le volume ou la surface habitable des locaux existants. Des travaux d'aménagement interne, quelle que soit leur importance, ne peuvent être regardés comme des travaux de reconstruction que s'ils affectent le gros œuvre ou s'il en résulte une augmentation du volume ou de la surface habitable. En outre, ne sont pas déductibles les travaux de réparation, d'entretien ou d'amélioration, lorsqu'ils sont indissociables de travaux de construction, de reconstruction ou d'agrandissement.
4. Il appartient au contribuable de justifier de la réalité, de la consistance et, par suite, du caractère déductible de ces charges en produisant des pièces justificatives, qui sont constituées de factures, de plans, de photographies et de tous autres éléments permettant d'établir avec précision la nature, le montant et la réalité de la charge supportée.
En ce qui concerne le local commercial situé à Bellerive-sur-Allier :
5. Il résulte de la proposition de rectification du 16 décembre 2015 adressée à la SCI Sogimo V auxquelles les propositions de rectification adressées le même jour à M. A se réfèrent que les travaux réalisés en 2011 et 2012, dont le montant global figurant sur les déclarations n° 2072 s'élève à la somme de 202 057 euros, ont porté sur l'immeuble à usage commercial acquis le 22 février 2011 situé à Bellerive-sur-Allier. Après avoir admis en déduction des revenus fonciers certaines dépenses et notamment celles relatives aux travaux d'installation de l'ascenseur permettant l'accès au hall d'exposition des personnes handicapées, le vérificateur n'a pas retenu en déduction de ces mêmes revenus fonciers les travaux consistant en la démolition des anciennes clôtures et du portail d'accès à l'ancien parking, l'excavation du terrain à usage de parking situé en façade de l'immeuble au niveau du hall d'exposition, la création d'un nouveau parking en rez-de-jardin permettant un accès direct à la zone de stockage avec un agrandissement du parking, la création d'un accès du magasin par le rez-de-chaussée, après percement du mur de soutènement pour créer un passage en façade, l'accès au hall d'exposition s'effectuant dorénavant par un escalier allant du rez-de-jardin à l'étage. Si M. A soutient que les travaux réalisés doivent être pris en compte dans leur globalité dans la mesure où ils sont destinés à faciliter l'accueil des personnes handicapées au magasin compte tenu de la dangerosité du sol du parking et de la difficulté d'accès par la rampe en voiture, il ne produit aucun document venant au soutien de ses allégations alors qu'il n'est pas contesté que l'ancienne configuration d'accès au hall d'exposition permettait aux personnes handicapées d'y accéder directement depuis l'ancien parking démoli lors des travaux contrairement à la configuration actuelle. Par suite, compte tenu de la nature des travaux, ils doivent être regardés non comme des dépenses de réparation et d'entretien ou d'amélioration mais comme des dépenses engagées en vue de travaux de reconstruction qui ne peuvent être qualifiées de charge de la propriété déductibles au sens des dispositions du b bis) du 1° du I de l'article 31 du code général des impôts.
6. Si M. A soutient que les travaux relatifs au changement d'enseigne sont des travaux d'entretien de l'immeuble et ne modifient pas la consistance, l'agencement ou l'équipement initial de l'immeuble, il n'est pas sérieusement contesté que les modifications apportées au local et la démolition de la terrasse et de la butte ont nécessité la pose d'un bardage sur la partie basse de l'immeuble auparavant recouverte de terre et la reprise de l'ensemble du bardage pour conserver un ensemble cohérent correspondant à l'enseigne (couleur, forme et signalétique). Il s'ensuit que ces travaux doivent être regardés comme l'accessoire indissociable des travaux de reconstruction.
En ce qui concerne l'immeuble à usage d'habitation situé à Clermont-Ferrand :
7. Il résulte de l'instruction que les travaux réalisés en 2011 et 2012, dont le montant global figurant sur les déclarations n° 2072, s'élève à la somme de 145 069 euros, ont porté sur un immeuble situé à Clermont-Ferrand acquis le 20 novembre 2010 qui comprenait, avant les travaux, au rez-de-chaussée, une boutique, une réserve, un débarras ; au premier étage, un laboratoire de pâtisserie-chocolatier et un débarras ; au deuxième étage, un appartement T3 et au troisième étage, un appartement T3 en duplex. A l'issue de cette opération, les travaux en litige ont permis la création, au rez-de-chaussée, d'un local commercial avec réserve et local sanitaire et d'un local commun à l'immeuble (local poubelles et garage à vélos) ; au premier et deuxième étage, de trois studios et, au troisième étage, de deux studios. Pour ce faire, au rez-de-chaussée, l'ensemble de la façade de l'immeuble a été démoli pour permettre la création d'une vitrine et de deux portes d'entrée en retrait par rapport à la façade initiale, ce qui a nécessité la suppression du jambage et le passage d'un linteau métallique ; l'accès aux studios a conduit à la création d'un couloir d'entrée séparé du local commercial emportant l'élargissement de la porte d'entrée et la modification de l'accès à la cour intérieure ainsi que la démolition de l'escalier interne et du monte-charge entre la boutique et le laboratoire du premier étage. Au premier et deuxième étage, la création des studios a entraîné le percement de nouvelles portes d'accès, notamment dans la façade côté cour pour créer la porte d'entrée du studio situé au deuxième étage, et de nouvelles fenêtres. Un mur de parpaing et l'escalier interne d'accès entre le premier et le deuxième étage ont également été démolis. Si l'occupation temporaire d'une partie du premier étage par un laboratoire de pâtisserie-chocolatier n'est pas de nature à lui ôter sa destination originelle d'habitation de telle sorte que les travaux réalisés en vue de sa location à usage d'habitation ne contribuent pas à la création de nouveaux locaux d'habitation, il résulte toutefois de ce qui a été dit précédemment que ces travaux, qui ont par ailleurs entraîné la création de nouveaux sols et plafonds et la redistribution totale de l'aménagement interne, ont affecté de façon importante le gros œuvre et doivent être regardés comme des travaux de reconstruction. Par ailleurs, à supposer même que certains travaux, pris isolément, puissent être regardés comme des travaux de rénovation, ils ne sont toutefois pas dissociables de l'opération globale de reconstruction de l'immeuble. Par suite, les dépenses en litige constituent non des dépenses de réparation et d'entretien ou d'amélioration mais des dépenses engagées en vue de travaux de reconstruction qui ne peuvent être qualifiées de charges de la propriété déductibles au sens des dispositions de l'article 31 du code général des impôts.
8. M. A n'est pas fondé à se prévaloir, sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, du paragraphe 50 de l'instruction référencée BOI-RFPI-BASE-20-30-10 qui donne des exemples de dépenses de réparation et ne comportent aucune interprétation différente de celle qui résulte de la loi fiscale dont il a été fait application. Il en est de même de la réponse ministérielle faite à M. C publiée au Journal officiel de l'Assemblée nationale le 20 octobre 2003.
9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête de M. A doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au directeur départemental des finances publiques du Puy-de-Dôme.
Délibéré après l'audience du 20 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Caraës, présidente,
M. Jurie, premier conseiller,
Mme Bollon, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 octobre 2024.
La présidente-rapporteure,
R. CARAËS
L'assesseur le plus ancien,
G. JURIE La greffière,
F. LLORACH
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026