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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2001723

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2001723

mardi 16 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2001723
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
FormationChambre 1

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I - Par une requête, enregistrée le 5 octobre 2020, et un mémoire complémentaire, enregistré le 30 mars 2021, M. B C demande au tribunal de prononcer la restitution des crédits d'impôt afférents aux titres Airbus et LBPAM Actions Santé pour des montants de 55,06 euros au titre de l'année 2017, de 56,55 euros au titre de l'année 2018 et de 63,16 euros au titre de l'année 2019.

Il soutient que :

- en application du 5°bis de l'article 157 du code général des impôts, les produits procurés par les placements effectués dans le cadre d'un plan d'épargne en actions sont exonérés d'impôt sur le revenu ;

- il produit les documents nécessaires à l'instruction de sa demande levant ainsi les incertitudes de l'administration ;

- il a bénéficié d'une prise de position formelle de l'administration à la suite des dégrèvements prononcés au titre des années 2014, 2015 et 2016 ;

- la convention fiscale franco-néerlandaise attribue aux Pays-Bas une imposition à la source au taux de 15% dont l'existence et le montant ne sont pas contestables ; la prise en charge définitive par les détenteurs d'un plan d'épargne en actions du montant d'une retenue à la source en l'espèce néerlandaise au taux de 15% du montant des produits constitue une discrimination entre les sociétés européennes et les sociétés françaises, crée une rupture d'égalité devant l'impôt entre les détenteurs d'un plan d'épargne en actions en fonction du pays d'implantation du siège social des sociétés dont ils acquièrent les titres et entre les détenteurs de plan d'épargne en actions et les détenteurs de comptes-titres ordinaires.

- la doctrine BOI-RPPM-RCM-40-50-30 du 15 janvier 2015 est applicable.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 28 janvier et 15 avril 2021, le directeur départemental des finances publiques du Puy-de-Dôme conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 1er avril 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 28 mai 2021.

II - Par une requête, enregistrée le 20 novembre 2020, et un mémoire complémentaire, enregistré le 30 mars 2021, M. B C demande au tribunal de prononcer la restitution des crédits d'impôt afférents aux titres Airbus et LBPAM Actions Santé pour des montants de 55,06 euros au titre de l'année 2017, de 56,55 euros au titre de l'année 2018 et de 63,16 euros au titre de l'année 2019.

Il soutient que :

- en application du 5°bis de l'article 157 du code général des impôts, les produits procurés par les placements effectués dans le cadre d'un plan d'épargne en actions sont exonérés d'impôt sur le revenu ;

- il produit les documents nécessaires à l'instruction de sa demande levant ainsi les incertitudes de l'administration ;

- il a bénéficié d'une prise de position formelle de l'administration à la suite des dégrèvements prononcés au titre des années 2014, 2015 et 2016 ;

- la convention fiscale franco-néerlandaise attribue aux Pays-Bas une imposition à la source au taux de 15% dont l'existence et le montant ne sont pas contestables ; la prise en charge définitive par les détenteurs d'un plan d'épargne en actions du montant d'une retenue à la source en l'espèce néerlandaise au taux de 15% du montant des produits constitue une discrimination entre les sociétés européennes et les sociétés françaises, crée une rupture d'égalité devant l'impôt entre les détenteurs d'un plan d'épargne en actions en fonction du pays d'implantation du siège social des sociétés dont ils acquièrent les titres et entre les détenteurs de plan d'épargne en actions et les détenteurs de comptes-titres ordinaires.

- la doctrine BOI-RPPM-RCM-40-50-30 du 15 janvier 2015 est applicable.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 26 février et 15 avril 2021, le directeur départemental des finances publiques du Puy-de-Dôme conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 1er avril 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au 28 mai 2021.

Vu les autres pièces des dossiers ;

Vu :

- la convention signée le 16 mars 1973 entre le Gouvernement de la République Française et le Gouvernement du Royaume des Pays-Bas tendant à éviter les doubles impositions et à prévenir l'évasion fiscale en matière d'impôts sur le revenu et sur la fortune (ensemble un protocole) ;

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Caraës,

- et les conclusions de M. Panighel, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Les requêtes n°2001723 et 2002099 présentées par M. C présentent à juger des questions semblables. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

2. En 2014, M. A C a acquis 228 actions Airbus SE et 72,91033 parts du fond commun de placement LBPAM Actions Santé éligibles au plan d'épargne en actions ouvert auprès de la Banque postale. Il a été assujetti à des cotisations primitives d'impôt sur le revenu au titre des années 2017, 2018 et 2019 conformément à ses déclarations. Il a sollicité, sur le fondement du 5° bis de l'article 157 du code général des impôts, la restitution de crédits d'impôts afférents aux produits des titres Airbus SE et LBPAM Actions Santé pour des montants de 55,06 euros au titre de l'année 2017, de 56,55 euros au titre de l'année 2018 et de 63,16 euros au titre de l'année 2019. Par les requêtes n° 2001723 et 2002099, M. C demande au tribunal de prononcer la restitution de ces crédits d'impôt.

3. Aux termes de l'article 157 du code général des impôts : " N'entrent pas en compte pour la détermination du revenu net global : () 5° bis Les produits et plus-values que procurent les placements effectués dans le cadre d'un plan d'épargne en actions défini à l'article 163 quinquies D ; () ".

