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AccueilJurisprudence administrativeN° TA63-2100489

Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2100489

vendredi 16 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2100489
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
FormationChambre 2
Avocat requérantBERTHIAUD ET ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 5 mars 2021, des mémoires enregistrés le 31 août 2022 et le 28 octobre 2022 [non communiqué], l'Office public de l'habitat et de l'immobilier social (Ophis) du Puy-de-Dôme, représentée par la SELARL DMMJB, Me Juilles, demande au tribunal :

A titre principal, sur le fondement de la garantie décennale :

1°) de condamner in solidum, sur le fondement de la garantie décennale, la société Atelier Casa architecture et son assureur, Axa France IARD, la société Execo, la société Apave Sudeurope et ses assureurs, les sociétés Montmirail et Axa France IARD, à lui verser la somme de 27 272,69 euros TTC en réparation du désordre n° 1, assortie des intérêts à compter de la date d'enregistrement de la requête et actualisée sur la base de l'indice BT01 le plus proche au jour du jugement à intervenir ;

2°) de condamner in solidum, sur le fondement de la garantie décennale, la société Atelier Casa architecture et son assureur, Axa France IARD, la société Apave Sudeurope et ses assureurs, les sociétés Montmirail et Axa France IARD, la société Duché et son assureur, la SMABTP, à lui verser la somme de 16 784,64 euros TTC en réparation du désordre n° 3, assortie des intérêts à compter de la date d'enregistrement de la requête et actualisée sur la base de l'indice BT01 le plus proche au jour du jugement à intervenir ;

3°) de condamner in solidum, sur le fondement de la garantie décennale, la société Atelier Casa architecture et son assureur, Axa France IARD, la société Execo, la société Apave Sudeurope et ses assureurs, les sociétés Montmirail et Axa France IARD, la société Chambon et son assureur, la société Swisslife, la société Face et façades et son assureur, la société Gan, à lui verser la somme de 87 762,24 euros TTC en réparation du désordre n° 4, assortie des intérêts à compter de la date d'enregistrement de la requête et actualisée sur la base de l'indice BT01 le plus proche au jour du jugement à intervenir ;

4°) de condamner in solidum, sur le fondement de la garantie décennale, la société Atelier Casa architecture et son assureur, Axa France IARD, la société Execo, la société Apave Sudeurope et ses assureurs, les sociétés Montmirail et Axa France IARD, la société Duché, la société Chambon et son assureur, la société Swisslife, la société Face et façades et son assureur, la société Gan, à lui verser la somme de 4 156,11 euros TTC en réparation de son préjudice d'usage, assortie des intérêts à compter de la date d'enregistrement de la requête ;

A titre subsidiaire, sur le fondement de la responsabilité contractuelle :

5°) de condamner in solidum, sur le fondement de leur responsabilité contractuelle, les sociétés Atelier Casa architecture et Apave Sudeurope à lui verser la somme de 27 272,69 euros TTC en réparation du désordre n° 1, assortie des intérêts à compter de la date d'enregistrement de la requête et actualisée sur la base de l'indice BT01 le plus proche au jour du jugement à intervenir ;

6°) de condamner in solidum, sur le fondement de leur responsabilité contractuelle, les sociétés Atelier Casa architecture et Apave Sudeurope à lui verser la somme de 16 784,64 euros TTC en réparation du désordre n° 3, assortie des intérêts à compter de la date d'enregistrement de la requête et actualisée sur la base de l'indice BT01 le plus proche au jour du jugement à intervenir ;

7°) de condamner in solidum, sur le fondement de leur responsabilité contractuelle les sociétés Atelier Casa architecture et Apave Sudeurope à lui verser la somme de 87 762,24 euros TTC en réparation du désordre n° 4, assortie des intérêts à compter de la date d'enregistrement de la requête et actualisée sur la base de l'indice BT01 le plus proche au jour du jugement à intervenir ;

En tout état de cause :

8°) de condamner in solidum la société Atelier Casa architecture et son assureur, Axa France IARD, la société Execo, la société Apave Sudeurope et ses assureurs, les sociétés Montmirail et Axa France IARD, la société Duché, la société Chambon et son assureur, la société Swisslife, la société Face et façades et son assureur, la société Gan, à lui verser la somme de 14 836,61 euros au titre des frais d'expertise ;

9°) de condamner in solidum la société Atelier Casa architecture et son assureur, Axa France IARD, la société Execo, la société Apave Sudeurope et ses assureurs, les sociétés Montmirail et Axa France IARD, la société Duché, la société Chambon et son assureur, la société Swisslife, la société Face et façades et son assureur, la société Gan, à lui verser la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- les conditions de l'engagement de la responsabilité décennale des constructeurs sont réunies ;

o en particulier, l'impropriété à destination a été reconnue par l'expert pour le désordre n° 1, tandis que la mise en péril de la solidité des ouvrages a été reconnue par celui-ci pour les désordres n° 2 et n° 3 ;

o l'atteinte à la solidité de l'ouvrage n'a pas besoin d'être généralisée et ses conséquences futures peuvent être prises en compte ;

o la responsabilité de la société Apave découle des articles L. 111-23 et L. 111-24 du code de la construction et de l'habitation et des termes mêmes de son contrat, qui lui confiait la mission LP ;

- à titre subsidiaire, la responsabilité contractuelle du maître d'œuvre et du bureau de contrôle doit être engagée, dès lors que la réception des travaux n'exonère pas le maître d'œuvre de sa responsabilité pour manquement à l'obligation de conseil et qu'elle ne fait pas obstacle non plus à l'engagement de la responsabilité du contrôleur technique lorsqu'il a manqué à ses obligations contractuelles ; concernant particulièrement l'Apave, il ressort de la convention de contrôle technique que cette société se devait de réaliser des vérifications préalables à la réception et, à ce titre, se devait entre autres de récapituler les observations formulées sans avoir été suivies d'effet, alors qu'aucune remarque n'a été faite ni lors des opérations préalables à la réception, ni lors de la réception elle-même ;

- ses préjudices consistent en un préjudice matériel et d'usage, le premier étant fixé par l'expert et le second étant calculé sur la base de 50 % de la valeur locative sur 21 mois, auxquels s'ajoutent les frais d'expertise ; le taux de 10 % est classiquement retenu pour la maîtrise d'œuvre ; la nécessité de prévoir un chiffrage au titre des imprévus n'est pas sérieusement contestée ; la société Duché ne justifie pas son allégation aux termes de laquelle un badigeon serait inutile.

