vendredi 4 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2002168 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Chambre 1 |
| Avocat requérant | SIERACZEK-LAPORTE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 novembre 2020, et des mémoires complémentaires, enregistrés les 24 février et 7 avril 2021, Mme D C, représentée par Me Laporte, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles M. B A a été assujetti au titre des années 2006 et 2007 et des pénalités afférentes ainsi que des reprises consécutives à la remise en cause du droit de M. A, au titre du dispositif dit du " bouclier fiscal ", à restitution des impositions en fonction des revenus au titre des années 2006 et 2007 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable dès lors que la réclamation contentieuse présentée était recevable ; la réclamation du 26 décembre 2019 n'est pas irrecevable dès lors qu'en application du c. de l'article R. 196-1 du livre des procédures fiscales, elle peut se prévaloir d'évènements qui motivent sa réclamation, à savoir la connaissance des documents dont M. A avait demandé la communication à l'administration le 17 mai 2019 et qui étaient indispensables à sa défense ainsi que l'obligation d'avoir à payer les impositions dues à la suite du décès de son mari ;
- elle ne peut être regardée comme héritière de la succession de M. A puisqu'elle n'a pas accepté la succession et ne peut être regardée comme étant tenue au paiement des rappels d'impôt sur le revenu et de contributions sociales et des pénalités afférentes mis à la charge de M. A au titre des années 2006 et 2007 ainsi que des reprises relatives aux restitutions en fonction des revenus au titre des mêmes années dès lors qu'elle s'est mariée avec M. A en 2011 ; par suite, elle n'a pas la qualité de redevable ;
- l'administration a méconnu l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales dès lors que, selon la proposition de rectification du 4 juin 2010, le service a procédé au rehaussement en litige en se fondant sur des informations recueillies auprès des autorités fiscales belges dans le cadre de l'assistance administrative internationale alors que sur les treize documents annexés à la proposition de rectification, seules les cinq premières annexes concernent les documents transmis par les autorités belges et en se référant à un acte de cession sans aucune précision ;
- la procédure d'imposition est irrégulière dès lors que l'administration a refusé de lui communiquer la demande de l'assistance administrative auprès des autorités belges ;
- l'autorité de la chose jugée par la cour administrative d'appel de Lyon ne peut lui être opposée en l'absence d'identité des parties au litige ;
- l'administration ne peut mettre à la charge des ayants droit de M. A la pénalité de 80% prévue par l'article 1729 du code général des impôts en application du principe de la personnalité de peines.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 mars 2021, l'administratrice générale des finances publiques de la direction spécialisée de contrôle fiscal Centre-Est conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors que la réclamation présentée le 26 décembre 2019 est elle-même entachée d'une irrecevabilité du fait de sa tardiveté ;
- les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 9 avril 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 12 mai 2021.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Caraës,
- et les conclusions de M. Panighel, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A a été assujetti à des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales au titre des années 2006 et 2007 et des majorations correspondantes consécutives à l'imposition d'avantages en nature, à des distributions irrégulières de la SAS Sofibel que l'administration a imposées entre les mains de M. A sur le fondement du 1° du 1 de l'article 109 et de l'article 111 bis du code général des impôts et à des sommes transférées d'un compte bancaire situé à l'étranger et non déclaré sur un compte bancaire français sur le fondement de l'article 1649 A du code général des impôts. L'administration lui a également infligé une amende pour non dépôt de la déclaration n° 2561 relative aux opérations sur valeurs mobilières et revenus de capitaux mobiliers au titre de l'année 2006 et une amende pour non déclaration de compte à l'étranger au titre de l'année 2007. Il lui a également été notifié des reprises résultant de la remise en cause de son droit au titre du dispositif dit du " bouclier fiscal " à restitution des impositions en fonction des revenus au titre des années 2006 et 2007 et des rappels d'impôt sur la fortune au titre de ces mêmes années. Par des réclamations des 9 mai et 9 juillet 2012, M. A a contesté les compléments d'impôt sur le revenu et de contributions sociales mis à sa charge et par des réclamations des 2 janvier et 22 novembre 2012, les amendes qui lui ont été infligées. Par un jugement du 29 décembre 2015, confirmé par un arrêt de la cour administrative d'appel de Lyon du 22 mai 2018, le tribunal administratif de Clermont-Ferrand a prononcé un non-lieu à statuer à concurrence des dégrèvements en droit et pénalités de la contribution pour le remboursement de la dette sociale prononcés par l'administration et a rejeté le surplus des conclusions des requêtes présentées par M. A à fin de décharge de ces impositions et des pénalités correspondantes ainsi que des amendes fiscales. Par une décision du 22 juillet 2020, le Conseil d'Etat a rejeté le pourvoi présenté par M. A dirigé contre l'arrêt de la cour administrative d'appel de Lyon en tant seulement que, par cet arrêt, la cour avait statué sur l'amende prononcée à son encontre sur le fondement du I de l'article 1736 du code général des impôts. Par une nouvelle réclamation du 26 décembre 2019, rejetée le 18 septembre 2020, M. A a de nouveau contesté l'intégralité des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales et des majorations correspondantes auxquelles il a été assujetti au titre des années 2006 et 2007 ainsi que des amendes fiscales qui lui ont été infligées en 2006 et 2007 et les reprises consécutives à la remise en cause de son droit au titre du dispositif dit du " bouclier fiscal " à restitution des impositions en fonction des revenus au titre des années 2006 et 2007. M. A, qui s'était marié avec Mme C le 2 juillet 2011, est décédé le 8 juillet 2020. Par la présente requête, Mme C, ayant cause de M. A dans le cadre de sa succession, demande au tribunal de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles M. B A a été assujetti au titre des années 2006 et 2007 et des pénalités afférentes ainsi que des reprises consécutives à la remise en cause du droit de M. A au titre du dispositif dit du " bouclier fiscal " à restitution des impositions en fonction des revenus au titre des années 2006 et 2007.