4. Aux termes de l'article 242 ter du même code : " 1. Les personnes qui assurent le paiement des revenus de capitaux mobiliers visés aux articles 108 à 125 ainsi que des produits des bons ou contrats de capitalisation et placements de même nature sont tenues de déclarer l'identité et l'adresse des bénéficiaires ainsi que, par nature de revenus, le détail du montant imposable et du crédit d'impôt, le revenu brut soumis à un prélèvement et le montant dudit prélèvement et le montant des revenus exonérés. Cette déclaration ne concerne pas, sauf s'agissant des produits mentionnés au 1° si leur bénéficiaire a son domicile fiscal hors de France dans un Etat membre de l'Union européenne : 1° Les produits et intérêts exonérés visés au 7°, 7° ter, 7° quater, 9° bis, 9° ter, 9° quater et 9° sexies de l'article 157 ; () ".

5. Pour refuser à M. C la restitution des crédits d'impôt en litige, l'administration a relevé que les montants dont la restitution était demandée par l'intéressé n'étaient pas retranscrits dans les imprimés fiscaux uniques (IFU) fournis par la Banque postale et que le caractère global des montants indiqués sur ces mêmes imprimés en ligne 2CK soit 688 euros et 202 euros ne permettait pas d'identifier les revenus se rapportant à des titres placés dans un plan d'épargne en actions. Dans ses écritures contentieuses, l'administration indique également que les éventuels prélèvements fiscaux antérieurs opérés sur les produits issus des titres détenus par M. C ne sont pas établis.

6. Il est constant que les imprimés fiscaux uniques émis par la Banque postale au titre des années en litige ne font état, au titre des numéros de compte détenus par M. C, que d'un compte plan d'épargne logement (PEL) et d'un compte sur livret (CSL) et reportent dans les zones dédiées de ces imprimés d'une part les produits du plan d'épargne logement, clôturé le 25 juillet 2018, et du compte sur livret pour des montants globaux de 2 865 euros, 1 581 euros et 21 euros au titre respectivement des années 2017, 2018 et 2019 et d'autre part, les montants respectifs de 688 euros, 202 euros et 3 euros correspondant aux crédits d'impôt relatifs à ces deux placements et que les zones concernant la fiscalité des plans d'épargne en actions figurant sur ces mêmes imprimés fiscaux uniques sont vierges.

7. M. C soutient que les imprimés fiscaux uniques émis par la Banque postale sont erronés et qu'il devait bénéficier de l'exonération prévue par le 5° bis de l'article 157 du code général des impôts et produit, au soutien de son moyen, les comptes rendus d'opération relatifs aux produits issus des titres Airbus SE et des parts du fond commun de placement LBPAM Actions Santé qui mentionnent des crédits d'impôt afférents à ces placements non reportés sur les imprimés fiscaux uniques. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction que les produits issus de ces titres auraient fait l'objet d'un prélèvement fiscal antérieur susceptible de justifier l'octroi d'un crédit d'impôt. A cet égard, si M. C produit un extrait d'un document en langue anglaise intitulé " Registration Document " issu de la société Airbus et relatif aux dividendes aux termes duquel " In general, a dividend distributed by the Company in respect of Shares will be subject to a withholding tax imposed by the Netherlands at a statutory rate of 15% ", ce seul document ne permet pas de considérer qu'au cas d'espèce, la distribution des dividendes issus de la détention de titres Airbus aurait fait l'objet d'un prélèvement fiscal antérieur permettant à M. C de bénéficier d'un crédit d'impôt. Par ailleurs, aucun document n'est produit concernant les éventuels prélèvements fiscaux qui auraient été opérés sur les produits issus des parts du fond commun de placement LBPAM Actions Santé.

8. M. C ne peut se prévaloir de l'article 10 sur les dividendes et de l'article 24 relatif aux dispositions pour éviter les doubles impositions de la convention signée le 16 mars 1973 entre le Gouvernement de la République Française et le Gouvernement du Royaume des Pays-Bas tendant à éviter les doubles impositions et à prévenir l'évasion fiscale en matière d'impôts sur le revenu et sur la fortune (ensemble un protocole) dès lors qu'il n'établit pas, ainsi qu'il a été dit, l'existence de prélèvements fiscaux antérieurs opérés sur les produits issus des titres de la société Airbus et des parts du fond commun de placement LBPAM Actions Santé et qu'en tout état de cause, les produits issus d'un plan d'épargne en actions sont exonérés d'impôt en application du 5° bis de l'article 157 du code général des impôts.

9. Si, par trois décisions du 22 janvier 2018, la direction départementale des finances publiques du Puy-de-Dôme a prononcé la restitution des sommes de 56 euros, de 54 euros et de 33 euros au titre des années 2014, 2015 et 2016, il n'est pas contesté que ces décisions ne sont assorties d'aucune motivation de sorte qu'elles ne peuvent s'analyser comme une prise de position de l'administration au sens de l'article L. 80 B du livre des procédures fiscales.

10. M. C ne peut se prévaloir de la doctrine référencée BOI-RPPM-RCM-40-50-30 aux termes de laquelle " les crédits d'impôts conventionnels attachés aux produits des titres de sociétés européennes inscrits dans un PEA et dont les émetteurs n'ont pas leur siège en France n'ouvrent pas droit à restitution. () En effet, conformément aux dispositions conventionnelles, les crédits d'impôt ne sont restitués que dans l'hypothèse où les revenus sont eux-mêmes imposables. Tel n'est pas le cas des revenus de titre inscrits sur un PEA " dès lors qu'il ne justifie pas que les revenus de titres inscrits sur son plan d'épargne en actions auraient fait l'objet d'une quelconque imposition.

11. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin de restitution présentées par M. C doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : Les requêtes de M. C sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au directeur départemental des finances publiques du Puy-de-Dôme.

Délibéré après l'audience du 5 juillet 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Caraës, présidente,

M. Jurie, premier conseiller,

Mme Bollon, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 juillet 2024.

La présidente-rapporteure,

R. CARAËS

L'assesseur le plus ancien,

G. JURIE La greffière,

F. LLORACH

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°s 2001723 et 2002099

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