Par des mémoires en défense enregistrés le 10 mai 2021 et le 4 octobre 2022, la société Gan, représentée par Me Boudailliez, conclut :

A titre principal :

1°) à l'incompétence de la juridiction administrative la concernant ;

2°) au rejet de toutes les conclusions de l'Ophis dirigées contre elle ;

3°) à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de l'Ophis à son profit au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

A titre subsidiaire :

4°) à condamner in solidum sur le fondement de la responsabilité délictuelle les sociétés Atelier Casa et son assureur Axa, Execo, Chambon et son assureur Swisslife, Apave et ses assureurs Axa et Montmirail coverholder Lloyd's, Duché et son assureur la SMABTP ;

5°) à condamner les mêmes à la garantir de toute condamnation qui pourrait être prononcée à son encontre ;

6°) à condamner les mêmes à lui verser la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- le tribunal administratif est incompétent en ce qui la concerne ;

- le seul désordre imputé par l'expert à son assurée, la société Face et façades, est le désordre n° 4 à hauteur de 5 %, de sorte qu'elle ne devrait pas être condamnée au-delà.

Par un mémoire en défense enregistré le 26 juillet 2021, la société Axa France IARD, prise en sa qualité d'assureur d'Apave Sudeurope, représentée par le cabinet Riva et associés, Me Maurice, conclut :

1°) au rejet de la requête comme portée devant une juridiction incompétente ;

2°) au rejet de toutes les conclusions dirigées contre elle, en sa qualité d'assureur d'Apave Sudeurope pour ses missions SPS ;

3°) à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de l'Ophis à son profit au titre de l'article 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la juridiction administrative est incompétente la concernant ;

- elle doit être mise hors de cause, dès lors qu'elle n'assure l'Apave que pour sa mission SPS, qui n'a rien à voir avec la mission CTC, seule concernée par le litige et assurée par une autre compagnie, Lloyd's.

Par un mémoire en défense enregistré le 31 août 2021, la société Atelier Casa architecture et la société Axa France IARD, son assureur, représentées par la société d'avocats Collet - de Rocquigny - Chantelot - Brodiez - Gourdou et associés, concluent :

1°) à ce que la responsabilité de l'architecte soit limitée à 10 % ;

2°) à la réduction des demandes de l'Ophis au titre des loggias et de la cage d'escalier ;

3°) en tant que de besoin, à être intégralement garanties par les entreprises intervenantes de toutes condamnations mises à leur charge.

Elles font valoir que :

- les taux de responsabilités retenus par l'expert à l'encontre de l'architecte sont considérables et rares et ont pour effet d'aboutir à une exonération quasi-totale des entreprises concernées par la réalisation des ouvrages en litige ;

- les critères de l'engagement de la responsabilité décennale ne sont pas remplis, dès lors qu'aucune non-conformité à destination ni atteinte généralisée à la solidité de l'ouvrage n'ont été déterminées ; par exemple, pour le désordre n° 4, l'expert considère seulement que certaines fissures pourraient être infiltrantes, ce qui est du domaine du conditionnel et n'est pas suffisant pour constituer un désordre de caractère décennal ;

- dès lors que les désordres sont dus principalement à des défauts d'exécution et non à des défauts de conception, seuls 10 % de responsabilité peuvent être laissés à la charge du concepteur général, qui n'avait cependant rien d'autre à faire que de concevoir le principe des cunettes d'évacuation, ce qu'il a fait ; le désordre n° 3 relatif est imputable à l'entreprise qui n'a pas réalisé son ouvrage de bardage de façon complète et en respectant le CCTP ; concernant le désordre n° 4, il s'agit tout au plus d'une question tenant à l'adaptation des ouvrages ;

- le chiffrage des préjudices est discutable, dès lors que les travaux de reprise sont prévus pour douze loggias alors que les désordres n'ont été constatés que sur une seule, que les traces d'humidité ponctuelle sont purement esthétiques et ne nécessitent pas l'application d'un badigeon et que les 10 % retenus pour " imprévus " sont arbitraires.

Par des mémoires en défense enregistrés le 15 septembre 2021 et le 22 septembre 2022, les sociétés Chambon construction et Swisslife, représentées par Me Sliwa-Boismenu, concluent :

1°) au rejet des demandes dirigées contre Swisslife comme relevant de la compétence des juridictions de l'ordre judiciaire ;

2°) au rejet de toutes les demandes dirigées contre elles ;

3°) à ce que le montant des préjudices au titre du désordre n° 4 soit limité à la somme de 73 135,20 euros HT, soit 80 448,72 euros TTC ;

4°) à ce que toute condamnation prononcée contre elles ne pourra excéder la somme de 16 089,74 euros TTC ;

5°) à ce que les sociétés Atelier Casa et son assureur Axa, la société Execo, la société Face et façades et son assureur Gan, la société Apave Sudeurope et ses assureurs Montmirail coverholder Lloyd's et Axa les garantissent intégralement de toute condamnation prononcée à leur encontre et, au minimum, à hauteur de 80 %, de même pour les frais irrépétibles et les dépens ;

6°) à ce que la somme de 2 000 euros à leur profit soit mise à la charge des sociétés Atelier Casa et son assureur Axa, la société Execo, la société Face et façades et son assureur Gan, la société Apave Sudeurope et ses assureurs Montmirail coverholder Lloyd's et Axa.

Elles soutiennent que :

- la juridiction administrative est incompétente pour connaître des conclusions dirigées contre Swisslife ;

- l'expert n'a relevé aucun désordre de nature décennale et n'a pas indiqué que le caractère décennal des désordres surviendrait de manière certaine avant l'expiration du délai d'épreuve de dix ans ;

- le désordre n° 4, seul reproché à la société Chambon, ne relève pas de la garantie décennale, dès lors qu'il se limite à la dégradation des enduits de l'escalier et que l'expert n'a pas relevé d'atteinte à la destination de l'ouvrage ;

- contrairement aux conclusions de l'expert, les désordres ne sont pas imputables à la maçonnerie réalisée par la société Chambon ;

- l'expert ne retient la responsabilité de la société Chambon que de manière résiduelle, pour ne pas avoir apporté de réserve ;

- il ressort du rapport d'expertise que le maître d'œuvre avait proposé au maître d'ouvrage la prise en charge de travaux supplémentaires pour la réalisation d'un revêtement d'étanchéité, qui a été refusée par le maître d'ouvrage, ce qui constitue une faute ;

- la société Chambon ne saurait se voir reprocher l'absence de réserve, dès lors qu'elle s'est conformée strictement aux instructions du maître d'œuvre, qu'une éventuelle étanchéité ne relevait pas de son lot et que le maître d'ouvrage a refusé le complément d'étanchéité qui lui avait été proposé par le maître d'œuvre ;

- l'Ophis, en refusant des travaux d'étanchéité supplémentaires, a accepté le risque lié à un défaut d'étanchéité ;

- les préjudices ont été chiffrés sur la base d'une TVA à 20 % alors que, s'agissant d'un bâtiment de plus de 3 ans, les travaux sont éligibles à la TVA de 10 % ;

- la somme de 4 156,11 euros TTC sollicitée au titre du préjudice d'usage du logement de Mme C ne correspondent à aucune perte effective pour l'Ophis, qui ne justifie d'aucun non règlement de loyer à ce titre ; l'Ophis n'a pas non plus subi personnellement de préjudice de jouissance, dès lors qu'il ne justifie d'aucune perturbation dans son fonctionnement.

