vendredi 28 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2002199 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Chambre 1 |
| Avocat requérant | CABINET CESIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 4 décembre 2020 et le 18 octobre 2021, la société à responsabilité limitée (ARL) Etablissements Lescure, représentée par le cabinet CESIS, Me Cordeiro, demande au tribunal :
1°) de prononcer la réduction de la cotisation foncière des entreprises à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2018 à raison de l'établissement qu'elle exploite à Cusset (Allier) ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la méthode comptable d'évaluation prévue à l'article 1499 du code général des impôts n'est pas applicable aux locaux, dès lors que, d'une part, elle n'exerce pas une activité de fabrication ou de transformation mais une simple activité d'entretien et de réparation et, d'autre part, que les moyens techniques, matériaux et outillages utilisés dans l'exercice de cette activité ne sont pas prépondérants ;
- la valeur brute de l'outillage au titre des exercices clos en 2015 et 2016 ne présente pas un caractère prépondérant par rapport à la valeur des rémunérations du personnel ;
- c'est à tort que l'administration fiscale a intégré les constructions sur sol d'autrui dans son appréciation de la prépondérance immobilière dans la mesure où il s'agit de constructions et d'installations générales et non d'installations techniques.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 avril 2021, l'administratrice générale des finances publiques, directrice de la direction spécialisée de contrôle fiscal Centre-Est, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Par une ordonnance en date du 13 janvier 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 15 février 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Caraës,
- et les conclusions de M. Loïc Panighel, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La SARL Etablissements Lescure exerce une activité de bobinage électrique industriel, d'entretien et réparation de moteurs, pompes et transformateurs dans un établissement, propriété de la société civile immobilière Foncière Pelfor, situé au 10, rue Ampère à Cusset (03300). Elle a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur les bases d'imposition à la cotisation foncière des entreprises au titre des années 2015, 2016, 2017 et 2018 à l'issue de laquelle l'administration a, d'une part, requalifié l'établissement exploité en établissement industriel et, d'autre part, constaté que la requérante avait effectué d'importants travaux d'aménagement du bâtiment édifié en 2011 servant de local de stockage pour un montant de 422 362 euros. En conséquence, l'administration fiscale a procédé à des rectifications en matière de cotisation foncière des entreprises pour les années 2015 à 2018 après avoir évalué les aménagements ainsi que la construction sur sol d'autrui selon la méthode comptable prévue à l'article 1499 du code général des impôts. Par sa requête, la SARL Etablissement Lescure demande au tribunal la décharge de la cotisation foncière des entreprises à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2018.
2. En premier lieu, aux termes de l'article 1380 du code général des impôts : " La taxe foncière est établie annuellement sur les propriétés bâties sises en France à l'exception de celles qui en sont expressément exonérées par les dispositions du présent code ". Aux termes de l'article 1447 du même code : " I. - La cotisation foncière des entreprises est due chaque année par les personnes physiques ou morales () qui exercent à titre habituel une activité professionnelle non salariée. ". Aux termes de l'article 1467 du même code : " La cotisation foncière des entreprises a pour base la valeur locative des biens passibles d'une taxe foncière situés en France, à l'exclusion des biens exonérés de taxe foncière sur les propriétés bâties en vertu des 11°, 12° et 13° de l'article 1382, dont le redevable a disposé pour les besoins de son activité professionnelle pendant la période de référence définie aux articles 1467 A et 1478 ".
3. Et aux termes de l'article 1499 du code général des impôts, dans sa version applicable au litige : " La valeur locative des immobilisations industrielles passibles de la taxe foncière sur les propriétés bâties est déterminée en appliquant au prix de revient de leurs différents éléments, revalorisé à l'aide des coefficients qui avaient été prévus pour la révision des bilans, des taux d'intérêt fixés par décret en Conseil d'Etat () ". Pour l'application de ces dispositions, revêtent un caractère industriel les établissements dont l'activité nécessite d'importants moyens techniques, non seulement lorsque cette activité consiste en la fabrication ou la transformation de biens corporels mobiliers, mais aussi lorsque le rôle des installations techniques, matériels et outillages mis en œuvre, fût-ce pour les besoins d'une autre activité, est prépondérant.
