jeudi 28 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| Section | Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand |
| N° Dossier | TA63-2100532 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Présidente Bader-Koza |
| Avocat requérant | SELAS AURI'ACT |
Vu la procédure suivante :
I- Par une requête et des mémoires, enregistrés le 11 mars 2021, le 24 novembre 2021 et le 20 mars 2022 sous le n° 2100532, Mme B A, représentée par Me Labasse, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de prononcer la décharge de la cotisation de taxe d'habitation à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2019 pour un montant de 532 euros dans les rôles de la commune de Saint-Cernin ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la maison à usage de gîte dont elle est propriétaire ne fait pas partie de son habitation personnelle, si bien qu'elle n'est pas imposable à la taxe d'habitation en vertu du 1° du II de l'article 1407 du code général des impôts ;
- la circonstance que cette maison fasse l'objet d'une imposition à la cotisation foncière des entreprises n'autorise pas l'assujettissement à la taxe d'habitation ;
- au sens de l'article 1407 du code général des impôts, l'habitation personnelle du contribuable est sa résidence principale ; la doctrine fiscale publiée sous le numéro BOI-IF-TH-10-40-10, paragraphes 40 et 50, précise à ce sujet qu'il en est ainsi lorsque les locaux en cause sont distincts et possèdent par exemple une entrée séparée ;
- son gîte, situé en zone rurale, ne peut être loué en permanence, si bien qu'il peut toujours être opposé à son propriétaire de l'occuper en dehors des périodes de location ;
- en raison de son âge, elle ne peut matériellement occuper son gîte et la gestion de ce dernier est confiée à Gîtes de France ;
- son fils détient les clés afin d'accueillir les locataires, fermer l'eau et mettre le chauffage hors gel en période hivernale.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 26 juillet 2021, le 15 décembre 2021 et le 15 avril 2022, le directeur départemental des finances publiques du Puy-de-Dôme conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
II- Par une réclamation présentée le 18 décembre 2021, soumise d'office au tribunal le 3 mars 2022 par le directeur départemental des finances publiques du Puy-de-Dôme, et valant requête en application des articles R. 199-1 et R. 200-3 du livre des procédures fiscales, enregistrée sous le n° 2200483, Mme B A, représentée par Me Labasse, demande au tribunal de prononcer la décharge de la cotisation de taxe d'habitation à laquelle elle a été assujettie au titre des années 2020 et 2021 pour des montants respectifs de 537 euros et de 530 euros dans les rôles de la commune de Saint-Cernin.
Elle soutient que :
- la maison à usage de gîte dont elle est propriétaire ne fait pas partie de son habitation personnelle, si bien qu'elle n'est pas imposable à la taxe d'habitation en vertu du 1° du II de l'article 1407 du code général des impôts ;
- la circonstance que cette maison fasse l'objet d'une imposition à la cotisation foncière des entreprises n'autorise pas l'assujettissement à la taxe d'habitation lorsque cette application est exclue par les textes ;
- au sens de l'article 1407 du code général des impôts, l'habitation personnelle du contribuable est sa résidence principale ; la doctrine fiscale publiée sous le numéro BOI-IF-TH-10-40-10, paragraphes 40 et 50, précise à ce sujet qu'il en est ainsi lorsque les locaux en cause sont distincts et possèdent par exemple une entrée séparée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 mars 2022, le directeur départemental des finances publiques du Puy-de-Dôme conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
III- Par une réclamation présentée le 30 décembre 2023, soumise d'office au tribunal le 8 février 2024 par le directeur départemental des finances publiques du Puy-de-Dôme, et valant requête en application des articles R. 199-1 et R. 200-3 du livre des procédures fiscales, enregistrée sous le n° 2400296, Mme B A, représentée par Me Labasse, demande au tribunal de prononcer la décharge de la cotisation de taxe d'habitation à laquelle elle a été assujettie au titre des années 2022 et 2023 pour des montants respectifs de 549 euros et de 599 euros dans les rôles de la commune de Saint-Cernin.
Elle soutient que :
- la maison à usage de gîte dont elle est propriétaire ne fait pas partie de son habitation personnelle, si bien qu'elle n'est pas imposable à la taxe d'habitation en vertu du 1° du II de l'article 1407 du code général des impôts ;
- la circonstance que cette maison fasse l'objet d'une imposition à la cotisation foncière des entreprises n'autorise pas l'assujettissement à la taxe d'habitation lorsque cette application est exclue par les textes ;
- au sens de l'article 1407 du code général des impôts, l'habitation personnelle du contribuable est sa résidence principale ; la doctrine fiscale publiée sous le numéro BOI-IF-TH-10-40-10, paragraphes 40 et 50, précise à ce sujet qu'il en est ainsi lorsque les locaux en cause sont distincts et possèdent par exemple une entrée séparée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 février 2024, le directeur départemental des finances publiques du Puy-de-Dôme conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code général des impôts ;
- le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bader-Koza, présidente ;
- et les conclusions de M. Panighel, rapporteur public.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A est propriétaire d'une maison située au Cambourieu sur le territoire de la commune de Saint-Cernin (Cantal), à destination de location saisonnière en tant que gîte. D'une part, par la requête n° 2100532, Mme A demande au tribunal de prononcer la décharge de la cotisation de taxe d'habitation à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2019. D'autre part, l'administration a transmis au tribunal, en application de l'article R. 199-1 du livre des procédures fiscales, les réclamations adressées le 18 décembre 2021 et le 30 décembre 2023 au directeur départemental des finances publiques du Puy-de-Dôme, enregistrées le 3 mars 2022 et le 8 février 2024 respectivement sous les numéros 2200483 et 2400296, par lesquelles Mme A demande également la décharge des cotisations de taxe d'habitation auxquelles elle a été assujettie pour les années 2020, 2021, 2022 et 2023.