Par un mémoire en défense enregistré le 7 octobre 2021, les sociétés Duché et SMABTP, représentées par la SCP Teillot et associés, Me Maisonneuve, concluent :

1°) à titre principal, au rejet des demandes dirigées contre la SMABTP comme relevant de la compétence des juridictions de l'ordre judiciaire ;

2°) à titre principal toujours, au rejet de toutes les demandes dirigées contre elles sur le fondement de la garantie décennale ;

3°) à titre subsidiaire, à être intégralement garanties par les sociétés Architecte Atelier Casa, Apave, Axa France IARD et Montmirail coverholder Lloyd's de toutes les sommes éventuellement mises à leur charge ;

4°) à ce que la somme de 2 000 euros à leur profit soit mise à la charge des parties perdantes.

Elles soutiennent que :

Sur la compétence de la juridiction administrative :

- la juridiction administrative est incompétente pour connaître des conclusions dirigées contre la SMABTP ;

Sur la garantie décennale :

- le désordre n° 3, seul reproché à la société Duché, ne relève pas de la garantie décennale, dès lors qu'il n'a pas pour conséquence de rendre l'ouvrage impropre à sa destination et qu'il se limite à des taches d'humidité qui sont purement esthétiques ; les ouvrages en béton n'ont pas vocation à être étanches et l'apparition d'auréoles est la conséquence normale du passage de l'eau ; aucune infiltration d'eau ni humidité n'ont été constatées à l'intérieur des appartements ; les désordres sont limités aux périodes de pluies intenses ; ils ne sont pas généralisés et ne concernent que les loggias du premier étage ;

Sur les préjudices :

- les 10 % chiffrés par l'expert au titre des " frais divers et imprévus " ne sont établis ni dans leur principe ni dans leur quantum ;

- alors que l'expert chiffre la maîtrise d'œuvre à 10 %, il n'apparaît pas qu'une mission complète de maîtrise d'œuvre soit nécessaire à la reprise des ouvrages et pour un tel pourcentage ;

- concernant le coût des travaux, la société Duché a établi un devis de 4 056 euros HT, auxquels l'expert ajoute la réalisation d'un badigeon alors que les enduits de façade sous les balcons ne sont pas tachés, qu'il n'y a pas d'auréole sur les enduits après séchage et que les traces d'humidité n'ont pas été constatées partout, de sorte que la réalisation d'un badigeon n'est pas nécessaire ;

- les préjudices ont été chiffrés sur la base d'une TVA à 20 % alors que, s'agissant d'un bâtiment de plus de 2 ans, les travaux sont éligibles à la TVA de 10 % ;

Sur les appels en garantie :

- elles sont fondées à être garanties par les sociétés Architecte atelier Casa, Apave, Axa et Montmirail, dès lors qu'il ressort du rapport d'expertise que la maîtrise d'œuvre n'a pas relevé l'absence de réalisation complète de l'ouvrage de bardage et que le contrôleur technique n'a apporté aucune réserve sur la situation technique, se bornant à une remarque pour l'entretien de l'ouvrage ; le désordre relève uniquement d'une faute de conception des balcons, sans lien avec le bardage, dès lors que l'eau ne migre pas horizontalement mais verticalement.

Par des mémoires en défense enregistrés le 29 juillet 2022 et le 16 septembre 2022, les sociétés Apave Sudeurope et Montmirail, représentées par la SELARL Berthiaud et associés, Me Berthiaud, concluent :

A titre liminaire :

1°) au rejet des demandes dirigées contre la société Montmirail comme relevant de la compétence des juridictions de l'ordre judiciaire ;

A titre principal :

2°) à la mise hors de cause de la société Montmirail ;

3°) au rejet de toutes les demandes dirigées contre l'Apave, tant sur le fondement de la responsabilité décennale que de la responsabilité contractuelle et de la responsabilité quasi-délictuelle ;

A titre subsidiaire :

4°) au rejet des conclusions de l'Ophis dirigées contre l'Apave au titre du préjudice de jouissance ;

5°) à ce que les demandes indemnitaires de l'Ophis soient limitées à 21 929,80 euros TTC au titre des travaux de reprise du désordre n° 1, à 12 408 euros TTC au titre du désordre n° 3 et à 65 978 euros TTC au titre du désordre n° 4 ;

6°) à ce que la société Apave soit intégralement garantie des condamnations éventuellement prononcées à son encontre au titre du désordre n° 1 par les sociétés Atelier Casa architecture et Execo in solidum ;

7°) à ce que la société Apave soit intégralement garantie des condamnations éventuellement prononcées à son encontre au titre du désordre n° 3 par les sociétés Atelier Casa architecture et Duché in solidum ;

8°) à ce que la société Apave soit intégralement garantie des condamnations éventuellement prononcées à son encontre au titre du désordre n° 4 par les sociétés Atelier Casa architecture, Chambon construction et Face et façades in solidum ;

9°) à ce que la société Apave soit intégralement garantie des sommes éventuellement mises à sa charge au titre des frais irrépétibles et des dépens par les sociétés Atelier Casa architecture, Execo, Chambon construction, Duché et Face et façades in solidum ;

A titre très subsidiaire, en application de l'article L. 125-2 du code de la construction et de l'habitation :

10°) au rejet de toute demande de condamnation de l'Apave in solidum avec une partie condamnée au profit d'une autre partie condamnée ;

11°) à ce que la société Apave soit garantie à hauteur de 95 % des condamnations éventuellement prononcées à son encontre au titre du désordre n° 1 par les sociétés Atelier Casa architecture et Execo in solidum ;

12°) à ce que la société Apave soit garantie à hauteur de 90 % des condamnations éventuellement prononcées à son encontre au titre du désordre n° 3 par les sociétés Atelier Casa architecture et Duché in solidum ;

13°) à ce que la société Apave soit garantie à hauteur de 85 % des condamnations éventuellement prononcées à son encontre au titre du désordre n° 4 par les sociétés Atelier Casa architecture, Chambon construction et Face et façades in solidum ;

14°) à ce que la société Apave soit garantie à hauteur de 83 % des sommes éventuellement mises à sa charge au titre des frais irrépétibles et des dépens par les sociétés Atelier Casa architecture, Execo, Chambon construction, Duché et Face et façades in solidum ;

En tout état de cause :

15°) à ce que la somme de 4 000 euros soit mise au profit de chacune d'entre elles à la charge de l'Ophis ou de toute partie perdante.