4. Pour contester la qualification d'établissement industriel retenue par l'administration, la société requérante fait valoir, d'une part, qu'elle n'exerce pas une activité de fabrication ou de transformation, mais une simple activité d'entretien et de réparation de moteurs, pompes et transformateurs et, d'autre part, que les moyens techniques, matériaux et outillages utilisés dans l'exercice de cette activité ne sont pas prépondérants. Il résulte toutefois de l'instruction que l'exercice de l'activité en litige nécessite l'utilisation d'installations techniques, matériels et outillages importants. Ainsi, pour les rebobinages des moteurs et des pompes, elle dispose et utilise un four à débobiner, deux étuves, plusieurs tours à bobiner, une cabine à peinture, un stand de trempage, un banc d'essai, une plateforme d'essais, plusieurs ponts roulants ainsi qu'une équilibreuse en atelier. Pour les rebobinages des transformateurs, elle dispose d'un palan de 3,5 tonnes, d'un four à débobiner, de deux étuves, de tours de bobiner et d'une plateforme d'essais. Pour les réparations des moteurs et des pompes, elle dispose notamment de plusieurs palans en atelier, d'un chariot élévateur, d'une presse hydraulique, d'une cabine de peinture, d'un bac de test pour les pompes, d'une équilibreuse stationnaire et d'une équilibreuse mobile, d'un banc d'essai et d'un outillage spécifique pour chacun de ses techniciens. En outre, la société utilise plusieurs méthodes et techniques spécifiques qui, selon les données librement accessibles, nécessitent eux aussi des moyens techniques adaptés tels que du lignage laser ou encore du diagnostic de machines tournantes.
5. S'il est constant que l'activité de la société nécessite également des moyens humains, il résulte cependant de l'instruction que ces derniers sont limités pour l'activité décrite ci-dessus dans la mesure où l'établissement n'emploie que deux câbleurs, trois électro bobineurs, deux électro mécaniciens et un responsable atelier. Le rôle prépondérant des matériels utilisés confère ainsi à l'établissement en litige un caractère industriel au sens de l'article 1499 du code général des impôts. Les deux circonstances, à les supposer établies, que, d'une part, la valeur brute de l'outillage au titre des exercices clos en 2015 et 2016 ne présentait pas un caractère prépondérant par rapport à la valeur de rémunération du personnel et, d'autre part, qu'il aurait été constaté, lors de la vérification de comptabilité de 2018, un ratio de valeur brute de l'outillage respectivement de 15,43% et 19,34%, ne sont pas de nature à remettre en cause l'importance des moyens techniques mis en œuvre ainsi que leur rôle prépondérant. Par suite, c'est à bon droit que l'administration a estimé que les immobilisations dont a disposé la société requérante présentaient un caractère industriel au sens de l'article 1499 du code général des impôts et les a évalués selon la méthode dite comptable.
6. En deuxième lieu, à supposer que la société Etablissements Lescure entende se prévaloir des énonciations du paragraphe 20 de l'instruction BOI-IF-TFB-20-10-50-10 sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, ces dernières ne font pas de la loi fiscale une interprétation différente de celle dont il est fait application dans le présent jugement. Par suite, le moyen doit être écarté.
7. En dernier lieu, en se bornant à soutenir, sans apporter aucun élément à l'appui de ses allégations, que c'est à tort que l'administration fiscale a intégré les constructions sur sol d'autrui dans son appréciation de la prépondérance immobilière dans la mesure où il s'agit de constructions et d'installations générales et non d'installations techniques, la société requérante ne remet pas sérieusement en cause le bien-fondé de l'imposition contestée.
8. Il résulte de ce qui précède que la société Etablissements Lescure n'est pas fondée à demander la décharge de la cotisation foncière des entreprises à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2018. Par voie de conséquence, les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Etablissements Lescure est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société à responsabilité limitée Etablissements (SARL) Lescure et à l'administratrice générale des finances publiques, directrice de la direction spécialisée du contrôle fiscal Centre-Est.
Délibéré après l'audience du 14 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Caraës, présidente,
M. Jurie, premier conseiller,
Mme Bollon, première conseillère.
Rendu public par la mise à disposition au greffe le 28 juin 2024.
La présidente,
R. CARAËS
L'assesseur le plus ancien,
dans l'ordre du tableau,
G. JURIE
La greffière,
F. LLORACH
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2002199JC
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026