2. Aux termes de l'article R. 196-1 du livre des procédures fiscales : " Pour être recevables, les réclamations relatives aux impôts autres que les impôts directs locaux et les taxes annexes à ces impôts, doivent être présentées à l'administration au plus tard le 31 décembre de la deuxième année suivant celle, selon le cas : () c) De la réalisation de l'événement qui motive la réclamation. Ne constitue pas un tel événement une décision juridictionnelle ou un avis mentionné aux troisième et cinquième alinéas de l'article L. 190. () ". Seuls doivent être regardés comme constituant le point de départ de ce délai les événements qui ont une incidence directe sur le principe même de l'imposition, son régime ou son mode de calcul.
3. Il est constant que les impositions en litige ont été mises en recouvrement en 2012 et 2013 de telle sorte que le délai de réclamation prévue au a) de l'article R. 196-1 du livre des procédures fiscales était expiré à la date de présentation de la réclamation de M. A le 26 décembre 2019.
4. Mme C, en sa qualité d'ayant cause du contribuable décédé, se prévaut du c) de l'article R. 196-1 du livre des procédures fiscales en invoquant l'évènement nouveau de nature à rouvrir le délai de réclamation que constituerait l'avis du 17 mai 2019 de fin d'information du magistrat instructeur pris dans les suites de l'ouverture d'une information judiciaire informant M. A de l'existence de documents, dont il avait demandé la communication le 14 avril 2010, non communiqués et qui étaient indispensables à sa défense. Toutefois, cette circonstance ne peut être regardée comme la réalisation d'un évènement de la nature de ceux mentionnés au point 2 du présent jugement qui rouvrent au contribuable le délai de réclamation peu important que l'absence de communication de l'acte de cession des titres de Bellerivedis par la société Sofibel et M. A aurait une incidence sur le mode de calcul de l'imposition dès lors que Mme C se borne à invoquer un vice de procédure tiré de la méconnaissance de l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales.
5. Si Mme C fait également valoir que le décès de son époux constitue un évènement réouvrant le délai de réclamation, elle ne produit aucun acte par lequel elle aurait été appelée en paiement solidaire des impositions en litige qui, au demeurant, n'ont pas donné lieu à une imposition commune.
6. Ainsi l'administration est fondée à soutenir que la réclamation présentée par M. A le 26 décembre 2019 était tardive et donc irrecevable, ce qui rend également irrecevable la demande introduite par Mme C devant le tribunal administratif.
7. Il résulte de ce qui précède que Mme C n'est pas recevable à demander la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles M. B A a été assujetti au titre des années 2006 et 2007 et des pénalités afférentes ainsi que des reprises consécutives à la remise en cause du droit de M. A au titre du dispositif dit du " bouclier fiscal " à restitution des impositions en fonction des revenus au titre des années 2006 et 2007. Par voie de conséquence, les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D C et à l'administratrice générale des finances publiques de la direction spécialisée de contrôle fiscal Centre-Est.
Délibéré après l'audience du 20 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Caraës, présidente,
M. Jurie, premier conseiller,
Mme Bollon, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 octobre 2024.
La présidente-rapporteure,
R. CARAËS
L'assesseur le plus ancien,
G. JURIE La greffière,
F. LLORACH
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026