Elles soutiennent que :

Sur la compétence de la juridiction administrative :

- la juridiction administrative est incompétente pour connaître des conclusions dirigées contre la société Montmirail ;

Sur la responsabilité décennale de l'Apave :

- la responsabilité de l'Apave ne saurait être engagée, dès lors que, d'une part, il résulte des articles L. 125-1 et L. 125-2 du code de la construction et de l'habitation que la mission du contrôleur technique est de contribuer à la prévention des aléas techniques déterminés par son contrat et que sa responsabilité ne peut être engagée au-delà de la mission qui lui est confiée par la convention de contrôle technique, et que, d'autre part, l'engagement de la responsabilité du contrôleur technique suppose aussi que le sinistre trouve son origine dans la méconnaissance du référentiel en vertu duquel il exécute sa mission ;

o en l'espèce, concernant la première condition, les désordres constatés ne relèvent pas des aléas techniques qu'elle devait contribuer à prévenir, même au titre de sa mission LP (solidité), dès lors que des infiltrations (désordre n° 1) n'entraînent pas nécessairement une atteinte à la solidité de l'ouvrage (20NT02746, 16NC00180, 19NC01164, 19NC01678) ; concernant les désordres n° 3 et 4, ils concernent la dégradation d'un enduit qui, dès lors qu'il n'a pas de fonction d'étanchéité, ne constitue ni un ouvrage ni un équipement ;

o concernant la seconde condition d'engagement de la responsabilité du contrôleur technique, il n'est pas établi non plus que les désordres aient été causés par la méconnaissance d'un texte technique compris dans la référentiel au regard duquel s'effectuent les missions de contrôle technique ;

Sur sa responsabilité contractuelle :

- la réception a mis fin aux rapports contractuels entre le maître d'ouvrage et l'Apave, de sorte que l'Ophis n'est pas fondé à agir sur le fondement de la responsabilité contractuelle ; la jurisprudence invoquée par l'Ophis est tronquée et ne remet pas en cause cette règle, dès lors qu'elle porte sur la responsabilité quasi-délictuelle ;

- la mission du contrôleur technique n'est pas assimilable à celle du maître d'œuvre ;

Sur les préjudices :

- concernant le désordre n° 2 (appartement de Mme C), ni un préjudice financier ni un préjudice de jouissance ne sont pas établis par l'Ophis ;

- concernant les travaux de reprise, il résulte de l'article 279-0 bis du code général des impôts que les logements réceptionnés depuis plus de 2 ans bénéficient d'une TVA à 10 % ; l'Ophis n'est donc pas fondé à solliciter l'application d'une TVA à 20 % aux sommes qu'elle demande au titre des travaux de reprise ;

- rien ne justifie l'application par l'expert de frais de maîtrise d'ouvrage pour l'ensemble des désordres et de frais " divers et imprévus " ;

- les indemnités éventuellement versées à l'Ophis devront être limitées à 21 9529,80 euros TTC au titre du désordre n° 1, 12 408 euros TTC au titre du désordre n° 3 et 65 978 euros TTC au titre du désordre n° 4 ;

Sur les appels en garantie :

- démontrant qu'elle n'a commis aucune faute l'Apave est fondée à être garantie intégralement par l'Atelier architecture et les sociétés Execo, Duché, Chambon et Face et façades, ou au minimum à voir sa part de responsabilité limitée à 5 % pour le désordre n° 1, 10 % pour le désordre n° 3 et 15 % pour le désordre n° 4, de sorte qu'elle devrait être garantie à hauteur de 95 % par la société Execo pour le désordre n° 1, de 90 % par Duché pour le désordre n° 3 et de 85 % par Chambon pour le désordre n° 4.

Par un mémoire en défense enregistré le 11 octobre 2022, la société Execo, représentée par la SCP Loiacono-Morel, Me Loiacono, conclut :

A titre principal :

1°) à sa mise hors de cause concernant les désordres n° 2, 3 et 4 ;

2°) au rejet des demandes dirigées contre elle par l'Ophis concernant le désordre n° 1, en l'absence de toute faute de sa part ;

A titre subsidiaire :

3°) à ce que la condamnation dont elle ferait éventuellement l'objet au titre du désordre n° 1 soit limitée à 1 363,63 euros TTC, sans qu'il y ait de condamnation in solidum avec d'autres constructeurs ;

4°) dans l'hypothèse où sa responsabilité serait retenue in solidum avec celle d'autres constructeurs pour le désordre n° 1, à ce qu'elle soit garantie à hauteur de 90 % par la société Atelier Casa et à hauteur de 5 % par l'Apave ;

En tout état de cause :

5°) au rejet des conclusions de l'Ophis au titre du préjudice d'usage et de la condamnation in solidum aux frais d'expertise ;

6°) à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de l'Ophis ou de toute partie perdante à son profit au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- elle n'est concernée que par le désordre n° 1 ;

- elle n'a commis aucune faute, dès lors que l'expert lui reproche simplement de ne pas avoir attiré l'attention de l'architecte sur un problème de conception lié à l'absence d'ouvrage prévu pour récupérer les eaux de toiture et de ruissellement sur les façades, ce qui ne constitue pas une faute de sa part dès lors que le calcul du volume d'eau recueilli par les toitures et le dimensionnement des évacuations à prévoir étaient à la charge de l'architecte ;

- elle ne saurait faire l'objet d'une condamnation in solidum au titre du désordre n° 1, dès lors que l'expert fixe sa part de responsabilité à seulement 5 % ;

- dans l'hypothèse où une condamnation in solidum serait malgré tout prononcée, elle devra être garantie à hauteur de 90 % par la société Atelier Casa architecture et à hauteur de 5 % par l'Apave ;

- concernant le désordre n° 4, elle n'est pas mise en cause par l'expert judiciaire, de sorte qu'elle ne saurait être condamnée in solidum à ce titre comme le demande l'Ophis ;

- dès lors que sa part de responsabilité correspond à seulement 1 363,63 euros TTC sur un total de 131 819,57 euros de travaux de reprise, ce qui est négligeable, elle ne saurait être condamnée in solidum avec les autres constructeurs à la prise en charge des frais d'expertise ;

Par un courrier adressé le 5 juillet 2022, la société Face et façades, en vertu de l'article R. 612-3 du code de justice administrative, a été mise en demeure de produire ses observations en réponse à la requête de l'Ophis du Puy-de-Dôme dans un délai de trente jours, sous peine d'être réputée avoir acquiescé aux faits exposés le requérant. Cette mise en demeure est restée sans effet.

Par une ordonnance du 29 septembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 2 novembre 2022.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code des assurances ;

- le code civil ;

- le code de la commande publique ;

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code général des impôts ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Trimouille ;

- les conclusions de Mme Luyckx, rapporteure publique ;

- les observations de Me Juilles, avocate de l'Ophis, de Me Brodiez, avocat de l'Atelier Casa architecture, de Me Crouzet, substituant Me Berthiaud, avocat des sociétés Apave et Montmirail, de Me Loiacono, avocat de la société Execo, de Me Maisonneuve, avocate de la société Duché et de la SMABTP et de Me Rollet, substituant Me Maurice, avocat d'Axa France IARD.