Sur la jonction :
2. La requête n° 2100532 et les soumissions d'office enregistrées sous les numéros 2200483 et 2400296, présentées par et pour Mme A présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions aux fins de décharge :
3. Aux termes de l'article 1407 du code général des impôts, dans sa version applicable au litige : " I. La taxe d'habitation est due:/ 1° Pour tous les locaux meublés affectés à l'habitation () II. Ne sont pas imposables à la taxe : 1° Les locaux passibles de la cotisation foncière des entreprises lorsqu'ils ne font pas partie de l'habitation personnelle des contribuables () ". Aux termes de l'article 1408 du même code : " I. La taxe est établie au nom des personnes qui ont, à quelque titre que ce soit, la disposition ou la jouissance des locaux imposables () ". Aux termes de l'article 1415 du même code, dans sa version applicable au litige : " La taxe foncière sur les propriétés bâties, la taxe foncière sur les propriétés non bâties et la taxe d'habitation sont établies pour l'année entière d'après les faits existant au 1er janvier de l'année d'imposition ".
4. Il résulte de ces dispositions que le propriétaire d'un local meublé est redevable de la taxe d'habitation dès lors qu'il peut être regardé, au 1er janvier de l'année d'imposition, comme entendant s'en réserver la disposition ou la jouissance une partie de l'année. Tel est le cas s'il l'occupe ou le fait occuper gracieusement une partie de l'année, sans qu'y fassent obstacle les circonstances que ce local meublé serait mis en location pendant l'autre partie de l'année et serait ainsi passible de la cotisation foncière des entreprises, que ce propriétaire disposerait d'une autre habitation ou qu'il donnerait directement le bien en location sans passer par un intermédiaire.
5. Sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve au contribuable, il appartient au juge de l'impôt, au vu de l'instruction et compte tenu, le cas échéant, de l'abstention d'une des parties à produire les éléments qu'elle est seule en mesure d'apporter et qui ne sauraient être réclamés qu'à elle-même, d'apprécier si la situation du contribuable entre dans le champ de l'assujettissement de la taxe d'habitation.
6. D'une part, si Mme A fait valoir que sa maison à destination de gîte n'est pas sa résidence principale, si bien qu'elle n'est pas soumise à la taxe d'habitation en vertu de l'article 1407 du code général des impôts, la notion d'habitation personnelle comprend tant la résidence principale du contribuable que le logement qu'il peut occuper à titre de résidence secondaire en dehors des périodes de location. D'autre part, Mme A fait valoir que son gîte, situé en zone rurale, ne peut être loué en permanence, qu'en raison de son âge, elle ne peut matériellement occuper son gîte, que la gestion de ce dernier est confiée à Gîtes de France, et que son fils détient les clés afin d'accueillir les locataires, fermer l'eau et mettre le chauffage hors gel en période hivernale. Toutefois, au soutien de ces allégations, Mme A ne produit aucun élément permettant d'en apprécier le bien-fondé. En outre, alors qu'elle admet que sa maison n'est pas louée toute l'année, elle n'établit pas qu'elle ne peut pas disposer elle-même de sa maison ou la mettre à disposition de ses proches une partie de l'année.
7. Enfin, à supposer que Mme A ait entendu se prévaloir de la doctrine fiscale, elle n'est pas fondée à se prévaloir des énonciations des paragraphes 40 et 50 des commentaires publiés au bulletin officiel des finances publiques - impôts sous la référence BOI-IF-TH-10-40-10, qui ne comporte aucune interprétation de la loi fiscale différente de celle dont il est fait application dans le présent jugement.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de Mme A à fins de décharge des cotisations de taxe d'habitation, auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2019, 2020, 2021, 2022 et 2023 dans les rôles de la commune de Saint-Cernin, doivent être rejetées. Le rejet des conclusions à fins de décharge entraîne, par voie de conséquence, le rejet de ses conclusions présentées en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête no 2100532 et les soumissions d'office nos 2200483 et 2400296 de Mme A sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au directeur départemental des finances publiques du Puy-de-Dôme.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 mars 2024.
La présidente,
S. BADER-KOZA Le greffier,
P. MANNEVEAU
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Nos 2100532, 2200483, 2400296JC
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076
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