mardi 12 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2100243 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Chambre 1 |
| Avocat requérant | NOVA PARTNERS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 5 février 2021 et le 22 novembre 2021, la société par actions simplifiée (SAS) Motorspeed Racing Products, représentée par la SELARL Nova Partners, demande au tribunal :
1°) de prononcer la restitution de la somme de 24 141 euros correspondant à une créance de crédit d'impôt recherche acquise à raison des dépenses qu'elle a engagées en 2013 liées à l'élaboration de ses nouvelles collections ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle remplit l'ensemble des conditions posées au h) du II de l'article 244 quater B du code général des impôts et à l'article 199 ter B du même code dès lors, d'une part, qu'elle exerce une activité industrielle de confection de vêtements pour motocycles dans le secteur du textile-habillement-cuir et que, d'autre part, les dépenses engagées en 2013 constituent bien des dépenses d'élaboration de nouvelles collections au sens du h) du II de l'article 244 quater B du code général des impôts ;
- la condition de renouvellement à intervalles réguliers, connus à l'avance, des collections de produits n'est pas prévue à l'article 244 quater B du code général des impôts mais uniquement par le paragraphe n° 60 de la doctrine BOI-BIC-RICI-10-10-40-13.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 19 juillet 2021 et le 21 décembre 2021, le directeur départemental des finances publiques du Puy-de-Dôme conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la société Motorspeed Racing Products ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 24 novembre 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au 22 décembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- et les conclusions de M. Jurie, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société par actions simplifiée (SAS) Motorspeed Racing Products a sollicité, le 24 décembre 2019, le remboursement d'un crédit d'impôt pour des dépenses de recherche constatées au titre de l'année 2013 d'un montant de 24 141 euros. Sa demande ayant été rejetée par décision de l'administration fiscale du 1er décembre 2020, elle demande au tribunal de prononcer la restitution de ce crédit d'impôt.
2. Aux termes du II de l'article 244 quater B du code général des impôts : " Les dépenses de recherche ouvrant droit au crédit d'impôt sont : / () h) Les dépenses liées à l'élaboration de nouvelles collections exposées par les entreprises industrielles du secteur textile-habillement-cuir et définies comme suit : / 1° Les dépenses de personnel afférentes aux stylistes et techniciens des bureaux de style directement et exclusivement chargés de la conception de nouveaux produits et aux ingénieurs et techniciens de production chargés de la réalisation de prototypes ou d'échantillons non vendus ; / 2° Les dotations aux amortissements des immobilisations créées ou acquises à l'état neuf qui sont directement affectées à la réalisation d'opérations visées au 1° ; / 3° Les autres dépenses de fonctionnement exposées à raison de ces mêmes opérations ; ces dépenses sont fixées forfaitairement à 75 p. 100 des dépenses de personnel mentionnées au 1° ; () ". En adoptant ces dispositions, le législateur a entendu, par l'octroi d'un avantage fiscal, soutenir l'industrie manufacturière en favorisant les systèmes économiques intégrés qui allient la conception et la fabrication de nouvelles collections. Il en résulte que le bénéfice du crédit d'impôt recherche est ouvert sur le fondement de ces dispositions aux entreprises qui exercent une activité industrielle dans le secteur du textile, de l'habillement et du cuir lorsque les dépenses liées à l'élaboration de nouvelles collections sont exposées en vue d'une production dans le cadre de cette activité. Revêtent un caractère industriel, au sens de ces dispositions, les entreprises du secteur textile-habillement-cuir exerçant une activité de fabrication ou de transformation de biens corporels mobiliers qui nécessite d'importants moyens techniques.
3. Il appartient au juge de l'impôt de constater, au vu de l'instruction dont le litige qui lui est soumis a fait l'objet, qu'une entreprise remplit ou non les conditions lui permettant de se prévaloir de l'avantage fiscal institué par l'article 244 quater B du code général des impôts.
4. Il résulte de l'instruction, en particulier des dossiers de demande de remboursement du crédit d'impôt recherche en litige et du descriptif des tâches retenues au titre de ces demandes que la société Motorspeed Racing Products a procédé à la réalisation, au cours de l'année 2013 par l'intermédiaire de l'un de ses co-gérant et de deux employés, de travaux d'élaboration de gammes de vêtements et accessoires pour les pilotes de motos et de vélos exerçant des activités sportives d'enduro, trail, moto-cross ou BMX. Il résulte en particulier de ces documents, notamment des relevés de temps de travail de ces personnes liées à l'élaboration de nouvelles collections, que les tâches réalisées portent essentiellement sur l'étude et la réalisation de dessins, la recherche de nouvelles matières et techniques d'assemblage, des travaux de sublimation, de prototypage et de patronage. Dans ces conditions, et en l'absence de contestation sérieuse de l'administration, la société requérante, qui soutient également produire elle-même une partie des articles qu'elle conçoit et élabore, doit être regardée comme exerçant une activité concourant à la fabrication de biens corporels mobiliers dans le secteur du textile, de l'habillement ou du cuir. Compte tenu des pièces produites par la requérante, celle-ci peut également être considérée comme ayant exposé des dépenses liées à l'élaboration de nouvelles collections au sens du h du II de l'article 244 quater B du code général des impôts.
5. Toutefois, en se bornant à faire valoir que son poste " outillage " renseigné dans son tableau d'immobilisations figurant dans sa déclaration de résultats déposée au titre de son exercice clos en 2013 s'élève à 109 518 euros, la société Motorspeed Racing Product ne corrobore pas ses allégations selon lesquelles le rôle de ses installations techniques et ses outillages était prépondérant dans le cadre de son activité. L'administration fiscale relève d'ailleurs que la société requérante n'a porté aucun montant dans sa déclaration de crédit d'impôt recherche à titre de dotations aux amortissements des immobilisations affectées à la recherche. Dans ces conditions, il ne résulte pas de l'instruction que l'activité de la société Motorspeed Racing Products revêt pas un caractère industriel au sens du h) du II de l'article 244 quater B du code général des impôts. La société Motorspeed Racing Products ne peut dès lors prétendre au bénéfice du crédit d'impôt recherche à raison des dépenses exposées pour l'élaborations de nouvelles collections sur le fondement de ces dispositions.
6. Il résulte de ce qui précède que la société Motorspeed Racing Products n'est pas fondée à demander la restitution d'un crédit d'impôt pour des dépenses de recherche constatées au titre de l'année 2013. Par suite, les conclusions aux fins de restitution de crédits d'impôts recherche au titre de ces années doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Motorspeed Racing Products est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société par actions simplifiée Motorspeed Racing Products et au directeur départemental des finances publiques du Puy-de-Dôme.
Délibéré après l'audience du 28 juin 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Courret, présidente,
Mme Luyckx, première conseillère,
M. Panighel, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2022.
Le rapporteur,
L. A
La présidente,
C. COURRETLa greffière,
F. LLORACH
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026