Considérant ce qui suit :

1. Par un acte d'engagement du 6 novembre 2014, l'Ophis du Puy-de-Dôme a conclu un marché public de groupement de maîtrise d'œuvre, représenté par le cabinet d'architectes Atelier Casa et comprenant entre autres l'économiste Execo, en vue de la construction de quarante-huit logements répartis sur trois bâtiments à Cournon-d'Auvergne, pour un montant total de 300 390 euros HT. Le lot n° 2 (gros œuvre) a été confié à la société Chambon construction, le lot n° 3 (enduits extérieurs) à la société Face et façades et le lot n° 5 (couverture et bardage zinc) à la société Duché, par des actes d'engagement signés en juin 2015. La société Apave a été choisie comme contrôleur technique par convention du 12 août 2014. Les bâtiments ont été réceptionnés sans réserve hormis la charpente, le 20 décembre 2016 pour le A, et sans aucune réserve pour le B et le C, respectivement le 1er et le 13 mars 2017. Avant la réception, des infiltrations d'eau ont été constatées et ont été prises en charge par les constructeurs concernés. A compter de mai 2017, soit postérieurement à la réception, de nouvelles infiltrations ont été constatées, de sorte que l'Ophis a saisi le juge des référés du tribunal administratif de Clermont-Ferrand qui, par ordonnance en date du 25 janvier 2018, a désigné M. A en qualité d'expert judiciaire. Celui-ci a rendu son rapport le 19 mars 2020, dans lequel il a effectué une distinction entre quatre désordres. Le désordre n° 1 concerne les entrées d'eau dans les séjours des logements du 2e étage, le désordre n° 2 porte sur des désordres apparus dans l'appartement B10, le désordre n° 3 correspond aux dégradations des enduits des loggias du 1er étage sous les loggias du 2e étage, et le désordre n° 4 concerne enfin les dégradations des parois de cage d'escalier, à savoir les parois extérieures des loggias du 2e étage et les parois intérieures des cages d'escalier. Par la présente requête, l'Ophis du Puy-de-Dôme demande, à titre principal, la condamnation in solidum, sur le fondement de la garantie décennale, de la société Atelier Casa architecture et de son assureur, Axa France IARD, de la société Execo, de la société Apave Sudeurope et de ses assureurs, les sociétés Montmirail et Axa France IARD, de la société Duché, de la société Chambon et de son assureur, la société Swisslife, et de la société Face et façades et son assureur, la société Gan, à lui verser la somme totale de 132 975,68 euros TTC, dont 131 819,57 euros au titre des travaux de reprise, à répartir entre les intervenants en fonction des différents désordres identifiés par l'expert auxquels ils ont pris part au titre de leurs lots respectifs, et 4 156,11 euros au titre du préjudice d'usage. A titre subsidiaire, elle demande à ce que cette somme soit mise à la charge des sociétés Atelier Casa et Apave sur le fondement de la responsabilité contractuelle.

Sur l'incompétence de la juridiction administrative pour connaître des conclusions dirigées contre les assureurs :

2. Si l'action directe, ouverte par l'article L. 124-3 du code des assurances, à la victime d'un dommage ou à l'assureur de celle-ci subrogé dans ses droits, contre l'assureur de l'auteur responsable du sinistre, tend à la réparation du préjudice subi par la victime, elle se distingue de l'action en responsabilité contre l'auteur du dommage en ce qu'elle poursuit l'exécution de l'obligation de réparer qui pèse sur l'assureur en vertu du contrat d'assurance, contrat de droit privé. Il s'ensuit qu'il n'appartient qu'aux juridictions de l'ordre judiciaire de connaître des actions tendant au paiement des sommes dues par un assureur au titre de ses obligations de droit privé, alors même que l'appréciation de la responsabilité de son assuré dans la réalisation du fait dommageable relèverait de la juridiction administrative.

3. Il résulte de ce qui précède que l'intégralité des conclusions principales et d'appel en garantie dirigées dans la présente instance contre les sociétés Axa France IARD, Montmirail, SMABTP, Swisslife et Gan doivent être rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.

Sur l'acquiescement aux faits :

4. Aux termes de l'article R. 612-6 du code de justice administrative : " Si, malgré une mise en demeure, la partie défenderesse n'a produit aucun mémoire, elle est réputée avoir acquiescé aux faits exposés dans les mémoires du requérant ". Si, lorsque le défendeur n'a produit aucun mémoire, le juge administratif n'est pas tenu de procéder à une telle mise en demeure avant de statuer, il doit, s'il y procède, en tirer toutes les conséquences de droit. Il lui appartient seulement, lorsque les dispositions précitées sont applicables, de vérifier que l'inexactitude des faits exposés dans les mémoires du requérant ne ressort d'aucune pièce du dossier.

5. Par courrier en date du 5 juillet 2022, la société Face et façades, a été mise en demeure de produire un mémoire en défense dans le délai de trente jours. Malgré cela, elle n'a pas produit de mémoire en défense. Elle est ainsi réputée avoir acquiescé aux faits exposés par la société requérante dans ses écritures, sous réserve que leur inexactitude ne ressorte pas des pièces du dossier.

Sur la garantie décennale :

6. Il résulte des principes qui régissent la garantie décennale des constructeurs que des désordres apparus dans le délai d'épreuve de dix ans, de nature à compromettre la solidité de l'ouvrage ou à le rendre impropre à sa destination dans un délai prévisible, engagent leur responsabilité, sauf cas de force majeure ou faute du maître de l'ouvrage, même s'ils ne se sont pas révélés dans toute leur étendue avant l'expiration du délai de dix ans, dès lors qu'ils n'étaient ni apparents ni prévisibles lors de la réception de cet ouvrage.

7. Il résulte de l'instruction, en particulier du rapport d'expertise rendu par M. A le 19 mars 2020, que les désordres affectant les trois bâtiments d'habitation en litige peuvent être répartis en quatre catégories. Le désordre n° 1 concerne les entrées d'eau dans les séjours des logements du 2e étage, le désordre n° 2 porte sur des désordres apparus dans l'appartement B10, le désordre n° 3 correspond aux dégradations des enduits des loggias du 1er étage sous les loggias du 2e étage, et le désordre n° 4 concerne enfin les dégradations des parois de cage d'escalier, à savoir les parois extérieures des loggias du 2e étage et les parois intérieures des cages d'escalier. Le désordre n° 2 n'est pas en litige, ayant été réparé gracieusement par les entreprises concernées.

