vendredi 8 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2002241 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Chambre 1 |
| Avocat requérant | ADALTYS AFFAIRES PUBLIQUES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 9 décembre 2020, 7 juin et 7 juillet 2021, ce dernier mémoire n'ayant pas été communiqué, et un mémoire récapitulatif produit le 30 novembre 2023 à la demande du tribunal en application de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative, M. B A et Mme C A, représentés par Me Barberousse, avocate, demandent au tribunal :
1°) à titre principal, de condamner in solidum la communauté d'agglomération Moulins communauté et la société d'assurances Société mutuelle d'assurance des collectivités locales (SMACL) à leur payer la somme de 19 970,50 euros en réparation du préjudice qu'ils estiment subir ;
2°) à titre subsidiaire, d'ordonner avant dire droit une expertise afin de déterminer les causes de la non-conformité de l'installation d'assainissement autonome de leur maison, de caractériser les responsabilités encourues et d'évaluer le coût de remise en état, ainsi que les préjudices de jouissance qu'ils ont subis ;
3°) de mettre la somme de 2 500 euros à la charge in solidum de la communauté d'agglomération Moulins communauté et de la SMACL en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent, aux termes de leur mémoire récapitulatif, que :
- la communauté d'agglomération Moulins communauté et la SMACL ont engagé leur responsabilité sur le fondement de la faute correspondant au défaut de constat par le technicien de l'assainissement en charge du contrôle de réalisation, du caractère manifestement irrégulier de la conception des canalisations de répartition ;
- ils ont subi un préjudice se montant à 19 970,50 euros résultant du coût de remplacement et de remise aux normes de leur installation d'assainissement autonome.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 juin 2021, la communauté d'agglomération Moulins communauté, représentée par la SELAS Adamas affaires publiques, avocats, conclut à titre principal au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à être garantie par le département de l'Allier de toute condamnation prononcée à son encontre et, en tout état de cause, à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de " tout succombant " en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le tribunal n'est pas compétent pour se prononcer sur la requête, dès lors que les litiges relatifs au service public industriel et commercial de l'assainissement, notamment non collectif, sont de la compétence de la juridiction judiciaire ;
- la requête est irrecevable, dès lors que la requête ne comporte aucun moyen de droit ;
- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 3 mai 2021 et le 12 juillet 2021, ce dernier mémoire n'ayant pas été communiqué, la société d'assurances SMACL, représentée par la SELARL DMMJB, avocats, conclut à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à être garantie par le bureau départemental de la qualité de l'eau de toute condamnation prononcée à son encontre et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. et Mme A en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable, dès lors qu'elle n'est motivée par aucun fondement juridique ;
- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Une ordonnance en date du 28 juin 2021 a fixé la clôture d'instruction au 12 juillet 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Jurie ;
- les conclusions de M. Panighel, rapporteur public ;
- et les observations de Me Juilles, représentant la société d'assurances SMACL.
Considérant ce qui suit :
1. Il résulte de l'instruction que M. et Mme A sont propriétaires d'une maison d'habitation située sur la commune de Bresnay dans le département de l'Allier, qui a été construite au cours des années 2007 et 2008. Le 11 janvier 2007, ils ont présenté une demande d'installation d'un dispositif d'assainissement non collectif. En outre, il est constant que la conception de ce dispositif a été approuvée par le bureau départemental de la qualité de l'eau, prestataire de la communauté d'agglomération Moulins communauté, qui a également contrôlé l'exécution des travaux ainsi que la conformité de l'installation pour le compte du service public de l'assainissement non-collectif (SPANC). De même, il est constant que, par des courriers en date du 4 avril 2008 et du 27 février 2015, la communauté d'agglomération Moulins communauté a relevé la conformité du dispositif en cause. Subissant des remontées d'odeurs depuis le printemps 2019, M. et Mme A ont obtenu de leur assureur la réalisation d'une expertise amiable qui a fait l'objet d'un rapport daté du 9 octobre 2020, lequel a relevé que lors des périodes hivernales, le colmatage du champ d'épandage ne permettait pas le bon fonctionnement du dispositif d'assainissement. Selon le rapport d'expertise du 9 octobre 2020 " la cause la plus probable [de ces désordres] reste l'épaisseur de la couche de recouvrement du champ d'épandage qui provoque une mauvaise oxygénation et limite les échanges gazeux nécessaire au bon fonctionnement de l'installation " alors que, toujours selon le rapport d'expertise, les ouvrages d'assainissement non collectif ne doivent être recouverts que de 25 à 30 centimètres par rapport au terrain naturel. L'expert a considéré que, pour remédier aux désordres subis par M. et Mme A, le remplacement de l'intégralité du dispositif d'assainissement non collectif s'avérait nécessaire et a évalué le coût de cette opération à 19 970,50 euros TTC. Sur la base de ce rapport, M. et Mme A ont adressé, par un courrier en date du 6 novembre 2020, une réclamation préalable indemnitaire à la communauté d'agglomération Moulins communauté, demandant la réparation de leur préjudice pour un montant correspondant au coût de reprise des désordres chiffré par l'expert. Il ne résulte pas de l'instruction que la communauté d'agglomération aurait répondu à cette réclamation. Dès lors, l'autorité communautaire doit être regardée comme l'ayant implicitement rejeté. Par leur requête, M. et Mme A demandent, à titre principal, la condamnation in solidum de la communauté d'agglomération Moulins communauté et de la SMACL à réparer le préjudice qu'ils estiment subir et, à titre subsidiaire, la réalisation d'une expertise.