En ce qui concerne le désordre n° 1 :

8. Celui-ci se manifeste par des entrées d'eaux de pluie dans les logements du 2e étage (flaques d'un mètre carré dans les salons), dès lors que le niveau des eaux extérieures dépasse les seuils des menuiseries. La cause en est, selon l'expert judiciaire, un défaut de conception consistant en ce qu'aucun ouvrage n'a été prévu pour récupérer les eaux de toiture et de ruissellement sur les façades. L'expert estime que ce désordre a pour effet de rendre l'ouvrage impropre à sa destination en raison de présence d'humidité dans les pièces principales des logements concernés. Il note que ce désordre est apparu dès la phase chantier, et avait notamment été signalé dans un compte rendu de chantier en 2016. Toutefois, il précise que des interventions avaient eu lieu, de sorte que le désordre n'était plus apparent à la date de la réception, dès lors prononcée sans réserve. Par suite, les conditions d'engagement de la responsabilité décennale des constructeurs sont réunies.

9. Il ressort de la convention du 12 août 2014, par laquelle le contrôle technique a été confié à la société Apave, qu'aucune des missions dont elle était investie n'avait pour objet le risque d'impropriété à destination causé par la seule humidité des logements et l'inconfort induit pour les résidents. Le désordre n° 1 ne saurait dont être regardé comme imputable à son intervention, de sorte que sa responsabilité décennale solidaire n'est pas engagée.

10. Dès lors, concernant le désordre n° 1, seules les responsabilités des sociétés Atelier Casa architecture et Execo sont engagées au titre de la garantie décennale des constructeurs.

En ce qui concerne le désordre n° 3 :

11. Ce désordre se caractérise par une dégradation des enduits des loggias du 1er étage à partir de la sous-face des loggias du 2e étage et par des traces d'humidité sous forme de taches foncées en façade des loggias du 1er étage dont il ressort que l'eau pénètre dans le mur de l'étage supérieur pour ressortir à l'étage inférieur. L'expert identifie l'absence de réalisation de l'étanchéité en pied de bardage, pourtant prévue au cahier des clauses techniques particulières, comme cause de ce désordre, dont il estime qu'il est de nature à mettre en péril l'ouvrage dès lors qu'une évolution vers une dégradation des parois intérieures des logements est à craindre et que la dégradation des ouvrages se poursuivant, elle va nécessiter leur réfection complète. Selon l'expert, ce désordre est apparu postérieurement à la réception des travaux, dans le délai d'épreuve de dix ans, et n'était pas apparent à la date de celle-ci. Les conditions d'engagement de la responsabilité décennale des constructeurs sont ainsi réunies concernant le désordre n° 3, sans qu'y fasse obstacle la circonstance invoquée par la société Duché que les épisodes de pluies intenses concourant à la réalisation de ce désordre ne soient pas permanents, ni celle que seules les loggias du 1er étage sont concernées.

12. Concernant la société Apave, il ressort de la convention de contrôle technique signée le 12 août 2014 que celle-ci était notamment investie d'une mission " LP " relative à la solidité des ouvrages et des éléments d'équipement dissociables et indissociables de celui-ci. Si le contrôleur technique fait valoir que l'Ophis n'établit pas que le désordre a été causé par la méconnaissance d'un texte technique compris dans le référentiel au regard duquel s'effectuent les missions de contrôle techniques, il n'apporte pour sa part aucun élément de nature à établir le contraire, alors même que sa responsabilité est présumée. Le désordre n° 3, dont l'expert estime qu'il met en péril l'ouvrage au point, s'il se poursuit, de conduire à la nécessité d'une réfection complète, est dès lors imputable à la société Apave. Son intervention ayant concouru aux manifestations dommageables, sa responsabilité décennale solidaire est engagée.

13. Il résulte de ce qui précède que, concernant le désordre n° 3, les responsabilités des sociétés Atelier Casa architecture, Apave et Duché sont engagées au titre de la garantie décennale des constructeurs.

En ce qui concerne le désordre n° 4 :

14. Ce désordre consiste en l'apparition de taches foncées sur les enduits du 1er étage, d'une part, et de mousses verdâtres et décollements ponctuels des enduits au 2e étage, d'autre part, à proximité des traversées de canalisations d'eaux pluviales et en limite des caniveaux, ainsi qu'en une dégradation des parements des cages d'escalier également causée par des canalisations d'eaux pluviales. Pour l'expert, les causes en sont une " mauvaise cohabitation d'ouvrages " - à savoir une trop grande proximité entre la descente d'eaux pluviales et la traversée de dalle d'une part et le mur d'autre part, de sorte que la réalisation de tout ouvrage d'étanchéité entre les deux était impossible -, l'absence de revêtement d'étanchéité sur le plancher en béton, et l'absence de traitement correct du pied de mur en limite plancher de la loggia de sorte qu'il permet des infiltrations d'eau. M. A précise que ce désordre n'était pas apparent lors de la réception des travaux et est apparu postérieurement à celle-ci, dans le délai d'épreuve de dix ans. Il considère que ce désordre est en progression et met en péril la solidité des ouvrages qui sont appelés à se dégrader jusqu'à rendre indispensable leur réfection complète, en particulier les enduits extérieurs et les parois intérieures.

15. La société Chambon invoque une faute exonératoire de l'Ophis, en s'appuyant sur la circonstance, établie par le rapport d'expertise, que celui-ci a refusé le financement de travaux supplémentaires qui lui avaient été proposés par le maître d'œuvre et qui consistaient en la réalisation d'un revêtement d'étanchéité. Toutefois, la faute exonératoire du maître d'ouvrage ne saurait être retenue en l'espèce, dès lors qu'il ressort également du rapport d'expertise qu'il se serait agi d'une " prestation insuffisante " et que " ces travaux n'étaient pas nécessaires dans le cas d'une réalisation normale. "

16. Par suite, les conditions d'engagement de la responsabilité décennale des constructeurs sont également réunies concernant le désordre n° 4.

17. Concernant la société Apave, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 12, et dès lors qu'il résulte de son rapport que l'expert estime qu'il y a " mise en péril des ouvrages : ceux-ci vont se dégrader à un point nécessitant leur réfection complète ", le désordre n° 4 doit être regardé comme lui étant imputable. Son intervention ayant concouru aux manifestations dommageables, sa responsabilité décennale solidaire est engagée.

18. Il résulte de ce qui précède que, concernant le désordre n° 4, les responsabilités des sociétés Atelier Casa architecture, Execo, Apave, Chambon et Face et façades sont engagées au titre de la garantie décennale des constructeurs, et ce sans qu'y fasse obstacle à ce stade la circonstance que l'expert ne retient aucune faute à l'égard d'Execo.

Sur les préjudices et leurs montants :

En ce qui concerne le désordre n° 1 :

19. Le rapport de l'expert judiciaire évalue le montant des travaux de reprise à 18 684 euros HT, auxquels il ajoute 10 % au titre des frais de maîtrise d'œuvre et 4 % au titre des frais de maîtrise d'ouvrage. Dès lors que les constructeurs ne contestent pas sérieusement ni le principe ni le montant des frais retenus au titre de la maîtrise d'œuvre et de la maîtrise d'ouvrage, le total de 21 299,79 euros HT peut être mis à leur charge en réparation du désordre n° 1.

En ce qui concerne le désordre n° 3 :

20. Le rapport de l'expert judiciaire évalue le montant des travaux de reprise à 11 280 euros HT, auxquels il ajoute 10 % au titre des " frais divers et imprévus ", 10 % au titre des frais de maîtrise d'œuvre et 4 % au titre des frais de maîtrise d'ouvrage. Si le principe et le montant des " frais divers et imprévus " n'est pas établi, en revanche les constructeurs ne contestent pas sérieusement ni le coût des travaux de reprise, ni le principe ni le montant des frais retenus au titre de la maîtrise d'œuvre et de la maîtrise d'ouvrage. Dès lors, le total de 12 859,20 euros HT doit être mis à leur charge en réparation du désordre n° 3.

En ce qui concerne le désordre n° 4 :

21. Le rapport de l'expert judiciaire évalue le montant des travaux de reprise à 58 980 euros HT, auxquels il ajoute 10 % au titre des " frais divers et imprévus ", 10 % au titre des frais de maîtrise d'œuvre et 4 % au titre des frais de maîtrise d'ouvrage. Si le principe et le montant des " frais divers et imprévus " n'est pas établi, en revanche les constructeurs ne contestent pas sérieusement ni le principe ni le montant des frais retenus au titre de la maîtrise d'œuvre et de la maîtrise d'ouvrage. Dès lors, le total de 67 237,20 euros HT doit être mis à leur charge en réparation du désordre n° 4.

En ce qui concerne le préjudice d'usage :

22. D'une part, concernant le logement B10 (désordre n° 2), si l'expert judiciaire " considère qu'il y a un préjudice d'usage valorisable à 50 % de la valeur locative du logement ", au titre duquel l'Ophis demande en réparation la somme de 4 156,11 euros correspondant à 50 % de la valeur locative sur 21 mois, il n'établit ni même n'allègue avoir effectivement subi ce préjudice, qui aurait supposé qu'il accorde à la locataire une remise sur le montant de son loyer.

23. D'autre part, si l'Ophis fait valoir qu'il n'a pas pu bénéficier d'un fonctionnement normal de son équipement et qu'il devra encore subir des " perturbations diverses " à l'occasion des travaux de reprise, ce poste de préjudice n'est ni établi ni chiffré, de sorte qu'il saurait être indemnisé.

En ce qui concerne la demande d'actualisation présentée par l'Ophis :

24. Si l'Ophis demande l'indexation des sommes allouées sur l'indice BT 01 du coût de la construction à la date d'enregistrement de requête, l'évaluation des dommages subis doit être faite à la date à laquelle, leur cause ayant été déterminée et leur étendue prévisible étant connue, il pouvait être procédé aux travaux destinés à y remédier et à les réparer. En l'espèce, l'Ophis n'établit ni même n'allègue avoir été dans l'impossibilité technique ou financière de procéder aux travaux de reprise à la date à laquelle l'expert a déposé son rapport. Sa demande d'actualisation ne peut dès lors être accueillie.

En ce qui concerne le taux de taxe sur la valeur ajoutée :

25. Aux termes de l'article 279-0 bis du code général des impôts en vigueur depuis le 30 mai 2014 : " 1. La taxe sur la valeur ajoutée est perçue au taux réduit de 10 % sur les travaux d'amélioration, de transformation, d'aménagement et d'entretien autres que ceux mentionnés à l'article 278-0 bis A portant sur des locaux à usage d'habitation, achevés depuis plus de deux ans, à l'exception de la part correspondant à la fourniture d'équipements ménagers ou mobiliers ou à l'acquisition de gros équipements fournis dans le cadre de travaux d'installation ou de remplacement du système de chauffage, des ascenseurs, de l'installation sanitaire ou de système de climatisation dont la liste est fixée par arrêté du ministre chargé du budget. // ". En application de ces dispositions, le taux de la taxe sur la valeur ajoutée perçue sur les travaux de reprise des immeubles en litige, achevé depuis plus de deux ans, s'établit à 10 %.

26. Il résulte de tout ce qui précède que l'Ophis est fondé à demander la somme totale de 111 535,81 euros TTC, soit 23 429,77 euros TTC au titre du désordre N° 1 à la charge solidaire des sociétés Atelier Casa architecture et Execo, 14 145,12 euros TTC à la charge solidaire des sociétés Atelier Casa architecture, Apave et Duché au titre du désordre n° 3 et 73 960,92 euros TTC à la charge solidaire des sociétés Atelier Casa architecture, Execo, Apave, Chambon et Face et façades au titre du désordre n° 4.

Sur les frais d'expertise :

27. En conséquence de l'engagement de la responsabilité décennale des sociétés mentionnées au point 26, les frais de l'expertise réalisée par M. A, liquidés et taxés à la somme de 14 836,61 euros par l'ordonnance N° 1702318-1800390-1801910 du 23 avril 2020 sont définitivement mis à la charge solidaire de ces sociétés.

Sur les conclusions relatives à l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

28. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Ophis du Puy-de-Dôme, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que les sociétés Atelier Casa architecture, Execo, Apave, Duché et Chambon demandent au titre des frais exposés par elles à l'occasion du litige soumis au juge.

29. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge solidaire des sociétés Atelier Casa architecture, Execo, Apave, Duché, Chambon et Face et façades la somme de 2 000 euros à verser à l'Ophis du Puy-de-Dôme au titre de ces dispositions.

30. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des parties perdantes ni de l'Ophis les sommes demandées sur le fondement des mêmes dispositions par les sociétés Axa France IARD, Montmirail, SMABTP, Swisslife et Gan.

Sur les appels en garantie :

31. Dans le cadre d'un litige né de l'exécution d'un marché public, tout titulaire du marché peut rechercher la responsabilité quasi-délictuelle des autres participants à la même opération de construction avec lesquels il n'est lié par aucun contrat, notamment s'ils ont commis des fautes qui ont contribué à la survenue des désordres en litige.

En ce qui concerne le désordre n° 1 :

32. Il résulte du rapport d'expertise judiciaire de M. A que ce désordre est essentiellement dû à un défaut de conception imputable à l'architecte, mais que l'économiste et le contrôleur technique ont commis une faute en s'abstenant d'attirer l'attention du maître d'ouvrage à ce sujet. L'expert a ainsi établi leurs parts de responsabilité respectives à hauteur de 90 % pour l'Atelier Casa architecture, de 5 % pour la société Execo et de 5 % pour la société Apave. Toutefois, ainsi qu'il a été dit plus haut, la responsabilité décennale de la société Apave ne saurait être engagée concernant ce désordre.

33. Par conséquent, la société Atelier Casa architecture est fondée à demander à être garantie par la société Execo à hauteur de 5 % des condamnations prononcées à son encontre par le présent jugement, eu égard aux fautes commises par cet acteur.

34. De la même façon, la société Execo est fondée à demander à être garantie à hauteur de 90 % des condamnations prononcées à son encontre par le présent jugement par la société Atelier Casa architecture.