Sur l'exception d'incompétence soulevée en défense par la communauté d'agglomération Moulins communauté :
2. Aux termes de l'article L. 2224-11 du code général des collectivités territoriales : " Les services publics d'eau et d'assainissement sont financièrement gérés comme des services à caractère industriel et commercial ". Aux termes de l'article L. 2224-8 du même code: " I. - Les communes sont compétentes en matière d'assainissement des eaux usées. () III. - Pour les immeubles non raccordés au réseau public de collecte, la commune assure le contrôle des installations d'assainissement non collectif. Cette mission consiste : / 1° Dans le cas des installations neuves ou à réhabiliter, en un examen préalable de la conception joint, s'il y a lieu, à tout dépôt de demande de permis de construire ou d'aménager et en une vérification de l'exécution. A l'issue du contrôle, la commune établit un document qui évalue la conformité de l'installation au regard des prescriptions réglementaires ; / 2° Dans le cas des autres installations, en une vérification du fonctionnement et de l'entretien. A l'issue du contrôle, la commune établit un document précisant les travaux à réaliser pour éliminer les dangers pour la santé des personnes et les risques avérés de pollution de l'environnement. / Les modalités d'exécution de la mission de contrôle, les critères d'évaluation de la conformité, les critères d'évaluation des dangers pour la santé et des risques de pollution de l'environnement, ainsi que le contenu du document remis au propriétaire à l'issue du contrôle sont définis par un arrêté des ministres chargés de l'intérieur, de la santé, de l'environnement et du logement. / Les communes déterminent la date à laquelle elles procèdent au contrôle des installations d'assainissement non collectif ; elles effectuent ce contrôle au plus tard le 31 décembre 2012, puis selon une périodicité qui ne peut pas excéder dix ans. / Elles peuvent assurer, avec l'accord écrit du propriétaire, l'entretien, les travaux de réalisation et les travaux de réhabilitation des installations d'assainissement non collectif prescrits dans le document de contrôle () ".
3. En raison des liens de droit privé qui existent entre les services publics industriels et commerciaux et leurs usagers, les litiges relatifs aux dommages subis en cette qualité par les usagers d'un tel service relèvent de la compétence du juge judiciaire, y compris lorsque ces dommages trouvent leur origine dans la conception, l'exécution ou l'entretien d'un ouvrage public ou de travaux publics.
4. En l'espèce, M. et Mme A soutiennent que leur préjudice, tiré du coût de remplacement de leur système d'assainissement autonome, résulte d'une faute tenant à la déclaration de conformité de celui-ci en dépit de la hauteur excessive de la couche de recouvrement. Toutefois, et dès lors que la déclaration de conformité d'un dispositif d'assainissement non collectif ne traduit pas l'exercice de prérogatives de puissance publique, le présent litige, relatif aux dommages causés à un usager du service public de l'assainissement, service à caractère industriel et commercial par détermination de la loi, relève de la compétence des juridictions judiciaires, quand bien même ces dommages seraient éventuellement imputables à des travaux publics. Par suite, la communauté d'agglomération Moulins-communauté est fondée à soutenir que le tribunal n'est pas compétent pour se prononcer sur le recours de M. et Mme A.
5. Il suit de là que les conclusions indemnitaires présentées par les requérants, ainsi que leurs conclusions tendant à ce que soit ordonné une expertise, doivent être rejetées et, par voie de conséquence, celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Dans les circonstances de l'espèce, les conclusions de la communauté d'agglomération Moulins communauté et de la SMACL présentées en application de ces mêmes dispositions à l'encontre de M. et Mme A doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée comme portée devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Article 2 : Les conclusions de la communauté d'agglomération Moulins communauté et de la SMACL tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Mme C A, à la société d'assurances Société mutuelle d'assurance des collectivités locales et à la communauté d'agglomération Moulins communauté.
Délibéré après l'audience du 9 février 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Caraës, présidente,
M. Jurie, premier conseiller,
Mme Bollon, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 mars 2024.
Le rapporteur,
G. JURIE
La présidente,
R. CARAËS
La greffière,
F. LLORACH
La République mande et ordonne à la préfète de l'Allier en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026