En ce qui concerne le désordre n° 3 :

35. Il résulte du rapport d'expertise judiciaire de M. A que ce désordre est essentiellement dû à l'abstention de la société titulaire du lot couverture zinguerie à réaliser la bavette en pied de bardage pourtant prévue au cahier des clauses techniques particulières, mais que la maîtrise d'œuvre et le contrôleur technique ont commis une faute en s'abstenant d'attirer l'attention du maître d'ouvrage à ce sujet. L'expert a ainsi établi leurs parts de responsabilité respectives à hauteur de 70 % pour la société Duché, de 20 % pour la maîtrise d'œuvre et de 10 % pour la société Apave.

36. Par conséquent, la société Atelier Casa architecture est fondée à demander à être garantie par la société Duché à hauteur de 70 % des condamnations prononcées à son encontre par le présent jugement, eu égard aux fautes commises par cet acteur, et à hauteur de 10 % par la société Apave.

37. De la même façon, la société Duché est fondée à demander à être garantie à hauteur de 20 % des condamnations prononcées à son encontre par le présent jugement par la société Atelier Casa architecture, et de 10 % par la société Apave.

38. Enfin, la société Apave est fondée à demander à être garantie à hauteur de 70 % par la société Duché et à hauteur de 20 % par l'Atelier Casa architecture.

En ce qui concerne le désordre n° 4 :

39. Il résulte du rapport d'expertise judiciaire de M. A que ce désordre est essentiellement dû à la faute du maître d'œuvre qui a conçu un système ne permettant pas de garantir une étanchéité du plancher et n'a pas anticipé ni relevé le défaut de réalisation en phase chantier sur la traversée de plancher par la canalisation des eaux pluviales, mais que le contrôleur technique, l'entreprise de maçonnerie et l'entreprise chargée des enduits ont commis une faute en n'apportant aucune réserve à ce sujet. L'expert a ainsi établi leurs parts de responsabilité respectives à hauteur de 60 % pour la société Atelier Casa architecture, de 20 % pour la société Chambon, de 15 % pour la société Face et façades et de 15 % pour la société Apave. Il ne retient aucune part de responsabilité pour la société Execo concernant ce désordre.

40. Par conséquent, la société Atelier Casa architecture est fondée à demander à être garantie par la société Chambon à hauteur de 20 % des condamnations prononcées à son encontre par le présent jugement, eu égard aux fautes commises par cet acteur, et à hauteur de 15 % par la société Face et façades et de 15 % par la société Apave.

41. De la même façon, la société Chambon est fondée à demander à être garantie à hauteur de 60 % des condamnations prononcées à son encontre par le présent jugement par la société Atelier Casa architecture, de 15 % par la société Face et façades et de 15 % par la société Apave.

42. Concernant la société Apave, elle est fondée à demander à être garantie à hauteur de 60 % des condamnations prononcées à son encontre par la société Atelier Casa architecture, de 20 % par la société Chambon et de 15 % par la société Face et façades.

43. Enfin, concernant la société Execo, si aucune part de responsabilité ne lui a été imputée par l'expert judiciaire, elle ne forme aucune conclusion en appel en garantie dans le cadre du désordre n° 4.

D E C I D E :

Article 1er : Les conclusions dirigées contre les sociétés Axa France IARD, Montmirail, SMABTP, Swisslife et Gan sont rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.

Article 2 : Les sociétés Atelier Casa architecture et Execo sont condamnées solidairement à verser à l'Ophis du Puy-de-Dôme la somme de 23 429,77 euros TTC sur le fondement de la responsabilité décennale des constructeurs, au titre du désordre n° 1.

Article 3 : Les sociétés Atelier Casa architecture, Apave et Duché sont condamnées solidairement à verser à l'Ophis du Puy-de-Dôme la somme de 14 145,12 euros TTC sur le fondement de la responsabilité décennale des constructeurs, au titre du désordre n° 3.

Article 4 : Les sociétés Atelier Casa architecture, Execo, Apave, Chambon et Face et façades sont condamnées solidairement à verser à l'Ophis du Puy-de-Dôme la somme de 73 960,92 euros TTC sur le fondement de la responsabilité décennale des constructeurs, au titre du désordre n° 4.

Article 5 : Les frais d'expertise liquidés et taxés à la somme de 14 836,61 euros sont mis à la charge définitive et solidaire des sociétés Atelier Casa architecture, Execo, Apave, Duché, Chambon et Face et façades.

Article 6 : Les sociétés Atelier Casa architecture, Execo, Apave, Duché, Chambon et Face et façades verseront solidairement à l'Ophis du Puy-de-Dôme la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 7 : La société Execo est condamnée à garantir la société Atelier Casa architecture à hauteur de 5 % des condamnations prononcées au titre du désordre n° 1.

Article 8 : La société Atelier Casa architecture est condamnée à garantir la société Execo à hauteur de 90 % des condamnations prononcées à son encontre au titre du désordre n° 1, à garantir les sociétés Duché et Apave à hauteur de 20 % chacune des condamnations prononcées à leur encontre au titre du désordre n° 3, et à garantir les sociétés Chambon et Apave à hauteur de 60 % chacune des condamnations prononcées à leur encontre au titre du désordre n° 4.

Article 9 : La société Apave est condamnée à garantir les sociétés Atelier Casa architecture et Duché à hauteur de 10 % chacune des condamnations prononcées à leur encontre au titre du désordre n° 3 et à garantir les sociétés Atelier Casa architecture et Chambon à hauteur de 15 % chacune des condamnations prononcées à leur encontre au titre du désordre n° 4, des frais d'expertise et des frais irrépétibles liés à ce désordre.

Article 10 : La société Duché est condamnée à garantir les sociétés Atelier Casa architecture et Apave à hauteur de 70 % chacune des condamnations prononcées à leur encontre au titre du désordre n° 3.

Article 11 : La société Chambon est condamnée à garantir les sociétés Atelier Casa architecture et Apave à hauteur de 20 % chacune des condamnations prononcées à leur encontre au titre du désordre n° 4.

Article 12 : La société Face et façade est condamnée à garantir les sociétés Atelier Casa architecture, Chambon et Apave à hauteur de 5 % chacune des condamnations prononcées à leur encontre au titre du désordre n° 4.

Article 13 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 14 : Le présent jugement sera notifié à l'Ophis du Puy-de-Dôme, aux sociétés Atelier Casa architecture, Execo, Apave, Duché, Chambon, Face et façades, Axa France IARD, Montmirail, SMABTP, Swisslife et Gan.

Copie en sera adressée, pour information, à M. B A, expert.

Délibéré après l'audience du 13 juin 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Bader-Koza, présidente,

Mme Trimouille, première conseillère,

M. Debrion, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 juin 2023.

La rapporteure,

C. TRIMOUILLE

La présidente,

S. BADER-KOZA

Le greffier,

P. MANNEVEAU

La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

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